Publié le 31 mai 2017

L'Italie pillée

Les statues du parc de la Villa Doria Pamphili à Rome ont été décapitées et leurs têtes vendues.
Les statues du parc de la Villa Doria Pamphili à Rome ont été décapitées et leurs têtes vendues. [RTS]
L'Italie, véritable musée à ciel ouvert, voit dans les années 70 son patrimoine d'oeuvres d'art et d'antiquités mis en péril. Des voleurs écument les sites étrusques, grecs et romains, les églises et musées, faisant disparaître des biens culturels d'une valeur inestimable.

L'Italie, un vaste musée

Avec 90'000 églises, 20'000 sites historiques, 40'000 châteaux et monuments, l'Italie constitue une cible de choix pour les trafiquants d'art. Durant les années 70 à 90 tout particulièrement, le patrimoine culturel italien est victime d'un véritable pillage: des voleurs font main basse sur quelque 700'000 pièces. Ainsi, avant même l'adoption en 1970 de la Convention de l'UNESCO sur la lutte contre le trafic illicite des biens culturels, l'Italie met sur pied en 1969 une brigade de carabiniers en charge exclusive de la protection des oeuvres d'art et des antiquités.

Un pays dévalisé

Alors qu'en février 1972, l'association "Italia Nostra" pour la sauvegarde des biens culturels et de l'environnement a lancé un cri d'alerte, le journaliste François Enderlin enquête sur le péril qui menace à travers toute la péninsule les vestiges archéologiques et les objets d'art. Ce reportage de Temps présent fait apparaître que les malfrats ont la vie facile: peu d'oeuvres sont répertoriées, musées et églises ne sont pas protégés et le scandale du pillage se heurte à l'indifférence publique et peut-être politique.

Les oeuvres d'art et les Antiquités en Italie victimes de pillage dans les années 70.
Temps présent - Publié le 23 mars 1972

 

Marielle Rezzonico pour les archives de la RTS

Publié le 31 mai 2017