Modifié le 17 avril 2019 à 17:38

Un an de prison avec sursis pour l'auteur de "vrais/faux" Rodin

Le penseur de Rodin était un faux.
Si la photo est bonne – Le penseur de Rodin était un faux Si la photo est bonne / 2 min. / le 17 avril 2019
L'Américain qui a fabriqué et vendu des contrefaçons à partir de moules originaux du sculpteur Auguste Rodin, vient d'être condamné par la cour d'appel de Paris à un an de prison avec sursis. La cour a ainsi tranché un dossier vieux de 18 ans.

Gary Snell a été reconnu coupable de contrefaçon et d'exportation d'oeuvres contrefaites. Il était poursuivi pour avoir édité et commercialisé des oeuvres de Rodin, sans dire qu'il s'agissait de simples reproductions réalisées à partir de plâtres de la fonderie Rudier utilisés par le sculpteur de son vivant. Parmi les oeuvres reproduites: "Le Baiser", "Le Penseur" ou "La main de Dieu".

L'élégant septuagénaire a été condamné à un an de prison avec sursis et à une amende de 15'000 euros. Robert Crouzet, un galeriste parisien qui avait vendu des plâtres d'atelier de Rodin à Gary Snell, a été condamné à 4 mois de prison avec sursis pour "complicité de contrefaçon".

Gary Snell, Gruppo Mondiale, la société dont il était le gérant, et Robert Crouzet devront payer solidairement 500'000 euros au musée Rodin au titre des dommages et intérêts.

Gruppo Mondiale aurait produit, selon des estimations, quelque 1700 bronzes tirés à partir de 52 oeuvres d'Auguste Rodin (1840-1917), pour un prix moyen de vente de 40'000 euros (environ 45'000 francs), ce qui représente un chiffre d'affaires de 68 millions d'euros (environ 77 millions de francs suisses).

18 ans de procédures

La justice avait été saisie en mars 2001 d'une plainte pour escroquerie et contrefaçon du Musée Rodin de Paris qui détient les droits moraux de l'artiste. Le musée dévoilait ainsi une vaste escroquerie impliquant la mise en circulation sur le marché de l'art , selon elle, de 1700 contrefaçons, toutes réalisées à partir de moules originaux et portant le cachet du célèbre sculpteur.

Une escroquerie à l'échelle industrielle qui aurait transité dans les prestigieuses institutions à travers le monde, dont le Musée d'art et d'histoire de Genève.

Mais l'affaire n'est peut-être pas terminée. L'avocat de Gary Snell, Christian Beer, a indiqué à l'AFP qu'il réfléchissait à un pourvoi en cassation.

Sophie Iselin/mcc avec les agences

Publié le 17 avril 2019 à 17:38 - Modifié le 17 avril 2019 à 17:38