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Climat : l’Histoire des sociétés apporte un éclairage nouveau

Reconstitution des températures de l'Antiquité à nos jours [Bert Kaufmann  - Wikipedia]
Reconstitution des températures de l'Antiquité à nos jours [Bert Kaufmann - Wikipedia]
A l’image des événements du petit-âge glaciaire, entre le XIVème et le XIXème siècle, les changements climatiques sont souvent associés à des situations de famine, des crises ou des guerres. Une équipe de l’Institut Max Plank montre que les sociétés ont parfois réussi à s’adapter aux situations. Ce qui peut servir d’enseignement.

Les manuels d’Histoire nous apprennent que les changements climatiques ont souvent eu des conséquences dramatiques : exemples parmi d'autres le terrible hiver 1708-1709 qui a fait plusieurs centaines milliers de morts en Europe, ou les conditions météorologiques déplorables du printemps 1789 qui ont été l’un des facteurs-clé de la révolution française.

Des chercheurs en archéologie, géographie, histoire et paléoclimatologie de l’Institut Max Plank montrent cependant que les sociétés ont fait preuve de réelles capacités d’adaptation parallèlement à ces événements. Leur étude se base sur des cas survenus pendant le petit âge glaciaire de l'Antiquité tardive, au VIème siècle, ou encore pendant le petit âge glaciaire, entre le XIVème et le XIXème siècle.

Reconstitution des températures de l'Antiquité à nos jours. En bleu le petit`Âge glaciaire de l'Antiquité tardive (LALIA) [ Ulf Büntgen - wsl-junior.ch]Reconstitution des températures de l'Antiquité à nos jours. En bleu le petit`Âge glaciaire de l'Antiquité tardive (LALIA) [ Ulf Büntgen - wsl-junior.ch]

Cas de résilience pendant l’antiquité déjà

Des reconstitutions environnementales utilisant des sédiments lacustres, des dépôts minéraux dans des cavités naturelles et d'autres données indirectes montrent une augmentation des précipitations hivernales, associées à des périodes de froid, entre le Vème siècle et le VIIème siècle. De manière générale, cette période a été favorable à la famine et à la peste, notamment sous le règne de Justinien (empereur byzantin de 527 à 565). Elle marque également l’abandon l'Est de l'Europe actuelle par les romains.

Mais parallèlement, les données polliniques et les études archéologiques de surface révèlent que l'agriculture céréalière et les activités pastorales ont prospéré grâce à l'augmentation des précipitations en Méditerranée orientale, et que de nombreux établissements ont gagné en densité et en superficie.

De nouvelles pratiques économiques ont également permis aux biens de circuler plus facilement entre les communautés, faisant profiter les consommateurs de l'augmentation de la production agricole. Les investissements se sont également dirigés la construction de barrages et d'autres infrastructures permettant aux agriculteurs de gérer l'eau plus efficacement.

"Nous voulions comprendre pourquoi tant de recherches dans ce domaine étaient axées sur les catastrophes et comment nous pourrions encourager davantage de recherches sur les stratégies qui ont permis aux populations passées de faire face au changement climatique", explique Dagomar Degroot, professeur associé d'histoire environnementale à l'université de Georgetown et premier auteur de l'étude.

Vestige d'une propriété agricole en Syrie, datant du petit Âge glaciaire de l'Antiquité tardive [Vestige d'une propriété agricole en Syrie, datant du petit Âge glaciaire de l'Antiquité tardive - mpg.de]Vestige d'une propriété agricole en Syrie, datant du petit Âge glaciaire de l'Antiquité tardive [Vestige d'une propriété agricole en Syrie, datant du petit Âge glaciaire de l'Antiquité tardive - mpg.de]

"L'histoire de la réussite de la Méditerranée orientale romaine tardive montre que des conditions climatiques défavorables ne conduisent pas nécessairement à l'effondrement ou à des difficultés sociales. Cette société bien organisée et pleine de ressources était capable de s'adapter et d'exploiter les nouvelles opportunités", explique Adam Izdebski de l'Institut Max Planck pour la science de l'histoire humaine.

On peut parler de source de réflexion pour les générations à venir.

Philippe Jeanneret

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