La langue des signes, comment ça marche ?

La langue des signes n'est pas universelle, contrairement à l'idée reçue.
La langue des signes n'est pas universelle, contrairement à l'idée reçue. [Monika Wisniewska - Fotolia]
En langue des signes, comme pour les langues orales, chaque pays ou région a son propre vocabulaire et sa propre grammaire et son lexique est en constante évolution.

La langue des signes française (LSF) est la langue visuelle utilisée par les sourds et les malentendants francophones et leurs proches pour communiquer. Il s'agit d'une langue à part entière, avec son propre vocabulaire, sa propre syntaxe et sa propre grammaire.

Chaque signe-mot est produit en associant une position de la main et des doigts avec son emplacement par rapport au visage, aux bras ou au thorax, son mouvement, l’orientation de la paume des mains ainsi que de l’expression du visage.

Le lexique de la langue des signes est en perpétuel mouvement et n'a de cesse de s'enrichir, avec le besoin continuel de créer de nouveaux signes pour parler de contextes spécialisés auxquels les sourds ont de plus en plus accès, par exemple le milieu étudiant ou le monde médical. Il diffère selon les générations et s'adapte également en fonction du lieu de vie et des besoins du signeur.

Avec tout le corps

La langue des signes est une langue visuelle, ce qui signifie que le cerveau traite les informations linguistiques par le biais des yeux au lieu des oreilles. Cela implique également que les expressions du visage et les mouvements du corps jouent un rôle important pour transmettre les informations. Il est possible de signer sans expression faciale, ni mouvement du corps, mais avec le risque de transmettre un message confus pouvant troubler l'auditeur sourd.

Langue complexe

Certains signes de la langue des signes française (LSF) s'apparentent à des mimes pour des actions (manger, dormir, parler), des lieux (maison, montagne) ou des animaux (escargot, éléphant) et sont donc faciles à comprendre, même pour un non-locuteur. Certains sont également influencés par la langue française, comme le "v" de "vrai" ou le "s" de "soeur", par exemple.

On parle également d'orthosignes, inventés lorsqu'aucun signe n'existe pour définir quelque chose, par exemple pour nommer quelqu'un, en fonction d'un critère physique.

Ainsi, la langue des signes comporte un alphabet dactylographique, qui permet d'épeler des mots ou peut être utilisé lorsqu'aucun signe n'existe pour ce que l'on souhaite décrire, par exemple un prénom.

Régionalismes

La LSF s'adapte donc aussi à leur lieu de vie: il n'est donc pas rare que les signes utilisés varient d'un pays, d'une région ou d'un canton à un autre. Ces variantes régionales peuvent être comparées au phénomène des accents que l'on observe dans les langues orales. En Suisse romande, la manière de dire "tante" diffère par exemple de Vaud à Genève.

Ainsi, dans son dictionnaire trilingue de la langue des signes, la Fédération Suisse des Sourds intègre les différents "dialectes" régionaux. Pour la récolte de nouvelles expressions, les réunions de sourds sont régulièrement filmées, mais l'on décortique également le téléjournal.

Jessica Vial, RTS Découverte

Sources:Fédération Suisse des Sourds, RTS

Publié le 09 décembre 2014 à 16:24 - Modifié le 23 janvier 2015 à 15:18