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"Jane par Charlotte", le regard tendre et pudique d'une fille sur sa mère

Charlotte Gainsbourg est l'invitée du 19h30 à l'occasion de la sortie de son premier film [RTS]
Charlotte Gainsbourg est l'invitée du 19h30 à l'occasion de la sortie de son premier film / 19h30 / 5 min. / le 8 janvier 2022
Ce mercredi sort "Jane par Charlotte", le premier film de Charlotte Gainsbourg en tant que réalisatrice. Un documentaire touchant et intime consacré à sa mère, Jane Birkin.

Dès son enfance, Charlotte Gainsbourg mène une carrière d’actrice florissante. À 14 ans, elle obtient le premier rôle dans le film "L’effrontée" de Claude Miller (1985). Elle y joue une adolescente aux illusions ballotées par les tourments de l’âge. Grâce à ce film, elle obtient le César du meilleur espoir féminin.

Les années passent, les rôles s’enchaînent. Dans les années 2000, elle joue dans trois films réalisés par Lars Von Trier, controversés pour leurs scènes glauques et extrêmes: "Antichrist", "Melancholia" et "Nymphomaniac". Ces films sont aussi l’occasion pour l’actrice de se dévoiler davantage, autant physiquement que sentimentalement. Sa performance dans "Antichrist" lui permet de remporter le prix d’interprétation féminine à Cannes.

De New York à Paris

Il restait à Charlotte Gainsbourg un dernier défi à relever dans sa carrière cinématographique: réaliser son propre long métrage. C’est désormais acté avec la sortie de "Jane par Charlotte", un film documentaire très personnel, comme une excuse pour regarder sa mère.

En réalisant et en montant ce film, j’ai voulu voir et écouter ma mère tous les jours. Il y avait comme de la magie.

Charlotte Gainsbourg

Après le décès tragique de sa demi-sœur Kate Barry en 2013, Charlotte Gainsbourg part vivre six ans à New York avec ses trois enfants et son compagnon, le réalisateur et comédien Yvan Attal. "Je n’arrivais plus à vivre dans mon quotidien, se souvient Charlotte Gainsbourg, interrogée par la RTS. Les six années que j’ai passées à New York ont été bénéfiques. J’y ai découvert la liberté de ne pas être vue comme la fille de mes parents."

Pourtant, ce déménagement provoque aussi en elle l’envie de se rapprocher de sa mère. "Je savais que je voulais faire un portrait, mais mon idée était encore floue. Il m’a fallu du temps pour comprendre que mon film n’était pas seulement à propos de ma mère, mais aussi de moi. Il avait pour sujet le regard d’une fille sur sa mère."

>> À regarder, la bande-annonce du film "Jane par Charlotte":

De l’amour avec pudeur

Selon Charlotte Gainsbourg, le film est une "déclaration d’amour déguisée". Une pudeur que la réalisatrice partage avec son père, Serge Gainsbourg. "Il ne m’a jamais dit ‘je t’aime’ autrement qu'en chanson. Mais comme je n’ai jamais douté de son amour, cela ne m’a pas manqué", précise-t-elle.

"Jane par Charlotte" parle aussi du musée que la réalisatrice va ouvrir en mai, consacré à Serge Gainsbourg, dans l'appartement parisien du chanteur. Une histoire familiale qu’elle assume. "De retour en France après mon séjour à New York, j’ai accusé le coup. J’ai compris que la même année, j’allais terminer et sortir le film sur ma mère, et ouvrir le musée de mon père. Je me prends tout dans la figure, mais c’est moi qui l’ai voulu!"

Sujet et interview TV: Emilien Verdon et Gabriel de Weck

Adaptation web: Myriam Semaani

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