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Roland-Garros: carnet 2 - la chute d'un outsider, la déroute des "Bleus", la défaite d'un Nadal et un drôle de double

Andrey Rublev, la mine des mauvais jours. [Anne-Christine Poujoulat - AFP]
Andrey Rublev, la mine des mauvais jours. [Anne-Christine Poujoulat - AFP]
Outsider du tournoi, Andrey Rublev n'a absolument pas tenu son rang mardi. Comme Toni Nadal, "battu" avec son protégé Felix Auger-Aliassime. A Roland-Garros, où les Français rament, un drôle de double a eu lieu.

LA SURPRISE DU JOUR... C'est la sortie d'Andrey Rublev, qui n'a pas résisté au grand Struff (Jan-Lennard de son prénom). Finaliste à Monte-Carlo au mois d'avril et d'ordinaire plutôt à l'aise sur brique pilée, le Russe a eu beau remonter un handicap de deux manches à rien, il n'a pas su conclure. Peut-être que sur un malentendu, cela aurait pu marcher...

LA BELLE HISTOIRE... Incontestablement, c'est celle de Carla Suarez Navarro. Rescapée d'un cancer, l'Espagnole de 32 ans a repoussé sa retraite initialement prévue l'an dernier pour disputer encore de grands événements en 2021. Dans un très bel entretien livré à L'Equipe, "CSN" a raconté son parcours, durant lequel elle n'a jamais envisagé de baisser les bras. Surtout pas! "Je n'ai jamais eu peur que ce soit la fin pour moi, explique-t-elle. Je n'ai jamais pensé que ma vie était en danger..." Puis de préciser, plus loin: "Le programme idéal, pour moi, c'est Roland, Wimbledon, les Jeux et l'US Open. Et basta!"  Hier, c'est Sloane Stephens qui lui a dit "basta", même si la brave Carla Suarez Navarro s'est retrouvée à 2 points du match dans la 2e manche.

LA CURIOSITE DU JOUR... C'était le double Fritz-McDonald. Les deux hommes, qui pourraient un jour affronter Harold Mayot, ont perdu contre la paire Bolelli/Gonzalez, mais l'histoire ne dit pas si la sono a balancé un tube de Las Ketchup.

DEFAITE DE NADAL...! Alerte, défaite de Nadal à Roland-Garros. De Toni Nadal, le tonton. Désormais conseiller de Felix Auger-Aliassime, l'homme qui a façonné l'incroyable Rafa a vu le Canadien se faire rincer par ce vieux briscard d'Andreas Seppi (6-3 7-6 4-6 6-4). Une désillusion, forcément, pour la tête de série no 20. Et pour son coach aussi.

VICTOIRE POUR LE "VRAI"... Le "vrai" Nadal, lui, a assuré. Même s'il a dû écarter 3 balles de set dans la 3e manche contre Alexei Popyrin, l'homme aux 101 victoires à Roland-Garros n'est "plus qu'à" six marches d'un 14e triomphe parisien. Cela peut paraître beaucoup. Mais pas forcément pour lui, si fort à Paris. Remarquez, son potentiel adversaire en demies, Novak Djokovic, en est au même stade après avoir battu en soirée Tennys Sandgren, lui aussi sans perdre de set.

MONFILS, SA BATAILLE... On a aimé la victoire de Gaël Monfils contre Albert Ramos-Vinolas. Non seulement car elle démontre que le Français - soutenu par ses parents et par sa future femme Elina Svitolina - peut encore se battre contre ses démons intérieurs et dans une situation qu'il a lui aussi très mal vécue. Mais également car, par moments, le Suzanne-Lenglen a pris des ambiances de Coupe Davis. Ce ne fut pas exceptionnel sur le plan tennistique, mais c'était une atmosphère très sympa. Qui prouve, si besoin était encore, que le sport avec des spectateurs entre directement dans une autre dimension.

FRENCH (PAS) FLAIR... Le tennis masculin français continue de manger son pain noir à chaque quinzaine parisienne. Cette année, ils partirent en effet 18 l'autre jour et, sans le moindre renfort, ils se verront... 3 (seulement!) au 2e tour. Et encore, c'est peut-être grâce à la confrontation Richard Gasquet-Hugo Gaston qu'ils sont "autant" à poursuivre leur route. Précision: Gasquet affrontera Nadal au 2e tour. Aïe.

ECCO, CECCHINATO... Mine de rien, il a marqué l'histoire de Roland-Garros. C'était en 2018. Demi-finaliste après une victoire monstrueuse contre Novak Djokovic (on se permet de vous glisser ci-dessous les meilleurs moments de ce match), Marco Cecchinato avait alors surpris son monde. Cette réussite, presque venue de nulle part, était aussi le point de départ d'une... traversée du désert par la suite. L'Italien a connu davantage de défaites que de succès depuis. Reste que, finaliste la semaine passée à Parme, il aurait pu penser que ce serait râpé pour lui en arrivant à Paris. Pas du tout: "Cecchi" s'est adapté à la terre parisienne et s'est offert hier le Japonais Uchiyama en 4 manches. Il aura ainsi droit au prochain tour à un combat avec une tête de série, Alex De Minaur (no 21).

 

1-4, M.Cecchinato (ITA) - N.Djokovic (SRB) 6-3, 7-6, 1-6, 7-6: L'Italien gagne après un dernier Tie-Break spectaculaire [RTS]
1/4, M.Cecchinato (ITA) - N.Djokovic (SRB) 6-3, 7-6, 1-6, 7-6: L'Italien gagne après un dernier Tie-Break spectaculaire / Tennis / 2 min. / le 5 juin 2018

WILANDER SOUS LE CHARME... On a de la sympathie pour Mats Wilander, même s'il tourne et retourne sa chemise au fil de ses chroniques. Alors on se permet de retenir son constat, livré dans L'Equipe d'hier, au sujet de Roger Federer: "Je trouve que Roger bouge aussi bien qu'il y a six ou sept ans. Honnêtement, je ne vois pas de différence. Maintenant, il faut le voir contre des joueurs très puissants, comme Rublev ou Sinner..." Déjà, le Bâlois devra enchaîner jeudi contre Marin Cilic.

TSONGA SUR LE DEPART...? Lundi soir, Jo-Wilfried Tsonga a traversé son 1er tour comme il avait traversé sa 1re demie, en 2013: devant des tribunes vides. Il y a 8 ans, ce furent les petits-fours qui avaient accaparé l'assistance. Lundi soir, c'était le couvre-feu... Pas vraiment sympa pour un joueur qui a tant marqué le tennis français ces 14 dernières années. Mais "JWT" n'en a pas pris ombrage. Même si ce fut peut-être son dernier Roland, comme cela a pu être imaginé en conférence de presse. "Etait-ce mon dernier? Je ne peux rien assurer du tout. Il y a l'envie et la réalité des choses. Et il sera temps de prendre des décisions si je ne rentre plus directement dans les tableaux de ce genre de tournois."

OSAKA AVAIT-ELLE RAISON? On a appris, hier, le forfait de Petra Kvitova pour son 2e tour. Malheureuse, la Tchèque s'est blessée en allant à la rencontre des journalistes. Naomi Osaka avait donc raison: il ne faut plus aller voir la presse. Bref, plus de peur que de mal toutefois: Kvitova pourra sereinement préparer la saison sur gazon, surface qui l'a faite reine de Wimbledon, le plus beau tournoi du monde.

BARTY RESPIRE... Lauréate en 2019 et no 1 mondiale, Ashleigh Barty a eu droit à un bon test en entame de tournoi. L'Australienne, légèrement handicapée à sa hanche gauche, a en effet été bousculée par la culottée Bernarda Pera. Mais Barty s'en est sortie au 3e set (6-4 3-6 6-2). Et si "on n'a pas de recul par rapport à l'avenir" (phrase entendue l'autre soir, on vous le jure), on peut penser que l'Australienne a peut-être eu là le match qu'il lui fallait pour la suite de sa quinzaine.

ECHEC SUISSE... Alors que Henri Laaksonen, Belinda Bencic et Roger Federer avaient assuré leur début de tournoi, Stefanie Voegele (battue par Paolini) et Viktorija Golubic (par Kontaveit) sont passées par la fenêtre hier. Espérons que Laaksonen et Bencic feront mieux aujourd'hui (à voir sur RTS 2, bien entendu).

Arnaud Cerutti - @arnaud_cerutti

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