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L'artiste jurassien Augustin Rebetez publie son "manifeste primitif"

La couverture du livre: "Le coeur entre les dents, manifeste primitif" d'Augustin Rebetez. [Actes Sud]
Manifeste primitif / Vertigo / 7 min. / le 11 janvier 2021
Premier récipiendaire du Prix de la Fondation Alfred Latour, Augustin Rebetez publie "Le coeur entre les dents, manifeste primitif", un livre spectaculaire qui présente plus de sept ans de travail artistique.

Ouvrage au titre envoûtant, "Le coeur entre les dents" pourrait être comparé à une caverne ou une matrice, où se projettent tous les motifs, les obsessions, les liens, les constellations et les langages utilisés par l’artiste, premier lauréat du prix Alfred Latour.

Ce prix honore un projet de livre associant au minimum deux des disciplines exercées par l’artiste français Alfred Latour pendant sa carrière, à savoir la peinture, la gravure, le dessin, le design textile, le graphisme et la photographie. Il est doté de 80’000 francs, utilisables pour concrétiser une publication.

De par sa diversité expressive, Augustin Rebetez qui pratique la photo, des films, des installations, de la peinture, des dessins, du graphisme ou encore de la musique, était un candidat idéal. Désormais paru, son livre nous fait entrer dans la vibration de sa création.

Une danse collective

Corneilles, ronces, coeurs, lames, larmes, visages mâchurés de fusain, objets étranges, bricole virtuose réalisée à partir de rebuts divers: chez Rebetez, tout devient langage où le cauchemar, le magique, le tendre, le lyrique, le chamanique, le foutraque, l’intense et le mélancolique entrent dans une danse collective.

La plupart de ces travaux naissent dans la ferme familiale de l’artiste, à Mervelier dans le Jura, région âpre et puissante qui inspire l’artiste voyageur et sa meute de collaborateurs.

La couverture du livre présente le torse d’un corps féminin nu, la peau recouverte de ronces noires dessinées se détachant d’un fond blanc. Les ronces débordent du cadre et contaminent la tranche du livre. Le voyage peut alors commencer, car le rêve ne s’apprend pas dans les écoles d’art, explique l'artiste.

Je suis convaincu que l'imaginaire se travaille. On naît tous avec un potentiel d'imaginaire énorme, mais si on ne le développe pas, il se raréfie. Si on le nourrit et on l'utilise, alors il devient un flux incessant.

Augustin Rebetez, artiste à l'oeuvre protéiforme et lauréat du premier Prix Latour

"Le coeur entre les dents" est pensé de bout en bout par l’artiste, une façon d’avoir accès et entre ses mains un monde particulier qui fait oeuvre.

Florence Grivel/mh

Augustin Rebetez, "Le coeur entre les dents, manifeste primitif", éditions Actes Sud.

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