Modifié le 14 mars 2019 à 16:53

Les six livres en lice pour le Prix du public 2018

Les jurés du Prix du public 2018 sont, de gauche à droite: Quentin Perissinotto, Rémy Villemin, Patrick Ferla, Sarah Anaïs Aubry, Dominique Sandmeier et Jil-Carmen Marti.
Les jurés du Prix du public 2018 sont, de gauche à droite: Quentin Perissinotto, Rémy Villemin, Patrick Ferla, Sarah Anaïs Aubry, Dominique Sandmeier et Jil-Carmen Marti. [RTS]
Après lecture de plus de 60 livres et au terme de 5 séances et de longues délibérations, sous la direction de Patrick Ferla, les cinq jurés ont choisi de retenir à l’unanimité six ouvrages.

>> Du 16 au 20 avril, Versus-lire (Espace 2) revient sur les six ouvrages en lice.

Nues dans un verre d'eau
Fanny Wobmann

La couverture du livre "Nue dans un verre d'eau" de Fanny Wobmann.
La couverture du livre "Nue dans un verre d'eau" de Fanny Wobmann. [Flammarion]

Laura passe ses journées avec sa grand-mère hospitalisée, dont les crises de démence s'aggravent. Profitant des rémissions, elle lui raconte son récent séjour en Angleterre, lui parle de l'homme qu'elle a rencontré sur la plage et lui confie qu'elle est enceinte.

Les deux femmes se retrouvent nues, l'une face à la mort, l'autre face à cette vie qui pousse en elle sans qu'elle l'ait souhaité.

Faire le garçon
Jérôme Meizoz

La couverture du livre "Faire le garçon" de Jérôme Meizoz.
La couverture du livre "Faire le garçon" de Jérôme Meizoz. [Editions Zoé]

Pourquoi faut-il "faire le garçon"? Et comment vivre, en homme, avec un "cœur de fille"? Dans ce récit où alternent l’enquête et le roman, l'écrivain Jérôme Meizoz esquisse une éducation sentimentale, tendre et crue, commencée dans "Séismes".

L'enquête (30 chapitres impairs) porte sur l'assignation des garçons à la virilité dans un milieu rural catholique. On y convoque divers documents, articles, témoignages, ainsi que des scènes de la vie quotidienne.

Le roman (30 chapitre pairs) a pour personnage principal un jeune garçon qui, pour échapper à l'usine, a choisi de se prostituer. Il vend ses caresses mais il "n’entre pas dans le corps". Dans le secret, on lui parle. Le voilà confident de vies douloureuses.

L'adieu à Saint-Kilda
Eric Bulliard

La couverture du livre "L'adieu à Saint-Kilda" d'Eric Bulliard.
La couverture du livre "L'adieu à Saint-Kilda" d'Eric Bulliard. [Editions de l’Hèbe]


Saint-Kilda est ce lieu au bout du monde, oublié des hommes et de Dieu (mais pas de ses ministres), perdu dans le brouillard ambigu qui sépare imagination et réalité. Inhospitalier au possible, ce coin de terre au large de l'Écosse a pourtant accueilli une poignée d'hommes et de femmes évacués à leur demande en 1930. Jusqu'au XIXe siècle, ils ont vécu en autarcie, sans connaître l'écriture ni l'argent, sans hiérarchie ni lois, se nourrissant des oiseaux de mer chassés sur les falaises.


Éric Bulliard nous raconte l'histoire de cette île et de ses derniers habitants en double voyage, vécu dans le présent et dans le passé, avec la verve du journaliste et la sensibilité de l'intimiste. Et voilà que Saint-Kilda devient un lieu presque mythique, où l'on aimerait se rendre, pour assouvir une étrange nostalgie née dans ces pages...

Cœurs silencieux
Anne Brécart

La couverture du livre "Cœurs silencieux" d'Anne Brécart.
La couverture du livre "Cœurs silencieux" d'Anne Brécart. [Editions Zoé]

Quarante ans après un  premier amour clandestin, Hanna retourne dans la région de son adolescence, y retrouve le génie du lieu mais aussi ce même trouble auprès de l’homme qu’elle avait aimé très jeune fille. La présence du lac et de la forêt, l’humidité qui envahit tout, l’odeur de la terre, la force du vent traversent le roman avec une puissance qui s’apparente à celle du désir. Les souvenirs d’enfance d’Hanna, de ses premières années passées dans la grande maison, remontent avec naturel. Mais dans ce lieu encore imprégné du passé, les préjugés à l’égard des sentiments qu'elle éprouve pour Jacob rejaillissent avec la même dureté que jadis.

"Cœurs silencieux" raconte la renaissance d’une femme, une reconquête de l’amour et du désir.

Aux noces de nos petites vertus
Adrien Gygax

La couverture du livre "Aux noces de nos petites vertus" d'Adrien Gygax.
La couverture du livre "Aux noces de nos petites vertus" d'Adrien Gygax. [Cherche midi]

Trois amis partent pour un mariage en Macédoine. Lui ne voulait pas y aller, mais George et Paul l’ont convaincu. Alors il est parti. Et tout s’est détraqué avec l’alcool, la paresse et Gaïa, une femme aux cheveux noirs, à la nuque très fine. Avec George, ils la séduisent, puis l’emmènent dans leurs rêveries et leurs mélancolies, jusqu’à Istanbul. Le triangle amoureux prend des allures de tragédie. Celui qui ne voulait pas y aller n’en reviendra pas complètement.

Roman d'atmosphère, servi par une écriture tenue au plus près des sentiments, "Aux noces de nos petites vertus" nous entraîne dans une sorte de Jules et Jim balkanique et déroutant.

Notre-Dame des égarées
Alexandre Voisard

La couverture du livre "Notre-Dame des égarées" d'Alexandre Voisard.
La couverture du livre "Notre-Dame des égarées" d'Alexandre Voisard. [Editions Zoé]

Colmar, à l’aube du XX siècle, Hélène native du Midi et Karel le violoniste venu de l’Est donnent naissance à une petite Stella. Après de courtes années de bonheur, l’enfant meurt soudainement. Puis Hélène disparaît sur les traces de sa fille, qu’elle imagine toujours vivante. Karel décide de rejoindre le Rhône, fleuve de cœur d’Hélène, dans l’espoir de l’y retrouver.

Voisard puise à la double source du conte et de la poésie pour mener ce roman du dépouillement. À la suite du vagabond walsérien Karel, il nous entraîne à la rencontre des gens qui peuplent la route du Sud, l’abbé Viénot et son "eau de la vie", ou la famille Goldberg, au fils violoniste de génie.

>> Du 16 au 20 avril, Versus-lire (Espace 2) revient sur les six ouvrages en lice.

Publié le 15 février 2018 à 11:41 - Modifié le 14 mars 2019 à 16:53

A propos du Prix du Public RTS

Créé au milieu des années 1980, le Prix du public de la RTS (anciennement Prix des Auditeurs de la RSR) est remis chaque année au Salon international du livre et de la presse de Genève, comme ce fut le cas le samedi 2 mai 2015 sur le stand de la RTS.

Le prix, d'une valeur de 10'000 francs parrainé par la FNAC, récompense un/e auteur(e) suisse ou un/e auteur(e) étranger vivant en Suisse. Seuls les romans et les nouvelles sont retenus. Les ouvrages traduits en langue française sont les bienvenus.

Par contre, sont exclus de la sélection les ouvrages publiés à compte d’auteur et ceux émanant de collaborateurs(trices) de la SSR. Quant aux auteurs ayant déjà remporté le Prix du public de la RTS, ils ne peuvent y prétendre une nouvelle fois.

Le Prix est présidé depuis 2003 par Patrick Ferla.