Modifié le 12 juillet 2018

Une Somalienne condamnée en Suisse pour l'excision de ses filles

Le Tribunal régional de Boudry (NE) a condamné la prévenue avec sursis.
Le Tribunal régional de Boudry (NE) a condamné la prévenue avec sursis. [Laurent Gilliéron - Keystone]
Une Somalienne, soupçonnée d'avoir poussé à la mutilation des organes génitaux de ses deux filles, a été condamnée jeudi à une peine de huit mois de prison avec sursis à Boudry (NE). La défense demandait l'acquittement.

"Je n'ai pas la prétention de faire changer les choses mais de faire en sorte que ce jugement apporte une pierre à l'édifice pour éliminer les souffrances de millions de fillettes", a déclaré Nathalie Kocherhans, juge du Tribunal régional du Littoral et du Val-de-Travers. Ce jugement était attendu, car il n'y a pas encore eu de jurisprudence sur ce nouvel article (124) du Code pénal.

Situation difficile de la maman

Pour la juge, le fait que l'accusée n'était pas domiciliée en Suisse au moment des faits - elle vivait en Somalie - ne constitue pas un motif d'acquittement, comme l'avait plaidé la défense. "Il n'y a pas d'interprétation possible" du principe d'universalité, a ajouté la juge.

La Cour a tenu compte de la situation difficile de cette maman analphabète, qui vit séparée de son époux et avec quatre enfants à charge, ainsi que de la pression sociale qu'elle a subie en Somalie. Vu la gravité de l'acte, une peine privative de liberté était nécessaire, a ajouté la juge.

>> Réaction de la procureure Nathalie Guillaume-Gentil Gross dans le 19h30:

Verdict du procès sur l'excision contre une mère somalienne : explications de Nathalie Guillaume-Gentil Gross
19h30 - Publié le 12 juillet 2018

ats/ebz

Publié le 12 juillet 2018 - Modifié le 12 juillet 2018