Modifié le 05 novembre 2019 à 13:36

Le prix Goncourt 2019 attribué à l'écrivain toulousain Jean-Paul Dubois

Le prix Goncourt 2019 attribué à l'écrivain toulousain Jean-Paul Dubois
Le prix Goncourt 2019 attribué à l'écrivain toulousain Jean-Paul Dubois L'actu en vidéo / 1 min. / le 04 novembre 2019
Le Goncourt, plus prestigieux et convoité des prix littéraires du monde francophone, a été décerné lundi à Jean-Paul Dubois pour son roman "Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon". Le prix Renaudot est attribué à Sylvain Tesson et le Femina à Sylvain Prudhomme.

Jean-Paul Dubois remporte le prix Goncourt 2019 avec "Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon" paru aux éditions de l'Olivier. Il a été choisi par six voix contre quatre pour Amélie Nothomb.

Le 22e titre de l'écrivain, publié chez L'Olivier, raconte l'histoire d'un homme, Paul Hansen, doux et bienveillant, qui croupit depuis deux ans dans une prison au Québec. Paul Hansen, le narrateur, va nous raconter comment il en est arrivé à partager une cellule avec un Hells Angel, formidable personnage, effrayant et touchant, qui rêve d'"ouvrir en deux" ceux qui ne lui reviennent pas mais reste terrorisé par les souris ou les ciseaux du coiffeur.

Un monde en train de disparaître

Pour tenir, Paul Hansen parle avec ses morts: sa compagne, pilote d'hydravion, son père, pasteur danois, sa mère libertaire et sa petite chienne, Nouk.

On apprendra à la fin du roman pourquoi un tel homme est en prison. Entre-temps remonteront à la surface des souvenirs d'un bonheur anéanti. Ce que raconte Jean-Paul Dubois, c'est l'histoire d'un monde en train de disparaître pour être remplacé par un autre dominé par l'injustice et le mépris.

L'ancien journaliste reste en lice pour un autre prix convoité: le Goncourt des lycéens qui sera décerné le 14 novembre.

>> Les précisions du 19h30:

Le Goncourt décerné à Jean-Paul Dubois pour son roman "Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon"
19h30 - Publié le 04 novembre 2019

Souvent primé

Jean-Paul Dubois est né en 1950 à Toulouse où il vit actuellement. Journaliste, il commence par écrire des chroniques sportives  avant de devenir grand reporter en 1984 pour "Le Nouvel Observateur". Il examine au scalpel les États-Unis et livre des chroniques qui seront publiées en deux volumes aux Éditions de l'Olivier: "L'Amérique m'inquiète" (1996) et "Jusque-là tout allait bien en Amérique" (2002). 

Déjà couronné par le prix Femina (en 2004 pour "Une vie française") et le prix France Télévisions pour "Kennedy et moi" (1996), le Toulousain de 69 ans, écrivain discret et populaire, a construit depuis une trentaine d'années une oeuvre qui séduit par sa délicatesse et sa profonde humanité.

"Tout arrive! C'est adorable, et puis voilà, je ne suis pas fait pour ce genre de choses", a déclaré Jean-Paul Dubois devant la presse. "C'est assez irréel", a-t-il ajouté.

Si les romans de Jean-Paul Dubois étaient traduits de l'anglais, il aurait en France un statut comparable à ceux de John Irving ou de William Boyd.

Bernard Pivot, le président de l'académie Goncourt.

Amélie Nothomb recalée

Le dernier carré du Goncourt était composé d'Amélie Nothomb, Jean-Luc Coatalem, Jean-Paul Dubois et Olivier Rolin.

>> A lire également: Le Goncourt, "le plus prestigieux prix au monde" selon Pierre Assouline

Amélie Nothomb, 53 ans, était en lice pour "Soif" (Albin Michel), un roman déjà best-seller (avec près de 150'000 exemplaires vendus) dans lequel elle se met dans la peau de Jésus avant la crucifixion. C'est la troisième fois (après 1999 et 2007) que la romancière se retrouvait dans la sélection du Goncourt.

>> Voir l'interview d'Amélie Nothomb au sujet de "Soif", son "plus ancien projet":

"Soif", le dernier roman et "plus ancien projet" d'Amélie Nothomb
L'actu en vidéo - Publié le 04 novembre 2019

Jean-Luc Coatalem, 60 ans, avait été retenu pour "La part du fils" (Stock), un récit dans lequel l'écrivain-voyageur mène une enquête sur la disparition de son grand-père mort dans un camp de concentration. Jean-Luc Coatalem était également en course pour le Renaudot.

Et le doyen Olivier Rolin, 72 ans, avait été sélectionné pour "Extérieur monde" (Gallimard), objet inclassable, sorte d'anti-mémoires ou livre de voyages des innombrables voyages de l'auteur.

afp/mcm

Publié le 04 novembre 2019 à 12:58 - Modifié le 05 novembre 2019 à 13:36

Sylvain Tesson, prix Renaudot inattendu

Le prix Renaudot 2019 a été décerné à Sylvain Tesson pour son ouvrage "La Panthère des neiges" (éditions Gallimard) pour lequel il a collaboré avec le photographe Vincent Munier. L'écrivain voyageur y raconte leur quête photographique et naturaliste au Tibet. Cette annonce est une surprise, puisque le roman de Sylvain Tesson ne figurait pas dans la liste des quatre finalistes.

Connu pour ses récits de voyage en Asie Centrale, en Sibérie (Dans les forêts de Sibérie), en Inde et, dernièrement, en France, Sylvain Tesson est avant tout un voyageur et un grand baroudeur. Amateur d'escalade, il avait été victime d'un sévère traumatisme crânien après une chute en escaladant la façade d'une maison à Chamonix.

Quête quasi-mystique pour les uns, manifeste animalier pour les autres, l'ouvrage de Sylvain Tesson retrace la quête d’un animal longtemps cru disparu et soulève de façon poétique des enjeux politiques et écologiques.

Le Femina à Sylvain Prudhomme

Le romancier Sylvain Prudhomme a reçu mardi le prix Femina pour "Par les routes" (Gallimard), un roman aux accents mélancoliques sur l'art de l'abandon.

"Par les routes" met en scène un homme d'une quarantaine d'années jamais autrement nommé que "l'auto-stoppeur". En couple avec une traductrice nommée Marie, père d'un petit garçon, l'auto-stoppeur ne peut s'empêcher de partir régulièrement, pouce levé, au hasard sur les routes de France.

L'histoire est racontée par Sacha, un ancien ami. Écrivain, Sacha est venu s'installer dans une petite ville du sud-est sans savoir qu'il y retrouverait son compagnon de jeunesse avec qui, vingt ans auparavant, il avait sillonné la France en auto-stop.

Le Femina étranger a été décerné à l'Espagnol Manuel Vilas pour "Ordesa" (Éditions du Sous-Sol) et le Femina de l'essai à Emmanuelle Lambert pour "Giono furioso" (Stock)