Grand Format

Un demi-siècle de mitage en cartes et en images

Introduction

Les constructions ne cessent de s'étendre en Suisse, notamment au détriment des zones agricoles. Faut-il y mettre un frein? Etat des lieux en cartes et infographies à un mois de la votation du 10 février prochain.

Chapitre 01

L'évolution des constructions

L'équation est en apparence assez simple: la population augmente, il faut donc davantage de logements. Conséquence de cette évolution, les zones habitées n'ont cessé de s'étendre ces dernières décennies.

En 1960, la Suisse comptait environ 260'000 hectares (un hectare est égal à 100 mètres sur 100 mètres) habités, c'est-à-dire avec au moins une maison. Cette surface est passée en 2017 à plus de 390'000 hectares, soit une augmentation de 50% du territoire habité en un peu plus d'un demi-siècle.

>> L'évolution des zones habitées 1961-2017

Chaque point orange de l'animation représente un hectare qui n'était pas habité jusqu'en 1960 et où au moins une habitation a été construite depuis 1961.

Le mitage en Suisse romande

Changement d'échelle. Après l'aperçu général, la carte ci-dessous, basée sur le Registre fédéral des bâtiments et logements, permet de plonger dans l'évolution détaillée des zones habitées en Suisse romande.

Toutes les régions ne se sont pas étendues dans les mêmes proportions, ni aux mêmes périodes. Comment s'est développée votre commune? Naviguez sur notre carte pour le découvrir.

>> L'évolution des zones habitées en Suisse romande (1961-2017)

La carte peut mettre quelques instants pour charger les données, l'affichage est optimisé sur ordinateur.

Fribourg s'étale

Depuis une trentaine d'années, les cantons de Suisse centrale affichent le plus fort développement. Schwyz, en tête, enregistre une hausse de 19% des hectares avec des habitations, soit près du double de la moyenne suisse (10%).

En Suisse romande, Fribourg, poussé par une forte croissance démographique, a vu sa surface habitée augmenter de 16%. A l'inverse, Vaud et Genève semblent avoir opté pour davantage de densification sur cette période.

>> Les chiffres pour chaque canton:

Chapitre 02

Le mitage vu du ciel

Si le mitage du territoire fait débat, c'est principalement parce que le sol constitue une ressource limitée en Suisse. Environ un quart de la surface du pays est considérée comme "improductive". Il s'agit des régions rocheuses, notamment en montagne, des lacs ou encore des glaciers. Restent les surfaces agricoles (36%), les zones boisées (31%) et les habitats et infrastructures (7,5%).

Comme les forêts sont protégées, le développement de zones habitées s'est principalement fait au détriment des terres agricoles.

Voici trois exemples montrant, avec des images aériennes de Swisstopo, les champs remplacés par des villas ou des immeubles.

>> Images de Vétroz (VS) en 1980 et 2018:

>> Images de Villars-sur-Glâne (FR) en 1998 et 2018:

>> Images de Plan-les-Ouates (GE) en 1998 et 2018:

Chapitre 03

Densifier, mais jusqu'à quel point?

L'alternative au mitage, c'est la densification des zones résidentielles déjà existantes. Pourtant, ce choix pourrait s'avérer tout aussi problématique. Car, dans certaines régions, le nombre d'habitants est d'ores et déjà très élevé.

>> La carte de la densité de la population:

A Genève par exemple, sur un kilomètre carré (km2) incluant une partie de la Servette, la Promenade de l'Europe et Saint-Gervais résident 30'000 habitants. C'est aussi à Genève que l'on trouve les hectares les plus denses de Suisse, avec des pics à plus de 600 résidents sur un carré de 100 mètres sur 100, dans le quartier de l'Europe, et même 961 sur un hectare à Lancy.

A Lausanne et dans ses environs, le nombre d'habitants par kilomètre carré maximum est de 17'000. Néanmoins, on trouve là aussi des hectares avec plus de 500 résidents, à Morges et entre le Palais de Beaulieu et la rue de Sébeillion.

Dans les autres cantons romands, on ne dépasse pas les 10'000 personnes par km2. Ainsi, Fribourg, dont le terrain occupé par du logement s'est beaucoup étendu, a relativement peu densifié ses surfaces citadines habitées. En moyenne, chaque hectare de la ville habité abritait 56 personnes en 2017, contre 53 en 1990 (+5,7%). A l'inverse, sur le canton de Genève, on est passé de 51 à 60 résidents (+17,5%). Miter ou densifier, tels sont à ce jour les deux choix face au défi démographique.

Chapitre 04

Le débat

Pour protéger la nature et les paysages, faut-il compenser toute nouvelle zone constructible en rendant à la nature une surface équivalente? C'est le but de l'initiative "Stopper le mitage" des Jeunes verts. Infrarouge a ouvert le débat mercredi soir.

>> Voir le débat en intégralité:

Crédits

  • Valentin Tombez et Tybalt Félix