Modifié le 31 janvier 2020 à 10:19

Hervé Dumont, une mémoire du cinéma suisse

Hervé Dumont, mémoire du cinéma suisse
Hervé Dumont, mémoire du cinéma suisse [RTS]
Il fut l'un des premiers à s’intéresser de près au cinéma suisse d’avant Tanner, Soutter et Goretta. En 1988, Hervé Dumont consacre un livre-somme à l’histoire du cinéma helvétique de ses débuts jusqu'en 1965. A l'heure où s'ouvre la 55e édition des Journées de Soleure, retour sur cette passionnante épopée.

Un pionnier

Durant 15 ans, ce professeur d’allemand lausannois arpente le pays à la recherche de films, de documents et de témoins. En résulte la publication de l'ouvrage Histoire du cinéma suisse. Films de fiction 1896-1965. Un travail de titan pour celui qui prendra plus tard la relève de Freddy Buache à la tête de la Cinémathèque suisse. Le 26 avril 1988, un reportage de l'émission Viva  raconte l'épopée de ce pionnier qui nous fait découvrir des aspects méconnus de l'histoire du septième art en Helvétie.

A la recherche du cinéma suisse...
Viva - Publié le 26 avril 1988

Au temps du cinéma muet

Le saviez-vous? La localité du Petit-Lancy, près de Genève, a abrité le premier studio de cinéma de Suisse. Ce studio fut le terrain d’expérimentation de découvreurs comme Robert Florey et Charles-Emile Sauty. En préparant son livre, Hervé Dumont a rencontré l’épouse de dernier. Au moment du tournage de l'émission Viva, la vieille dame est âgée de 85 ans. C’est un des derniers témoins du cinéma muet des années 20. 

Studio de cinéma du Petit Lancy
Viva - Publié le 26 avril 1988

Traversée du désert

L'arrivée du parlant ne portera pas chance au cinéma romand. Entre 1940 et 1965, seuls quatre longs-métrages sont menés jusqu'à terme en Suisse francophone. Parmi eux, Manouche, une romance fleur bleue tournée à Lausanne. Si le décor de Gilberte de Courgenay , réalisé en 1941, est bien le Jura actuel, le film, qui connut un grand succès en Suisse, n'en reste pas moins une production alémanique... 

Le film Manouche, avec Pierre Dudan. Une production lausannoise
Viva - Publié le 26 avril 1988

Un cinéma commercial

Considéré davantage comme un produit que comme un art, le cinéma ne bénéficie d’aucun soutien de la Confédération avant les années 60. N'ayant d'autres choix que la rentabilité, les maisons de production se tournent vers un cinéma essentiellement commercial. Thèmes folkloriques, romantiques ou patriotiques, décors alpestres de carte postale: la qualité n'est pas toujours au rendez-vous. Mais certains films parviennent tout de même à sortir du lot.

Hervé Dumont, historien du cinéma suisse 2
Viva - Publié le 26 avril 1988

Prime à la qualité : oui, mais...

En 1963, la Confédération décide d’allouer une prime de qualité aux films suisses. La nouvelle loi favorise avant tout des films documentaires et éducatifs. De plus, le système ne permet pas de subventionner des scénarios, mais uniquement des films terminés. C'est en suant sang et eau que le jeune cinéaste genevois Michel Soutter parvient à terminer La lune avec les dents, son premier long-métrage.

Michel Soutter en 1967, au moment de la sortie de "La lune entre les dents".
Cinéma-vif - Publié le 27 juin 1967

Et après

C’est pourtant dans ce contexte peu favorable que la nouvelle vague du cinéma suisse va émerger. Avec en Suisses alémanique des cinéastes comme Fredi Murer ou Alexander Seiler, et du côté romand Alain Tanner, Michel Soutter ou encore Claude Goretta.

Sophie Meyer pour Les archives de la RTS

Publié le 29 janvier 2020 à 00:00 - Modifié le 31 janvier 2020 à 10:19