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Le Joker, symbole de contestation et de révolte dans les manifestations

Une manifestante libanaise s'est peint le visage pour ressembler au Joker. Beyrouth, le 19 octobre 2019. [Patrick Baz - afp]
"Joker", symbole de contestation et de révolte dans les manifestations / Le Journal horaire / 1 min. / le 25 octobre 2019
Au cœur des soulèvements populaires, des sourires rouges, des visages blancs et des yeux encerclés de vert. Des couleurs qui rappellent le personnage du Joker. Actuellement au cinéma, le personnage se retrouve dans les rues de Beyrouth, Hong-Kong, La Paz ou Santiago.

Un symbole. Grimé, sous forme de masque, ou présent sur des graffitis, la figure de cinéma et de comics américains du célèbre ennemi de Batman inspire la révolte.

>> Lire: Joaquin Phoenix invente un Joker martyr et c'est un choc

Une moquerie du monde

Sur trois continents différents, la présence du Joker au centre des manifestations n'étonne pas Mathilde Larrère, historienne des révolutions à l'Université de Paris: "On retrouve des éléments d'une culture populaire. Parce que le Joker, on peut considérer qu'à partir du moment où c'est de fait le personnage d'un film, ce n'est pas du tout surprenant de le voir activé dans un mouvement".

Un manifestant proteste contre le modèle économique chilien à Santiago, le 24 octobre 2019. [Ivan Alvarado - Reuters]Un manifestant proteste contre le modèle économique chilien à Santiago, le 24 octobre 2019. [Ivan Alvarado - Reuters]

Pour cette spécialiste d'Histoire contemporaine un mouvement est majoritairement composé de classes populaires: "Elles utilisent donc les éléments de leur culture pour exprimer des colères, des joies, des fêtes".

Des manifestants libanais portent le masque et la combinaison des braqueurs de la série espagnole "La Casa de Papel", dans les rues de Sidon, le 19 octobre 2019. [Mahmoud Zayyat - afp]Des manifestants libanais portent le masque et la combinaison des braqueurs de la série espagnole "La Casa de Papel", dans les rues de Sidon, le 19 octobre 2019. [Mahmoud Zayyat - afp]"Le personnage du Joker en particulier est un personnage qui peut être activable dans le cadre des luttes, parce qu'il y a un effet 'résistance à une oppression', une espèce de moquerie du monde", souligne-t-elle.

Cacher et protéger son visage

A Hong-kong, depuis que le gouvernement a introduit une loi d'urgence interdisant aux manifestants de se dissimuler le visage, la présence du Joker dépasse le simple symbole.

Des masques de Guy Fawkes, repris par le mouvement Anonymous, lors de manifestations contre le Premier ministre hongrois Victor Orban. Budapest, janvier 2015. [Laszlo Balogh - Reuters]Des masques de Guy Fawkes, repris par le mouvement Anonymous, lors de manifestations contre le Premier ministre hongrois Victor Orban. Budapest, janvier 2015. [Laszlo Balogh - Reuters]C'est aussi une manière de se cacher et d'aller à l'encontre des règles: "Il y a un an, dans les différents mouvements, on voyait apparaître des masques de la Casa de Papel. A un moment, il y a eu beaucoup de masques d'Anonymous dans les manifestations.  Le masque s'explique parce qu'il s'agit de cacher son visage et de protéger son visage des modes de répression qui le nécessitent".

Et pour Mathilde Larrère, autant prendre un masque pour ce qu'il représente, à l'image du Joker.

>> Sur le site Academia.edu, une recherche en libre accès sur les super-héros: William Blanc, "Super-héros, une histoire politique"

Sujet radio: Natacha Van Cutsem & Grégoire Perroud

Adaptation web: Stéphanie Jaquet

Un manifestant porte un masque du Joker dans le district de Tsim Sha Tsui. Hong Kong, le 20 octobre 2019. [Kin Cheung - Keystone/ap photo]Un manifestant porte un masque du Joker dans le district de Tsim Sha Tsui. Hong Kong, le 20 octobre 2019. [Kin Cheung - Keystone/ap photo]

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