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Rétrospective: sept spectacles qui ont marqué 2021

"Irina" de Marika Dreistadt, sur la scène du théâtre Arsenic à Lausanne. [Vicky Althaus - Théâtre Arsenic]
"Irina" de Marika Dreistadt, sur la scène du théâtre Arsenic à Lausanne. [Vicky Althaus - Théâtre Arsenic]
Le journaliste spécialiste du théâtre pour la RTS Thierry Sartoretti a sélectionné, en toute subjectivité, sept spectacles qui ont marqué l'année 2021 et qu'il espère revoir sur les scènes romandes.

"L’Étang", par Gisèle Vienne

Un texte à clés de l’écrivain bernois Robert Walser revisité par la Française Gisèle Vienne. Paroles, corps et musiques y tissent une atmosphère hypnotique et physiquement palpable. Avec en sus la performance hors-normes de la comédienne Adèle Haenel dans un rôle fluide, interprétant tous les enfants de ce récit d’abus sexuel. Une révélation dont on ne sort pas indemne. Vu en création au Théâtre Vidy-Lausanne en mai 2021.

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"Miss None", par Manon Krüttli et Céline Nidegger

Une ode malicieuse à la cinéphilie signée Guillaume Poix, avec la complicité de la metteuse en scène Manon Krüttli et d’un collectif d’excellentes comédiennes. "Miss None" raconte l’histoire trop extraordinaire d’un super figurant américain dont l’unique film culte aurait été détruit à peine tourné avec l’actrice Nicole Garcia. Vous aussi, vous rêvez de gloire à l’écran? Vous aussi, vous pensez que le cinéma sublime le réel? "Miss None" est pour vous. Vu en création au Théâtre Grütli, à Genève, en novembre 2021.

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"IRINA", de Marika Dreistadt

Irina est devant nous, jouant son propre rôle d’enfant placée en famille d’accueil. "IRINA", la pièce, relève autant du théâtre documentaire que de l’autofiction et ce spectacle mis en scène par Marika Dreistadt (comédienne et membre de la famille d’accueil) et Simon Guélat se révèle bouleversant de finesse et de résilience. Aujourd’hui, Irina a plus de 18 ans, elle vole désormais de ses propres ailes et on aimerait tellement connaître la suite! Vu en création à l’Arsenic, à Lausanne, en mai 2021.

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"Entre chien et loup", par Christiane Jatahy

En adaptant sur scène le film de Lars von Trier "Dogville", la metteuse en scène brésilienne Christiane Jatahy décortique en direct un mécanisme d’emprise et d’abus. De victime recueillie et soutenue, la jeune Graça devient la proie d’une communauté qui se croyait irréprochable. Un tour de force joué et filmé en direct par une formidable équipe de comédiennes et comédiens franco-suisses. Vu en tournée à la Comédie de Genève en octobre 2021.

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"Contre-enquêtes", par Nicolas Stemann

Actuel directeur du Schauspielhaus de Zürich, le metteur en scène allemand Nicolas Stemann s’empare du roman "Meursault contre-enquête" de l’Algérien Kamel Daoud, qui lui-même revisitait du point de vue arabe "L'Étranger" d’Albert Camus. Au final, une formidable réflexion sur le colonialisme et la légitimité des récits liés à cette période. Une réconciliation sera-t-elle enfin possible? Vu en tournée au Théâtre Vidy-Lausanne en octobre 2021.

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"La peau de l’espace", de Yasmine Hugonnet

Spectacle après spectacle, la danseuse et chorégraphe Yasmine Hugonnet aborde le mouvement comme une philosophie du corps. Respiration, micro-mouvements, immobilité, gravité, paroles, ventriloquie, environnement de la pièce, "La peau de l’espace" poursuit cette quête passionnante où une danse en solo devient méditation collective entre une artiste et son public. Vu en création au Théâtre Vidy-Lausanne, dans le cadre du festival Les Créatives, en novembre 2021.

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"This Cool Cool Wind Makes Me Feel so Good, I Finally Found a Place to Call Home", d'Isumi Grichting et Julie Bugnard

Grand prix du titre le plus long et le plus abscons. Alors que sur scène, c’est l’évidence et la simplicité même. Un récit d’amour-amitié à deux, où il est question de la perte d’une garde d’enfant. Pas loin d’un théâtre d’art brut ou d’un film social trash américain d’Harmony Korine. C’est fragile, frais, touchant et porté par les actrices et rockeuses Isumi Grichting et Julie Bugnard. Vu en création au festival far°, à Nyon, en août 2021.

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