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Mondiaux de Londres: pas de médaille suisse mais un avenir prometteur

Le drapeau a flotté à Londres mais l'hymne suisse n'a pas résonné. [Jean-Christophe Bott - Keystone]
Le drapeau a flotté à Londres mais l'hymne suisse n'a pas résonné. [Jean-Christophe Bott - Keystone]
Une quarantaine de pays ont gagné au moins une médaille mais la Suisse n'en fait pas partie. C'est la façon brutale de dresser le bilan aux Mondiaux de Londres. Mais la manière plus nuancée et juste est de voir qu'une génération monte et s'affirme.

Deux cinquièmes places (Lea Sprunger sur 400m haies et les relayeuses du 4x100m), un 8e rang (Kariem Hussein), plusieurs classements entre la 10e et la 15e place (Mujinga Kambundji 2 fois en sprint, Selina Büchel sur 800m, Géraldine Ruckstuhl à l'heptathlon, Nicole Büchler et Angelica Moser à la perche, Sarah Atcho sur 200m): la Suisse se rapproche.

Pour mémoire, aux JO d'Athènes en 2004, l'athlétisme helvétique n'avait eu aucune place de demi-finaliste (top-16). Et aux Mondiaux, il était rentré bredouille, sans la moindre finale, en 2003, 2005, 2009, 2011 et 2013. Il y avait eu la belle parenthèse 2007, à Osaka, avec le bronze de Viktor Röthlin sur marathon. Mais pour le reste, si l'on revient aux disciplines en stade uniquement, il faut remonter à 2001 pour trouver trace d'un podium (l'or d'André Bucher sur 800m), et aux années 1990 pour l'époque glorieuse, celle des Werner Günthör ou Anita Weyermann.

L'élite suisse, aujourd'hui, est dense, avec plusieurs athlètes capables de jouer dans la cour des grands, contrairement par exemple à des pays comme la Norvège, le Portugal ou même l'Australie, qui ont certes un médaillé chacun, mais rien ou très peu derrière. Quant à l'Italie, elle est aux abonnés absents.

Dans l'attente du nouveau champion

Mais il manque la médaille, la figure marquante, la star. La Suisse possède d'excellents jeunes, qui ont d'ailleurs brillé sur les podiums aux dernières compétitions jeunesse (juniors, M23), et dont plusieurs étaient présents à Londres. Il leur faudra encore quelques années pour mûrir. Angelica Moser par exemple, qui a manqué d'un rien la finale de la perche, a beaucoup d'atouts dans son jeu. Idem pour Géraldine Ruckstuhl. A 19 ans, la Lucernoise a démontré, avec sa 11e place à l'heptathlon, une discipline compliquée, qu'elle pouvait devenir une grande.

Idem pour les relayeuses, jeunes et en constants progrès, pleines d'enthousiasme et de spontanéité. Lea Sprunger, à défaut de médaille (mais il ne fallait pas avoir d'attentes trop élevées!), a remporté une victoire sur elle-même, gage probable d'exploits futurs.

ats/bao

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Le travail de fond de Swiss Athletics porte ses fruits

Trois bémols, ou déceptions: Kariem Hussein, Selina Büchel et Mujinga Kambundji ne progressent plus depuis 2 ans. Ils auraient dû être des leaders à Londres, ils n'ont pas décollé. A l'inverse, les 4 athlètes entraînés par Laurent Meuwly (Salomé Kora, Ajla Del Ponte, Sarah Atcho et Lea Sprunger) ont évolué au pic de leur forme, au sommet de leurs possibilités actuelles.

Plus généralement, le travail de fond effectué par Swiss Athletics depuis quelques années, avec un programme ciblé de soutien à la relève, porte ses fruits. Mais la Suisse cherche encore son nouveau champion.