Humaniser la psychiatrie : entre intentions et réalités

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RTS.Peinture présumée d'une patiente de l'hôpital psychiatrique de Bel Air à Genève en 1970

Introduction

Les années 1960 marquent un tournant dans l’histoire de la psychiatrie. De nouvelles approches dites “modernes” se développent au sein des hôpitaux. On y parle d’ergothérapie, de sociothérapie, de communauté thérapeutique et de psychothérapie institutionnelle. On cherche à déstigmatiser la folie, qui devient une «maladie comme une autre» et les équipes pluridisciplinaires œuvrent pour la guérison rapide et la réintégration du malade mental dans la société. C’est ce que nous racontent les films d’archives de la télévision suisse romande de l’époque. Pour la première fois, les équipes de journalistes de la TSR sont invitées à entrer dans les hôpitaux et à documenter leurs transformations tout au long des années 1960. Ce dossier propose une réflexion critique sur cette histoire filmée. Il invite à découvrir des extraits des films tournés à l’époque par les journalistes de la RTS et à écouter les paroles de différentes personnalités qui les ont commentées à la lumière de leur expérience et de leur connaissance dans le domaine des troubles psychiques.

Chapitre 1
Donner le «sentiment de liberté»

Rencontre avec André Repond, psychiatre

L’hôpital de Malévoz se situe à Monthey en Valais. Connu pour sa politique d’ouverture, il va être l’un des premiers hôpitaux à accueillir les caméras des équipes de la RTS. Dans cette première archive datant de 1959, André Repond, alors médecin-directeur de l’hôpital, explique au micro d’Alexandre Burger sa vision de la psychiatrie, une vision qui met l’humain au centre. André Repond œuvre pour l’amélioration des conditions d’accueil et de traitement des patient.e.s, notamment par une transformation en profondeur du cadre de vie dans l’institution.

C’est un besoin élémentaire de chaque individu que d’être reconnu comme valable

André Repond, 1959
L'hôpital psychiatrique de Malévoz en 1959 [RTS]
Edition Archives - Publié le 15 janvier 2024

Si l’ambition est d’améliorer la vie en psychiatrie pour toutes et tous, pour l’heure, il s’agit seulement de "donner le sentiment de liberté". Et cela ne s’applique qu’aux classes bourgeoises. En effet, dans ce film, nulle part nous dit-on que ces changements concernent seulement le pavillon des Muguets, qui prend en charge les patient.e.s les plus fortunés. L’historienne Catherine Fussinger, le psychiatre Philippe Rey-Bellet et la sociologue Cristina Ferreira racontent.

Ce qui est gommé là, c'est la question de la classe sociale.

Catherine Fussinger

L'analyse de l'historienne Catherine Fussinger:

Catherine Fussinger, historienne [Alexandra Tilman]Alexandra Tilman
La 1ère audio divers - Publié le 15 janvier 2024

"Il n'y avait pas que les perruches qui étaient enfermées à l'époque."

L’avis de Philippe Rey-Bellet, psychiatre, directeur médical de la Fondation de Nant.

Philippe Rey Bellet, psychiatre [Alexandra Tilman]Alexandra Tilman
La 1ère audio divers - Publié le 15 janvier 2024

"L’image est toujours partielle et partiale dans les discours médiatiques."

Le regard de Cristina Ferreira, sociologue, professeure à la Haute Ecole de santé Vaud.

Cristina Ferreira, sociologue [Alexandra Tilman]Alexandra Tilman
La 1ère audio divers - Publié le 15 janvier 2024

Chapitre 2
Montrer une autre image de l’hôpital psychiatrique : Une visite (très) guidée de l’institution

Générique de l'émission [RTS]

Plusieurs émissions réalisées entre 1960 et 1967, proposent aux téléspectatrices et téléspectateurs de découvrir les hôpitaux psychiatriques à travers des sortes de visites (très) guidées. On y montre les différents espaces et activités de l’institution, à la manière d’un film  promotionnel ayant pour objectif de déstigmatiser la maladie mentale et sa prise en charge. C’est le cas de deux films réalisés pour l’émission Progrès de la médecine. Le premier, diffusé en 1960, nous emmène à l'hôpital psychiatrique de Cery. Le générique lui-même rend compte de la relation étroite entre la Société médicale de la suisse romande et la télévision. Son titre « Le traitement moderne des maladies mentales » est également le titre d’une conférence de Hans Steck directeur de l’hôpital de Cery entre 1936 et 1960, comme nous l’explique l’historien François Vallotton, dans sa lecture de l’archive.

Visite à Cery

Hôpital de Cery, offrir un cadre agréable aux malades [RTS]
Edition Archives - Publié le 15 janvier 2024

Il y a déjà cette idée que la télévision donne à voir un lieu qui n’est pas accessible au public. (…) mais un lieu un peu vide car sans doute un peu factice.

François Vallotton

L'historien François Vallotton livre sa lecture de cette archive :

François Valloton, historien [Alexandra Tilman]Alexandra Tilman
La 1ère audio divers - Publié le 15 janvier 2024

On se réunissait clandestinement à l’intérieur de la clinique pour réfléchir à ce qu’on pouvait faire face à cette réalité.

Alain Riesen

Visite à Bel-Air

La seconde archive, datant de 1963, propose une visite de Bel-Air. Ce film a aujourd’hui perdu sa bande son. En voici quelques extraits.

La psychiatrie
Edition Archives - Publié le 15 janvier 2024

Alain Riesen, ergothérapeute ayant travaillé à Bel-Air entre 1966 et 1971 raconte ces lieux et se souvient de sa première journée de travail comme aide-soignant. Son récit soulève l’écart entre les réalités vécues et ce qui est montré à la télévision.

Alain Riesen, ergothérapeute [Alexandra Tilman]Alexandra Tilman
La 1ère audio divers - Publié le 15 janvier 2024

Chapitre 3
Améliorer les relations : le développement de la communauté thérapeutique

Infirmières en psychiatrie [TSR 1971]

Dans un contexte de remise en cause des violences institutionnelles, certains acteurs vont tenter de transformer en profondeur l’institution. C’est le cas de Jean Rey-Bellet, directeur de Malévoz en 1966, qui, à son tour, invite la télévision à franchir les murs de sa clinique.

Si ce reportage réalisé pour l’émission d’actualité Carrefour prend également la forme de la "visite guidée", le discours qui l’accompagne, est assez inédit. On y parle de "psychothérapie de groupe", de "communauté thérapeutique".  Les "thérapies douces", la physiothérapie, ou encore les promenades dans le parc, semblent tenir une place primordiale dans le traitement.

Malévoz
Edition Archives - Publié le 15 janvier 2024

Le fils de Jean Rey-Bellet, Philippe Rey-Bellet, psychiatre, Marie-Christine Roh, ancienne infirmière de Malévoz et Cristina Ferreira, sociologue, reviennent sur ces aspects innovants en soulignant parfois leur difficile mise en oeuvre.

C’était donner la parole au patient. On ne parlait plus pour lui. C’est lui qui parlait pour lui-même.

Marie-Chrstine Roh

Témoignage de Marie-Christine Roh, infirmière à Malevoz entre 1976 et 2018.

Marie Christine Roh, infirmière [Alexandra Tilman]Alexandra Tilman
La 1ère audio divers - Publié le 15 janvier 2024

"Il fallait restituer la dignité des malades par la possession de petits biens personnels. (…) Les patients étaient souvent déshérités et ne possédaient absolument rien."

La sociologue Cristina Ferreira.

Cristina Ferreira, sociologue [Alexandra Tilman]Alexandra Tilman
La 1ère audio divers - Publié le 15 janvier 2024

"Tout l'enjeu était de remettre les gens en activité, de lutter contre l'oisiveté."

Le psychiatre Philippe Rey-Bellet.

Philippe Rey Bellet, psychiatre [Alexandra Tilman]Alexandra Tilman
La 1ère audio divers - Publié le 15 janvier 2024

Chapitre 4
La promotion de la sectorisation

Les transformations des institutions sont liées à une politique en faveur de la sectorisation qui va se développer tout au long des années 1960 pour prendre un véritable essor dans les années 1970. L’enjeu est de favoriser la réinsertion dans la société, notamment par le travail, un travail à l’extérieur de l’hôpital. Dès 1964 La RTS en fait un sujet d’actualité à l’occasion de l’inauguration du premier centre psychosocial de Genève.

Un centre psychosocial
Edition Archives - Publié le 15 janvier 2024

Cristina Ferreira : " Cette psychiatrie sociale qui se développe (…) est un trend de l’époque. Il faut rapprocher l’hôpital de la ville pour éviter la ségrégation territoriale, symbolique et identitaire qui était une vraie hantise. »

Cristina Ferreira, sociologue [Alexandra Tilman]Alexandra Tilman
La 1ère audio divers - Publié le 15 janvier 2024

Alain Riesen : "Le grand changement c’est de considérer la personne comme étant (...) capable  de rétablissement, capable d’avoir un pouvoir d’agir sur sa vie, et il faut l'accompagner dans ce processus."

Alain Riesen, ergothérapeute [Alexandra Tilman]Alexandra Tilman
La 1ère audio divers - Publié le 15 janvier 2024

Chapitre 5
Circuler librement : aussi bien pour les patient.e.s que pour les journalistes

L'hôpital psychiatrique de Malevoz

En 1967, l’hôpital de Malévoz devient le premier hôpital "ouvert" de Suisse. Une expérience unique dans l’histoire des institutions psychiatriques helvétiques. Si beaucoup d’écrits reviennent sur cette histoire (voir la note bibliographique), on ne trouve guère de traces télévisuelles qui montrent spécifiquement ce moment. Dans le film, intitulé Pour guérir... Le malade mental et ses rapports avec la société, tourné à Malévoz cette même année 1967, il faut prêter attention à la parole du journaliste  qui précise : "nous avions accès partout, sans être guidés par personne" et : "les portes sont ouvertes, il n’y a pas de gardien". La parole est directement donnée aux patient.e.s dans le respect de l’anonymat imposé par la direction. Caméra au poing, micro autour du cou, nous nous rapprochons du "cinéma direct". La forme du film reflète la politique d’ouverture exceptionnelle de l’établissement.

Malévoz, 1967
Edition Archives - Publié le 15 janvier 2024

"Mon père avait pris l’habitude de se promener sans clés. Comme ça il pouvait voir si les portes étaient vraiment ouvertes."

Philippe Rey-Bellet, à propos de son père Jean Rey-Bellet.

Photogramme 1 Philippe Rey Bellet
La 1ère audio divers - Publié le 15 janvier 2024

"Nous n’avions pas de chambres capitonnées, pas de chemises de contention. C’était parfois contraignant pour les équipes surtout pour les infirmiers qui arrivaient d’autres cultures, d’autres écoles."

Marie-Christine Roh, infirmière à Malévoz entre 1976 et 2018.

Marie Christine Roh, infirmière [Alexandra Tilman]Alexandra Tilman
La 1ère audio divers - Publié le 15 janvier 2024

Chapitre 6
La question de la peur et de la dangerosité réactivée

Nous espérons, cher public, que vous considérerez le malade psychiatrique comme un frère à qui il faut tendre la main.

Alfred Bader, médecin adjoint de l’hôpital de Cery en 1965

Tout au long des années 1960, les réalisateurs de la RTS (nulle femme ne semble en avoir réalisé, notons-le) vont produire des reportages qui tentent de battre en brèche les préjugés à l’égard des personnes souffrant de troubles psychiques. Les journalistes interrogent les habitants de Monthey à propos de l’hôpital psychiatrique de Malévoz en 1967, donnent la parole aux infirmières et aux équipes soignantes et principalement aux médecins comme Alfred Bader qui, en 1965, s’adresse directement aux téléspectatrices et téléspectateurs. Les grandes absentes sont les personnes hospitalisées, celles, nous dit-il, dont on ne peut pas encore montrer les visages à cause du poids de la stigmatisation qui demeure.

Le psychiatre Alfred Bader en 1965 [RTS]
Edition Archives - Publié le 15 janvier 2024

Si la peur de la folie a toujours existé, la question de la dangerosité ne se posait pas vraiment lorsque les personnes étaient enfermées à vie. Avec l’ouverture des hôpitaux et la multiplication des liens entre le "dedans" et le  "dehors" la notion de dangerosité et de peur à l’égard de la folie est réactivée. C’est ce qu’explique Alain Riesen à partir du visionnage de ces archives.

L’espace clos génère des mécanismes intrinsèques de violence.

Alain Riesen
Alain Riesen, ergothérapeute [Alexandra Tilman]Alexandra Tilman
La 1ère audio divers - Publié le 15 janvier 2024

Philippe Rey-Bellet raconte comment le fait de côtoyer les personnes vivant avec des handicaps et des troubles psychiques fait disparaître les appréhensions et les préjugés à leur égard, préjugés qui sont contredits par les chiffres sur la criminalité. En même temps dit-il, la politique de destigmatisation et d’inclusion des personnes souffrant de troubles psychiques ne doit pas faire effacer les réalités de l’univers psychiatrique.

Philippe Rey-Bellet : "En psychiatrie, on se retrouve face à des choses qui sont dures. Ce n’est pas une image d’Epinal. C’est un aspect qu’on ne peut pas scotomiser."

Philippe Rey Bellet, psychiatre [Alexandra Tilman]Alexandra Tilman
La 1ère audio divers - Publié le 15 janvier 2024

Chapitre 7
Complexité et liberté

Dans un entretien diffusé en 1970, Julian de Ajuriaguerra, alors directeur de l’hôpital de Bel-Air à Genève, interroge le sens de la notion de liberté en psychiatrie. Une interrogation qui s’inscrit dans la remise en cause profonde de la psychiatrie par les fondateurs du courant de de la psychothérapie institutionnelle d’après-guerre.

La première phase de cette évolution était de modifier le cadre et de ne pas considérer que la répression par crainte ou la répression par la loi était un moyen thérapeutique.

Julian de Ajuriaguerra
La psychiatrie, médecine de la liberté
Edition Archives - Publié le 15 janvier 2024

La notion de liberté versus enfermement va irriguer le débat politique tout au long des années 1960-70. C’est un "paradoxe" du soin psychiatrique avec lequel il faut composer au quotidien lorsque l’on travaille en hôpital raconte Philipe Rey-Bellet en écho à la parole d’ Ajuriaguerra.

Notre travail de médecin c’est d’être des médecins de la liberté pas de l’enfermement. (…) Une psychiatrie ouverte ne veut pas dire une psychiatrie sans contrainte.

Philippe Rey-Bellet
Philippe Rey Bellet, psychiatre [Alexandra Tilman]Alexandra Tilman
La 1ère audio divers - Publié le 15 janvier 2024

Plus loin dans l’émission les journalistes filment la clinique de La Borde en France, alors dirigée par Jean Oury. L’ergothérapie et la sociothérapie y sont fortement développées et associées à une psycho-dynamique qui se base sur la liberté de circulation et la participation constante à la vie sociale et collective.

Ici les patientes et patients sont filmé·e·s de face, en plan rapproché, en entretien et dans diverses activités. Ces images sont uniques dans le paysage télévisuel sur la psychiatrie.

La Borde
Edition Archives - Publié le 15 janvier 2024

Chapitre 8
Conclusion : d'hier à aujourd'hui

Si des histoires comme celles de Malévoz ou de la clinique de La Borde font office d’exceptions dans le paysage de la psychiatrie, le courant de pensée qu’est celui de la psychothérapie institutionnelle va laisser des traces et fortement influencer le rapport au soin et à l’accompagnement des personnes vivant avec des troubles psychiques, dans et au-delà de l’institution.

Aujourd’hui, la question de l’articulation entre la “fin de l’asile” et l’accompagnement des personnes vivant avec des troubles psychiques s’inscrit dans la problématique plus générale de l’inclusion, une problématique qui se heurte à de multiples obstacles, notamment économiques, comme nous l’expliquent pour conclure, Cristina Ferreira et Alain Riesen.

C’est une parenthèse extrêmement rare.

Cristina Ferreira
Cristina Ferreira, sociologue [Alexandra Tilman]Alexandra Tilman
La 1ère audio divers - Publié le 15 janvier 2024

Il faut fermer ces grands hôpitaux mais on ne peut pas les fermer sans créer autre chose.

Alain Riesen
Alain Riesen, ergothérapeute [Alexandra Tilman]Alexandra Tilman
La 1ère audio divers - Publié le 15 janvier 2024

Chapitre 9
Liste des archives

VIDEO 1 – Actualités, Vie moderne et santé mentale, 1959

VIDEO 2 – Progrès de la médecine, Le traitement moderne des maladies mentales : une visite à l'hôpital de Cery, 1960

VIDEO 3 – Progrès de la médecine, La psychiatrie, 1963 (archive muette)

VIDEO 4 – Carrefour, 1966

VIDEO 5 – Carrefour soir information, Problèmes et solutions, 1964

VIDEO 6 – Jeunes aussi, Pour guérir...Le malade mental et ses rapports avec la société, 1967

VIDEO 7 – Extrait 1 - Jeunes aussi, Pour guérir...Le malade mental et ses rapports avec la société, 1967 – Extrait 2 Madame TV, 1967, Extrait 3 - Progrès de la médecine, Expression artistique en psychiatrie, 1965

VIDEOS 8 et 9– Dimensions, Psychiatrie: Science, parole et liberté, 1971

Chapitre 10
Références

Federico Dotti, La remise en question de la psychiatrie : du mouvement de l’antipsychiatrie aux groupes militants dans la Genève des années 1970, mémoire de maîtrise, université de Genève, 2015.

Catherine Fussinger, «"Elements pour une histoire de la communauté thérapeutique dans la psychiatrie occidentale de la seconde moitié du 20ème siècle", Gesnerus, n067/2, 2010, 64-103.

Cristina Ferreira, Ludovic Maugué, Sandrine Maulini, L’homme bus. Une histoire des controverses psychiatriques (1960-1980).

Cristina Ferreira, Ludovic Maugué et Sandrine Maulini, "L’assistance contrainte dans le canton du Valais : le rôle politique de l’hôpital psychiatrique de Malévoz de l’entre-deux-guerres à 1990", Vallesia , LXII, 2017.

SICARD Marion, PARIZOT Suzanne, "Interview d'Alain Riesen", L'information psychiatrique, 2014/6 (Volume 90), p. 493-501. DOI : 10.1684/ipe.2014.1226. URL : https://www.cairn.info/revue-l-information-psychiatrique-2014-6-page-493.htm

Cinéma et psychiatrie en suisse et en europe, Autour des collections Waldau – Un projet FNS 2021-2025, direction Mireille Berton, https://waldau.hypotheses.org/

HandiRTSArchives 1950-2018 ( FNS n°10001A_184972), direction Anne Marcellini, https://wp.unil.ch/handirtsarchives/

Sur les chemins de l’inclusion, un projet Agora (FNS n° (CRAGP1-208398/1)), direction Anne Marcellini, https://cheminsinclusion.ch/