Modifié le 01 avril 2016 à 17:24

Un photographe met en évidence les ravages de biens culturels à Palmyre

Le temple de Bêl est certainement celui qui a subi le plus de dégâts.
Le temple de Bêl est certainement celui qui a subi le plus de dégâts. [Joseph Eid - AFP]
Chapiteaux renversés, colonnes démantelées, temples brisés et musées saccagés, un photographe de l'AFP a publié vendredi des clichés de la cité antique de Palmyre, en Syrie, ravagée par les djihadistes de l'EI.

A l'entrée du temple de Bêl, le plus beau monument de Palmyre, les djihadistes ont écrit à la peinture noire: "Etat islamique. Entrée interdite aux civils et aux frères" (c'est-à-dire les combattants). L'un des ravages commis par l'EI dans cette cité surnommée la "Perle du désert", reprise à l'EI par le régime syrien le 27 mars.

Si l'enceinte et les cours du temple de Bêl n'ont pas été touchées, la cella, à savoir la partie fermée et la plus importante du temple, n'est plus qu'un amas de gravas, à l'exception de la porte monumentale, depuis que le groupe EI l'a fait exploser en août 2015. Sur le podium s'amoncellent les blocs de pierre qui formaient les murs et la colonnade de huit pilastres finement cannelés de 16 mètres de haut gît sur le sol.

Le temple de Bêl ne sera plus jamais comme avant

Maamoun Abdelkarim, directeur des Antiquités syriennes

"Le temple de Bêl ne sera plus jamais comme avant. D'après nos experts, nous allons pouvoir certainement restaurer un tiers de la cella détruite et peut-être plus après des études complémentaires avec l'Unesco. Cela prendra cinq ans de travail sur le terrain", a affirmé le directeur des Antiquités syriennes Maamoun Abdelkarim.

Un théâtre pour des exécutions

Dans le théâtre romain, intact, des djihadistes ont écrit leurs noms et un mur est criblé de balles. C'est dans cet édifice, datant du IIe siècle, que l'EI a procédé à des exécutions publiques de soldats par des enfants de membres du groupe djihadiste.

Sur le site, de la cella du temple de Baalshamin, il ne reste plus rien en dehors de quatre colonnes, et de l'Arc de triomphe, datant de l'empereur romain Septime Sévère (IIIe siècle) ne subsiste que deux piliers mais la partie centrale et les arches sont à terre.

Cependant pour Maamoun Abdelkarim, "l'ériger à nouveau n'est pas compliqué car tous les blocs sont là et l'arche avait déjà été remontée dans les années 30".

Le musée des horreurs

Quant au Musée national, il ressemble au musée des horreurs, selon les journalistes de l'afp. Les djihadistes, qui l'avaient transformé en tribunal religieux, se sont livrés à un vandalisme inouï.

Des statues typiques de l'art palmyrien, comme les bustes de femmes aux yeux globuleux et aux lourdes parures ont été jetés à terre, les portraits ont été mutilés et les scènes de banquets funéraires avec le visage des convives tourné vers le spectateur ont été brisés ou martelés, visiblement avec rage.

Les dommages causés aux antiquités seront les témoins de leur sauvagerie

Talal Barazi, gouverneur de la province de Homs

"Les experts estiment que 30% de la cité antique de Palmyre a été détruite", a affirmé sur place Talal Barazi, le gouverneur de la province de Homs, où est située Palmyre. "J'ai vu les preuves de l'obscurantisme de l'EI. Les dommages causés aux antiquités seront les témoins de leur sauvagerie", a-t-il dit.

"Je suis content que les plus belles pièces du musée aient pu être évacuées avant leur arrivée", a-t-il ajouté, faisant allusion à 400 pièces d'une valeur inestimable qui ont été transférées par le service des Antiquités vers Damas, sous contrôle du régime.

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afp/boi

Publié le 01 avril 2016 à 17:11 - Modifié le 01 avril 2016 à 17:24

Une explosion toutes les 30 minutes

"Palmyre l'a échappé belle. L'EI avait planté 4500 engins explosifs artisanaux dans la quasi-totalité de la ville, reliés par des téléphones portables à la centrale téléphonique. Un des nôtres s'est déguisé en jihadiste et a tué celui chargé de déclencher un feu d'artifice", explique Abou Mamoud. Une version confirmée par le gouverneur.

Chaque demi-heure, une explosion retentit. "C'est l'unité du génie de l'armée syrienne, en attendant l'arrivée des démineurs russes dans les prochains jours", affirme Talal Barazi.