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Super expos sur les superhéros à la Maison d'Ailleurs

Fusée Faucon de la licence "Les maîtres de l'univers" de la collection de la Maison d'Ailleurs. [Maison d'Ailleurs]
Supers héros, supers expos / Vertigo / 9 min. / le 8 février 2022
A Yverdon, la Maison d'Ailleurs consacre deux expositions à l'univers des comics et des superhéros: "Transformations" et "Musclor et les Maîtres de l'univers". Elles sont à voir jusqu'en janvier 2023.

Les expositions "Transformations" et "Musclor et les Maîtres de l’univers" décryptent l’univers des superhéros de leur origine à aujourd’hui.

"Transformations", l’exposition principale, occupe les sept salles de la Maison d’ailleurs à Yverdon. Elle s’intéresse à tous les changements et les évolutions qu’ont connus les comics depuis leur création, notamment lorsqu’il a fallu traduire les bandes dessinées américaines en français.

Des origines à la transformationL'affiche de l'exposition "Transformations". [Maison d'Ailleurs]L'affiche de l'exposition "Transformations". [Maison d'Ailleurs]

La première salle est dédiée aux origines. "C’est un clin d’œil, tous ces personnages ont des origines qui leur ont permis de se transformer en superhéros", explique Marc Atallah, directeur du lieu. On y découvre notamment Superman, premier héros publié dans le numéro initial d’Action Comics, en 1938.

"Superman est l’adaptation contemporaine de personnages comme Moïse. Il est envoyé de très loin par ses parents dans un berceau, il arrive sur Terre où il est supposé sauver l’humanité, poursuit Marc Atallah. C’est une sorte de sécularisation de l’histoire biblique".

Pour le directeur de la Maison d'Ailleurs, la transformation qu’opère la majorité des superhéros est une façon de toucher le public. "C’est une manière triviale de représenter ce que chacun vit dans sa vie. Cette idée de la transformation évoque les changements que traverse chaque individu. Même si nous ne devenons pas des superhéros, nous avons tous des récits de moments-clés qui nous ont profondément changés".

Accusés de créer une génération de débiles

L’exposition traite également de la censure dont les comics ont fait l’objet. Dès les années 1940, on s’inquiète des conséquences de ces livres sur les jeunes. Aux Etats-Unis, c’est d’abord le Comics Code Authority qui s’en charge, mais dès les années 1941-1942, la presse s’en empare.

"Dans les journaux, on voit apparaître des articles sur les effets des comics sur les enfants, explique Jean-Michel Ferragatti, co-commissaire de l’exposition et historien spécialiste des comics. On dit qu’ils vont engendrer une génération de débiles".

Cette censure touche également la France. Les comics énervent les anti-Américains, les enseignants mais également le clergé qui critique notamment l’anthropomorphisme. Ils ne supportent pas qu’une souris comme Mickey puisse parler. "Ils se sont aussi attaqués au fait que Superman vole, explique Jean-Michel Ferragatti. Ils disaient ‘si Dieu avait voulu qu’un homme vole, il lui aurait donné des ailes’".

Une salle est dédiée à "Seduction of the Innocent", un livre du psychiatre américain Fredric Wertham paru en 1954. Il y fait une corrélation entre criminalité juvénile et comics. "Il disait que tous les jeunes délinquants qu’il avait interrogés lisaient des comics, donc que les comics étaient responsables. En réalité, tous les jeunes Américains lisaient des comics car c’était la forme de culture la plus abordable, il n'a rien prouvé du tout".

La pop culture version jouets

En annexe, dans la salle Jules Verne, l'exposition "Musclor et les Maîtres de l’univers" met à l’honneur une gamme de jouets incontournables, "Les Maîtres de l’univers". Développées par Mattel, déjà célèbre pour avoir imaginé la poupée Barbie, ces figurines sont apparues dans les années 1980.

"On raconte les sources de ces objets dans l’ambiance années 1980 avec l’explosion de la pop culture en version jouet", poursuit Jean-Michel Ferragatti. Fait amusant, à l’inverse de la plupart des figurines, "Les Maîtres de l’univers" n’ont pas été tirés d’un film ou de dessins animés mais c’est eux qui inspirent par la suite d’autres déclinaisons.

Propos recueillis par Witold Langlois et Anne Flament

Adaptation web: Arthur du Sordet

"Transformations" et "Musclor et les Maîtres de l'univers", la Maison d'Ailleurs, Yverdon, jusqu'au 8 janvier 2023.

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