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"Kaamelott", très attendu par les fans, sort enfin dans les salles

Alexandre Astier dans le rôle d'Arthur dans le film "Kaamelott". [Ascot Elite Entertainement Group]
L'invité : Alexandre Astier, Kaamelott, le film / Vertigo / 30 min. / le 21 juillet 2021
Presque 12 ans après la diffusion des derniers épisodes de la série, le long-métrage "Kaamelott" sort en salles mercredi. Il raconte "de gros virages dans le destin" du roi Arthur, incarné par Alexandre Astier qui est également à la réalisation.

Plus d'une décennie que les fans de "Kaamelott" imploraient le retour du roi Arthur et de sa très bancale Table ronde. C'est désormais chose faite.

Il faut dire que la série imaginée par Alexandre Astier, diffusée entre 2005 et 2009 sur M6, a connu et connaît encore aujourd'hui un immense succès. On y découvre durant six saisons, l'histoire du roi Arthur et des chevaliers de la Table ronde sur un ton d'abord humoristique dans de petits sketches, avant de prendre un tournant plus tragique dans des formats plus longs.

Des répliques devenues culte

Alexandre Astier, qui compte parmi ses références "Monty Python, sacré Graal" (1975)  ou "Excalibur" (1981) de John Boorman, avait réussi le pari de créer "une série hybride faite de références à des textes médiévaux, à la culture populaire anglo-saxonne de fantasy ainsi qu'à la comédie et au théâtre de boulevard français", explique l'historien médiéviste, William Blanc.

Dès le départ, le langage choisi est l'un des ressorts comiques forts de la série "en jouant sur le décalage entre une époque ancienne et un parler récent et très argotique", explique à l'AFP Stéphane Encel, auteur d'un "Petit crapahut dans le parler de Kaamelott".

Preuve du succès de la série, "Vous faites la gueule ou j'extrapole?", "On en a gros!", "Pécores" et autres "C'est pas faux" sont désormais des répliques culte connues du plus grand nombre.

>> A lire également un décryptage de la série: "Kaamelott", pastiche de la légende des Chevaliers de la Table ronde

Arthur voudra-t-il reprendre le pouvoir?

L'affiche du film "Kaamelott" d'Alexandre Astier.L'affiche du film "Kaamelott" d'Alexandre Astier.Dans le film que l'on peut découvrir sur les écrans romands depuis ce mercredi, le roi Arthur retourne en Bretagne, contraint et forcé, après un exil de dix ans, tandis que Lancelot du Lac (Thomas Cousseau), qui s'est transformé en tyran, règne sans partage sur le royaume de Logre et cherche à capturer l'ancien roi. Arthur voudra-t-il, saura-t-il lui reprendre le pouvoir?

"Son destin l'appelle dans un pays froid, rétrograde, réactionnaire, avec des racistes, des misogynes, des homophobes, un monde où sa modernité [héritée de sa jeunesse à Rome], passe pour de la faiblesse. Il n'est chez lui nulle part", explique le réalisateur qui signe scénario, réalisation et musique du film.

Doté d'un budget de 14 millions d'euros, le long-métrage de deux heures réunit des acteurs de tous horizons: des historiques de 'Kaamelott' (Lionnel Astier, Franck Pitiot), des invités de renom (Guillaume Gallienne, Alain Chabat, Sting), ou de jeunes acteurs.

Interrogé par la RTS, Alexandre Astier, qui réaliste là son quatrième long-métrage (dont deux adaptations d'Astérix et Obélix), explique: "Je raconte la suite et elle doit être punch, elle doit être forte. C’est ça que je dois aux gens qui aiment 'Kaamelott' et à ceux qui vont me découvrir: ne pas leur donner ce qu’ils attendent. C’est d’être justement là où ma paternité de 'Kaamelott' me permet d’être, c'est-à-dire dans la surprise permanente de ce qui arrive."

>> Pourquoi Kaamelott fascine-t-il certains historiens? Ecouter l'interview du professeur Alain Corbellari dans Forum mercredi soir:

La sortie du film Kaamelott ravit les historiens: interview d'Alain Corbellari (vidéo) [RTS]
La sortie du film Kaamelott ravit les historiens: interview d'Alain Corbellari (vidéo) / Forum (vidéo) / 5 min. / le 21 juillet 2021

Deux autres films prévus

Avec plus de 206'000 billets vendus en avant-première en France, "Kaamelott: Premier Volet" s'annonce déjà comme un gros succès. Ce qui devrait permettre de faire aboutir les deux autres films de cette saga, pensée dès le départ comme une trilogie. "Dans l'histoire que je vais raconter en trois volets, le Graal est quelque chose de très concret", explique encore Alexandre Astier. Et que les fans se rassurent, il ne faudra pas attendre dix ans pour le deuxième volet".

>> A voir, la bande-annonce du film "Kaamelott: Premier Volet":

aq avec agences

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Astier, compositeur de la musique de "Kaamelott"

On connaît Alexandre Astier comme acteur ou réalisateur. On sait moins qu'il maîtrise également la composition.

Après des études de musique au conservatoire et à l’American School of Modern Music, celui qui a consacré il y a quelques années un spectacle à Jean-Sébastien Bach ("Que ma joie demeure!") a donc tout naturellement composé la musique de "Kaamelott". Il fait ainsi partie du petit club fermé des réalisateurs qui sont également compositeurs de leurs films.

Astier dit avoir construit "Kaamelott" à partir de la musique et avoir attendu "le plus tard possible pour écrire" le scénario. "La musique revêt un rôle omniscient et a un temps d'avance sur les personnages", explique-t-il.

Et pour Pascal Knoerr, spécialiste de musiques de film interrogé par la RTS, le compositeur a eu la bonne idée d'éviter une b.o. qui ressemblerait trop à ce que l'on pourrait attendre d'un film situé au Moyen-Âge et a préféré adopter une écriture classique proche de la tradition française.

>> A écouter, la “Marche Aquitaine” tirée de la bande-son du film "Kaamelott"

Des instruments originaux

Non content de composer, Astier orchestre également sa partition de A à Z et a pris soin d’apporter des colorations originales par le biais d’instruments que l’on croise rarement au sein d’une formation symphonique.

Ainsi, on retrouve les solistes Cyril Dupuy et Gabriel Rignol qui interviennent respectivement au cymbalum et au théorbe (grand luth), tandis qu’Alexandre Astier lui-même est crédité comme jouant du piano, du guembri, du ghungroo, du cajón, du dholak, et du hulusi. Autant de percussions et d’instruments à vent d’origines très diverses qui apportent une touche d’étrangeté à sa musique, sans pour autant verser dans un exotisme au rabais.

La musique de "Kaamelott" interprétée par l’Orchestre national de Lyon dirigé par Frank Strobel et le Chœur de chambre Spirito est sortie en automne 2020 sur le prestigieux label classique Deutsche Grammophon.