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Zouc, une artiste à part

L'humoriste Zouc en 1983 [RTS]
L'humoriste Zouc en 1983 - [RTS]
Retirée de la scène depuis plus de trente ans, elle demeure une référence pour nombre d’humoristes et de comédiens. Elle est aussi restée chère au coeur du public romand et francophone. Hommage à une artiste hors-norme qui fête ce 29 avril son 70e anniversaire.

De Saignelégier à Paris

Isabelle von Allmen de son vrai nom, Zouc est née en 1950 à Saint-Imier et passe sa jeunesse à Saignelégier. A seize ans, l’adolescente hypersensible et rebelle fait un séjour en hôpital psychiatrique. Après avoir suivi des cours de théâtre aux conservatoires de Neuchâtel et de Lausanne, elle tente très jeune sa chance à Paris. Remarquée par le peintre Roger Montandon, qui deviendra son metteur en scène, elle connaît un succès presque immédiat.

C'est l'histoire d'une petite fille de la campagne, obèse, qui est venue à Paris pour faire du théâtre sans savoir ce que c'était que le théâtre

Zouc, 1985
Zouc est madame Von Allmen

(Les extraits de spectacles de Zouc ne peuvent être publiés pour des questions de droits)

Le génie de Zouc

Mime et imitatrice de génie, L'artiste restitue, en les stylisant, des tranches de vie observées avec une acuité déroutante: scènes familiales ou villageoises, souvenirs de la "maison des fous". Une attention particulière est donnée aux êtres les plus humbles et les plus marginaux. Et dans le monde de Zouc, l'enfance tient une place centrale.

Zouc et la fourmi, en scène en 1981

(Les extraits de spectacles de Zouc ne peuvent être publiés pour des questions de droits)

Retour au pays

Fin 1972, Zouc est à Saignelégier pour une série de spectacles. Une équipe de l'émission Plateau libre menée par le journaliste Jo Excoffier l'accompagne dans une promenade haute en couleurs dans le village enneigé. Zouc connaît tout le monde, parle à tout le monde et s'intéresse à tout.

Zouc à Saignelégier en 1973. [RTS]
Zouc de retour au pays / Plateau libre / 2 min. / le 1 janvier 1973

En chemin, la petite troupe s'arrête dans la maison du peintre Coghuf. L'occasion pour ce dernier d'égrener quelques souvenirs et de redire toute l'admiration qu'il porte à la jeune artiste.

C'était une petite fille impossible, avec une vitalité extraordinaire

Coghuf, 1973
Zouc de retour au pays
Zouc de retour au pays / Plateau libre / 3 min. / le 1 janvier 1973

Les métamorphoses de Zouc

Au début des années 80, Zouc se met en retrait. En 1985, elle réapparaît, métamorphosée, avec un nouveau spectacle : Zouc à l’école des femmes. Elle a perdu ses rondeurs d’enfant, sa gaucherie. Elle évoque sans détour la période difficile qui a suivi ses premiers succès parisiens. Elle dit s’être effondrée, et avoir dû se reconstruire pierre après pierre. Après le "cri de l’adolescence", elle s'est renouvelée, a trouvé une nouvelle façon d’exister devant son public.

J’ai envie d’être présente, tout le temps, et que tout sonne juste

Zouc en 1985
Zouc
Zouc / Télé Journal / 2 min. / le 11 avril 1985

En 1988, elle offre encore un incroyable moment de jeu.

Zouc sur scène en 1988. [RTS]

(Les extraits de spectacles de Zouc ne peuvent être publiés pour des questions de droits)

Elle se retire définitivement de la scène en 1989. Hospitalisée pour un cancer en 1997, elle est victime d’une infection nosocomiale qui lui fera endurer de multiples opérations et détériorera gravement sa santé.

Zouc, l'inspiratrice

Zouc laisse un héritage artistique important. Des Deschiens à Pierre Palmade, en passant par Joseph Gorgoni, ils sont nombreux à lui vouer respect et admiration et à s'inspirer de son travail. En 2006, la comédienne Nathalie Baye monte un spectacle basé sur le recueil de récits Zouc par Zouc signé par Hervé Guibert en 1978.

Nathalie Baye évoque Zouc
Zouc par Nathalie Baye / Illico / 4 min. / le 14 septembre 2006

Zouc, encore

Zouc en 2015

En 2015, le gouvernement jurassien remet à Zouc, au Noirmont, le Prix des arts, des lettres et des sciences. Événement rarissime, l'artiste y fait une brève et bouleversante apparition. Zouc nous manque. Mais Zouc est toujours là.

Sophie Meyer pour Les archives de la RTS

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