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Open d'Australie: Carnet 3 - Belinda fait pschitt, Federer en piste, Rublev à l'arraché et Djokovic injouable

Belinda Bencic est passée par la fenêtre. Au contraire de Novak Djokovic, toujours impressionnant, et d'Andrey Rublev. Pendant ce temps-là, Roger Federer est en piste... de ski. [Keystone]
Belinda Bencic est passée par la fenêtre. Au contraire de Novak Djokovic, toujours impressionnant, et d'Andrey Rublev. Pendant ce temps-là, Roger Federer est en piste... de ski. [Keystone]
Sur la lancée de son titre à Adélaïde, Belinda Bencic rêvait de frapper fort à Melbourne. Raté! La Saint-Galloise s'est arrêtée en 8es de finale, au moment où Roger Federer donne de ses nouvelles hivernales, où Andrey Rublev obtient une 7e chance d'enfin voir un dernier carré en Grand Chelem et où Novak Djokovic, même avec un soupçon de blessure, écrase tout le monde, comme en 2021...

PATATRAS, GARCIA! A en croire la presse française, Caroline Garcia devait gagner cet Open d'Australie, allait même le gagner. Et la culbute d'Iga Swiatek dimanche était ainsi autant due au tennis d'Elena Rybakina qu'à la crainte de la no1 mondiale de devoir à terme affronter la Lyonnaise. Drôle. Sauf qu'une Polonaise peut en cacher une autre. Et, une fois plantée devant Magda Linette, Garcia a subi la foudre. Espoirs douchés. Qui, donc, va "devoir" gagner ce tournoi? Bref, cette chute en 8es de finale n'enlève toutefois rien aux mérites de la Française, auteur d'une 2e partie d'année 2022 phénoménale. Sauf qu'entre ça et gagner un Grand Chelem, il y a un monde. Quantité de très bons joueurs des années 2004-2020 ayant buté sur le "Big Four" peuvent lui en parler. Belinda Bencic aussi, d’ailleurs.

BENCIC FAIT PSCHITT... Eh oui, on aurait aimé titrer "Bencic bon genre" ou une bêtise dans la même veine, mais là c’est plutôt "Belinda fait pschitt". Alors non, nous n’avions jamais vu en la Saint-Galloise la vainqueur de cet Open d’Australie, mais au vu de son début de saison et à l'entendre évoquer ses sensations, on s'était dit qu'un dernier carré n’était pas impossible. Un "Alors peut-être?" était revenu à nos oreilles. Mais… alors peut-être rien du tout, en réalité. Contre Aryna Sabalenka, la championne olympique s'est noyée dans tous les secteurs, en 8es de finale. Sans doute "Beli" a-t-elle au fond d’elle les moyens d’enlever un jour un "Majeur", mais même si elle aura d’autres possibilités de le faire, subsiste actuellement l’impression (désagréable) qu’elle a manqué l’occas’ du siècle en septembre 2021, dans une quinzaine américaine où l’astre Raducanu - que l’on n’a plus revu depuis - était venu moucher tout le monde.

OSTAPENKO, 2E ÉPISODE? Tiens, parlant d'astre, évoquons Jelena Ostapenko, cette joueuse débarquée au printemps 2017 pour enlever Roland-Garros en balançant des parpaings à gauche à droite, parpaings qui s’étaient alors plu à toucher les lignes et à transporter leur auteur jusqu’au sommet. Cette tactique, qui avait fonctionné de manière quasi irréelle, a ses limites, car lorsque la joueuse n’est plus touchée par la grâce, les balles sont justement hors-limite. Cela a longtemps été le cas pour la Lettone, qui a alterné le pire et l'un peu moins pire depuis 5 ans et demi. Mais elle semble revivre à Melbourne, où sa victoire contre Cori Gauff a convaincu. Peut-elle en faire encore plus? Ostapenko est, avec Vika Azarenka et son adversaire Elena Rybakina, la seule joueuse gagnante de Grand Chelem encore en lice. Et si tout se jouait à l’expérience?

VEKIC VEUT Y CROIRE... Parce qu’elle file sur des 27 printemps et qu’elle a 10 ans de carrière derrière elle, difficile de prétendre que Donna Vekic n’a pas d’expérience. Il n’en demeure toutefois pas moins que la Croate, qui a le mérite de passer les tours sans faire de bruit, s’apprête seulement à disputer son 2e quart de finale en Grand Chelem. Avec pour mission d’écarter Sabalenka, tombeuse de sa grande copine Belinda. Y parviendra-t-elle? "En tout cas je me sens dorénavant capable de gagner un titre majeur", s’exclamait-elle ce week-end auprès de Tennis Majors.

LEHECKA A PART Tout comme Ben Shelton, l'Américain qui n'était jamais sorti de son pays avant ce mois-ci, Jiri Lehecka, 21 ans et classé au-delà de la 70e place mondiale, est sur sa lancée. Preuve en est que Coric, Eubanks, Norrie et, dimanche, Auger-Aliassime ont subi son tennis. Tombeur de Dominic Stricker en demi-finales du Masters Next Gen voici 3 mois, le Tchèque épate. Certains voient déjà en lui un futur membre du top-5. Le voient-ils aussi en mesure de battre demain Stefanos Tsitsipas, favori du tournoi avec un Novak Djokovic "gros comme une maison" et qui a détruit Alex De Minaur?

RUBLEV A L'ARRACH'... Andrey Rublev peut rire. Face à Holger Rune, le Russe n’a pas tout fait bien, loin de là, mais au moins a-t-il fini par triompher au bout d’une rencontre longue et souvent inintéressante jusqu'au dernier set, durant lequel le Danois aurait pu (et dû) classer l’affaire, puisqu’il a servi pour le match, obtenu 2 balles pour conclure, puis encore mené 5-0 dans le super tie-break. Rublev, qui a toujours buté sur le quart en Grand Chelem (6 échecs), s’offre avec Novak Djokovic un rendez-vous aussi effrayant qu'excitant. Après tout, pourquoi ne pas faire exploser le plafond de verre menant au dernier carré lorsque plus personne ne l’attend?

FEDERER EN PISTE... Federer en piste… Et pendant que d’aucuns s’escriment encore sous le soleil australien, un certain Roger F. - nom connu des initiés - profite de skier. "De retour sur les pistes après pratiquement 15 ans", nous rappelle cet ancien joueur bien connu sur son compte Instagram. Le Bâlois se souvient certainement qu’une immense gamelle à l’aube de sa carrière avait donné des sueurs froides à Marc Rosset, qui l’accompagnait alors sur les pistes et avait cru son pote détruit. Aujourd’hui, on devine un Federer prudent, qui n’a pas (encore?) le ski d’attaque de Marco Odermatt. On remarque d’ailleurs que chez lui, ce qui ne va pas, c’est le planter de bâton. Il pourra toujours prendre un cours avec Anne Laurencin, le cas échéant.

Arnaud Cerutti - @arnaud_cerutti

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