Modifié le 01 mai 2015 à 12:05

Dawn explore le conflit israélo-palestinien à sa source

Joel Basman, 24 ans, incarne Elisha, qui doit s'occuper du prisonnier britannique (Jason Isaacs).
Joel Basman, 24 ans, incarne Elisha, qui doit s'occuper d'un prisonnier britannique (Jason Isaacs). [Paradigma Films SA - Romed Wyder - ]
A l'affiche, un huis-clos suisse qui sonde les motivations d'un groupe armé israélien en 1947, l'absurdité de la vie vu par le Suédois Andersson et un documentaire sur les coursiers à vélo lausannois.

Sorties cinéma: Dawn explore le conflit israélo-palestinien à sa sourceLe réalisateur d'origine haut-valaisanne Romed Wyder, ex-pilier du cinéma Spoutnik à Genève et dont la Suisse a découvert le talent avec le documentaire "Squatters" en 1995, a été touché par "L'Aube", un roman d'Elie Wiesel, auteur juif hongrois rescapé des camps.

Le cinéaste s'est emparé du récit pour en faire un huis-clos psychologique, "Dawn", dévoilé en première mondiale aux Journées de Soleure en janvier dernier.

Tourné en anglais et en hébreu, le film raconte l'embrigadement d'Elisha, sorte de double négatif de Wiesel, interprété par le Zurichois Joel Basman, dans la lutte armée pour créer un Etat hébreu.

De la résistance au terrorisme?

1947, la Palestine est sous mandat britannique. Alors qu'un membre de la résistance juive a été capturé par les Anglais, Elisha doit s'occuper d'un prisonnier britannique que le groupe souhaite échanger contre leur ami.

Ayant vécu l'horreur des camps nazis, Elisha cèdera-t-il lui aussi à la violence, au contraire de Wiesel, Prix Nobel de la paix, pour se libérer?

Doté d'une mise en scène sobre reposant presque uniquement sur le jeu des acteurs, "Dawn" pose les questions de l'appartenance et de la résistance, en résonance profonde avec le contexte politique actuel du Moyen-Orient.

Absurdité de l'existence à la suédoise

Hilarant, absurde et profond. Le troisième volet de la trilogie des vivants du réalisateur suédois Roy Andersson, "Un pigeon assis sur une branche philosophait sur l'existence", a reçu le Lion d'or à la dernière Mostra de Venise en septembre 2014.

Le jury avait tenu à récompenser un film hors du commun tant au niveau de sa photographie particulière (plans fixes chorégraphiés avec lyrisme et tableaux méticuleusement composés), que de sa réflexion, pleine d'humour noir, sur la condition humaine.

Il aura fallu pas moins de 15 ans au réalisateur pour boucler sa trilogie.

Personnages de Beckett revisités

Sam et Jonathan, deux représentants de commerce colportant des articles de fantaisie, forment un duo improbable. Le premier se prenant pour le cerveau de l'affaire et l'autre, ne songeant qu'à s'empiffrer, ils passent l'essentiel de leur temps à se quereller.

Ces Vladimir et Estragon revisités emmènent le spectateur dans une errance à travers de multiples destins. Un voyage kaléidoscopique révélant tantôt la beauté et l'humour, tantôt la mesquinerie et la tragédie, qui résident dans la fragile existence humaine.

Un film à l'esthétique particulière qui fait rire son public jusqu'aux larmes.

Pédaler pour avancer dans la vie

Les mollets ultra musclés, leur sacoche en bandoulière, on les voit souvent remonter une rue en pente à toute vitesse en à peine trois coups de pédales. Qui sont-ils ces coursiers à vélo? Quelle est leur vie? Sont-ils des étudiants grands sportifs ou simplement des amateurs amoureux de la petite reine?

Avec "Cyclique", le réalisateur romand Frédéric Favre a choisi de suivre la destinée de trois coursiers lausannois, derrière leur guidon et au-delà.

Présenté en avant-première au festival Visions du Réel à Nyon, le film raconte la difficulté de faire des choix et de trouver sa place dans le monde.

Sophie Badoux

Publié le 30 avril 2015 à 08:31 - Modifié le 01 mai 2015 à 12:05