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"Le voyage à Eilat", road movie loufoque en tracteur dans un Israël oublié

Rendez-vous Culture : Cecilia Mendoza reçoit le réalisateur suisse et israélien Yona Rozenkier.
Rendez-vous Culture : Cecilia Mendoza reçoit le réalisateur suisse et israélien Yona Rozenkier. / 12h45 / 2 min. / le 23 janvier 2024
Dans son nouveau long métrage intitulé "Le voyage à Eilat" sorti le 24 janvier, le réalisateur Yona Rozenkier dresse le portrait d'un père et de son fils voyageant à bord d'un tracteur. Leur objectif: traverser Israël en moins d'une semaine. L'occasion pour eux d'apprendre à mieux se connaître.

Un vieil homme pendu à un arbre que l'on doit décrocher... C'est ainsi que débute la première scène du film "Le voyage à Eilat". Une scène surréaliste, drôle et burlesque qui va pousser Albert, vétéran de la guerre, à parier une bouteille de whisky qu'il peut traverser le pays du nord au sud, sur un tracteur, en moins d'une semaine. Ben, son fils chômeur et grincheux, l'accompagne. Le duo insolite se lance dans un voyage à 35 km/h qui va leur permettre de se découvrir et de s'apprécier, tout en révélant certains côtés peu connus d'Israël.

L'humour pour message

Primé au festival de Jérusalem, "Le voyage à Eilat" a beau aborder un Israël rural et marqué par les guerres, l'humour prédomine toujours. "Ce film a, au fond, un message très sérieux à faire passer, admet Yona Rozenkier dans l'émission Vertigo du 23 janvier 2024. Moi je crois qu'il faut faire rire les gens pour réussir à toucher leur coeur et leur faire entendre des choses qu'ils ne pourraient pas admettre en temps normal".

A l'instar des films d'Emir Kusturica, les personnages imaginés par Yona Rozenkier sont à la fois fous, drôles et intelligents. "Le voyage à Eilat" permet également au réalisateur aux trois nationalités (il est israélien, mais également franco-suisse) d'aborder des facettes moins visibles d'Israël.

Une société divisée

En traversant le pays, Albert et Ben rencontrent des Russes, des Ethiopiens, des Palestiniens et des kibboutzniks. Un melting-pot qui n'empêche pas les préjugés, loin de là. Le père et le fils sont traités d'Arabes, de gitans. A un autre moment, le duo se rend dans un restaurant géorgien uniquement destiné aux Géorgiens, où la serveuse ne parle pas l'hébreu.

A travers son film, Yona Rozenkier constate l'existence de ces préjugés pour mieux les casser, afin de trouver l'humanité derrière. "Comme pour le personnage d'Albert, confie-t-il dans le 12h45 du 23 janvier. Au départ, on se dit que c'est un 'con alcoolique', avant de découvrir qu'il est très fin et spécial". Et le réalisateur de conclure: "Il y a aussi beaucoup de beauté en Israël, mais on ne la montre pas". Film complexe et burlesque, "Le voyage à Eilat" prouve que l'humour et l'absurde permettent de sortir de toutes les situations critiques.

Des propos recueillis par Pierre Philippe Cadert

Adaptation web: Sarah Clément

"Le voyage à Eilat" de Yona Rozenkier, avec Yoel Rozenkier, Shmuel Vilozni, Aviva Negosa, à voir dans les salles romandes depuis le 24 janvier 2024.

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