Modifié le 29 mai 2019 à 13:18

Jimmy the Kid, polar rigolo pour les minots

Le spectacle Jimmy The Kid.
Spectacle: Jimmy the Kid Vertigo / 4 min. / le 28 mai 2019
A Genève, le Théâtre du Loup adapte à la scène un roman policier de l’Américain Donald Westlake. Un régal à voir en famille jusqu’au 5 juin. Avec des gangsters à la mie de pain et un kid qui les roule dans la farine.

C’est beau la lecture. Les livres mènent à tout y compris au crime. Voici un bouquin format poche écrit par un certain Starck. Lisez-le, c’est comme un mode d’emploi, un plan en or, la clé de votre futur succès. Ce livre, c’est un bon coup, Ze coup! Et il tombe à pic dans les mains de la bande de Dortmunder.

Faut préciser que Dortmunder et ses gars ont quelques difficultés de carrière dans le monde du crime. Une belle équipe de bras cassés et de tocards, ce gang. Alors pour une fois, il va laisser tomber ses vols qui ne planent jamais bien haut et se lancer dans une nouvelle phase ambitieuse: un kidnapping d’enfant.

A savourer dès 10 ans

Tout est écrit, décrit dans ce bouquin. Y’a plus qu’à se poster à la sortie du tunnel qui traverse la rivière Hudson et repérer un gosse de rupin qui pendule en limousine entre Manhattan et le New Jersey. Du tout cuit. Apparemment.

Voici un polar à dévorer dès dix ans. Et c’est parfait puisque la future victime du kidnapping a le même âge à deux ans près. Effet d’adhésion et suspense garanti dans le jeune public du Théâtre du Loup.

La pièce de "Jimmy the Kid" au Théâtre du Loup à Genève.
La pièce de "Jimmy the Kid" au Théâtre du Loup à Genève. [Janice Siegrist - Théâtre du Loup]

En plus, sur le plateau, ce Jimmy embarqué par Dortmunder and Co est joué par un comédien-enfant. La grosse trouille? Plutôt la grande rigolade dans les rangs des spectateurs. L’entreprise Dortmund, c’est des tocards de première. Et le Jimmy avec sa cravate de premier de classe s’avère rapidement un petit rusé et un sacré castar.

Boîte à surprises et innovations

Adapter à la scène un polar qui roule entre ville et campagne dans les USA des années 70 tient de la gageure. Mais quand on a déjà réussi à faire entrer sur un plateau de quelques mètres toute l’équipe du "Bon gros Géant" de Roald Dahl avec en prime des hélicoptères, Buckingham Palace et des montagnes, rien n’est impossible.

Voici donc ce polar rigolard signé Donald Westlake livré dans toute sa malice avec une méthode que le Théâtre du Loup devrait breveter: esprit BD, farces et attrapes, énergie de collectif, sens de l’autodérision, décor conçu comme une boîte à surprises et quelques innovations pour rendre le tout plus réaliste.

Aux rideaux que l’on tire pour dévoiler ou camoufler des pièces, s’ajoutent des projections vidéo qui vous transforment en un clin d’œil un simple échafaudage en immeuble du Lower East Side new-yorkais ou en ferme abandonnée dans le New Jersey. Et les poursuites en voiture? Suffit d’inventer un mini chariot avec deux vieux phares, un volant et une bande-son aux petits oignons. Un comédien-récitant pousse la carriole et vous l’avez, votre Oldsmobile Toronado superclasse.

Un spectacle réjouissant

"Jimmy the Kid", c’est une grosse distribution. Neuf comédiennes et comédiens sur le plateau, plus un paquet de rôles secondaires à jouer. 1h30 pour ficeler l’affaire et parfois il y a quelques balles perdues dans le jeu, mais l’ensemble est tout simplement réjouissant. Et sur ce coup, il y a tout l’esprit du Loup.

Avec le metteur en scène Eric Jeanmonod qui déchire lui-même les tickets à l’entrée, le barman habituel du théâtre que l’on retrouve en shérif et trois générations de comédiens sur la scène. Dont le trio de choc des Dortmunder Boys au cerveau ramollo incarné par les comédiens Frédéric Landenberg, David Gobet et Baptiste Coustenoble.

Les spectacles tout publics du Théâtre du Loup n’ont qu’un défaut: ils ne tournent quasi jamais hors de Genève. L’occasion rêvée pour vous de découvrir en famille les berges de l’Arve…

Thierry Sartoretti/aq

"Jimmy the kid", d’après Donald Westlake. Au Théâtre du Loup, Genève, jusqu’au 5 juin 2019.

Publié le 29 mai 2019 à 11:33 - Modifié le 29 mai 2019 à 13:18