Questions - Réponses

Santé

Que savons-nous du myélome? Combien de personnes sont victimes de cette maladie? Quelles sont les progrès dans ce domaine?

Question de Christian (44 ans)

Thomas Lecompte

Réponse de Thomas Lecompte

Professeur

Service d’hématologie

Hôpitaux Universitaires de Genève

Le myélome dans sa forme myélome "multiple" (atteinte diffuse de la moelle qui fabrique les cellules du sang) correspond à l'apparition d’une population anormale de plasmocytes. Les plasmocytes sont les cellules spécialisées dans la production des anticorps (qui sont des immunoglobulines).

C’est une maladie qui n’est pas rare et dont la fréquence augmente avec l'âge. Plus de moitié des cas sont diagnostiqués entre l’âge de 65 à 84 ans, à la fréquence globale de 8 à 12 pour 100'000 personnes.

Les événements qui contribuent à ce phénomène sont de mieux en mieux compris, ce qui a permis des améliorations thérapeutiques notables. Toutefois, dans la très grande majorité des cas, il persiste une petit fraction de cellules anormales, de sorte que la reprise évolutive est fréquente. Parmi les avancées médicales, il y a la possibilité d'une meilleure estimation du type d'évolution prévisible pour chaque personne atteinte, avec conduite de la prise en charge en conséquence. De sorte que chaque personne atteinte est au mieux renseignée par le médecin (spécialiste en hématologie ou en oncologie) qui connaît bien son cas et qui la prend en charge. En outre, la prise en charge est discutée en comité associant plusieurs médecins aux compétences certaines et complémentaires. Il est très important de noter que la gravité est très variable, et que les informations sont au mieux fournies dans le cadre d'un entretien, éventuellement aidé par de la documentation, de sorte qu'elles soient bien comprises et n'induisent pas d'anxiété fâcheuse.

Lorsqu'un traitement pour réduire les plasmocytes anormaux est nécessaire, il associe le plus souvent plusieurs médicaments, dont beaucoup maintenant peuvent être administrés par voie orale. Comme dans un grand nombre de maladies similaires, des anticorps thérapeutiques particuliers (dits monoclonaux), et qui ont une cible particulièrement exprimée par les cellules anormales, peuvent être utilisés. Dans bon nombre de cas, le traitement gagne à être intensifié sous forme d'une greffe "de moelle", faite de cellules parentes qui peuvent reconstituer tout le sang, obtenues du malade lui-même ("greffe autologue"). En Suisse romande, elles sont réalisées au CHUV, après examen de la situation par un comité "Vaud-Genève" et romand qui se réunit régulièrement.

28 avril 2017

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