Changer de métier pour retrouver du sens

Tout plaquer et recommencer sa vie professionnelle à zéro, quitte à choisir un métier moins prestigieux ou lucratif que sa formation initiale, mais plus en phase avec sa passion et ses envies: portraits de Romands qui ont osé franchir le pas.

Régis, universitaire devenu barman après sa thèse

Une thèse en sciences sociales à l'Université de Lausanne, un post-doctorat, plusieurs années de recherche.... Le CV de Régis Scheidegger est brillant mais, il y a sept ans, la soif de liberté a été plus forte pour lui que le prestige d'une carrière académique.

Il s'est mis à vendre des burgers durant quatre ans, puis des bières artisanales, jusqu'à l'ouverture d'un nouveau bar au centre-ville de Lausanne. Il dit y avoir trouvé sa place.

"On travaille à fond mais en même temps, on s'amuse. On discute avec les gens. On leur offre un peu de bonheur en générant cette atmosphère qui est particulière au bar et que j'affectionnais aussi en tant que client."

Régis admet que son salaire a été "divisé par trois" mais dit apprécier autre chose, notamment le temps libre dont il bénéficie. Et il n'est pas un cas isolé: parmi ses collègues actuels, tous ont fait une réorientation professionnelle.

>> Voir le reportage de Joëlle Rebetez:

De docteur à barman: le portrait de Régis Schneider qui a décidé de changer de vie [RTS]
12h45 - Publié le 27 novembre 2017

Alexandre, ex-trader devenu décorateur

Alexandre Boyer crée des décors extravagants dans sa caverne qui regorge de centaines d'objets.

Mais Alexandre n'a pas toujours été décorateur, loin de là puisqu'il se frottait aux loups de la finance en tant que courtier sur les marchés des taux d'intérêt.

Après 10 ans d'une vie de trader entre Paris et New York, "Merlin l'Enchanteur" arrive à Lausanne et se reconvertit dans une activité plus en phase avec sa créativité, son envie de se réinventer "à l'instinct".

>> Voir le reportage de Cynthia Gani:

Un trader abandonne son emploi pour devenir décorateur [RTS]
12h45 - Publié le 28 novembre 2017

Isabelle, ex-avocate devenue tapissière

Avant, Isabelle Von Bredow était avocate dans le service juridique d’une régie genevoise. Elle est désormais tapissier dans son propre atelier à Nyon (VD).

La passion du travail manuel habite cette quadragénaire depuis toujours mais, dans sa famille, on encourage vivement la voie universitaire. Alors elle a choisi le droit, un peu par défaut.

Avant sa reconversion radicale, il y a huit ans. Si Isabelle mène aujourd'hui une vie moins confortable financièrement, aucun regret à l’horizon.

"J’ai toujours aimé le dessin, le modelage, évidemment c’est bien différent de ce que je faisais avant mais là le résultat est concret, les heures passent plus vite ici que dans un bureau...", souligne-t-elle.

>> Voir le reportage de Cynthia Gani:

Portrait d'une avocate reconvertie dans la tapisserie [RTS]
12h45 - Publié le 29 novembre 2017

"Il y a un gain symbolique" dans une reconversion professionnelle volontaire

Il existe deux profils types de reconversion professionnelle selon le sociologue Marc Perrenoud, spécialiste des parcours professionnels à l'Université de Lausanne. Ces profils cherchent à retrouver du sens dans leur rapport au travail.

Dans le premier cas, il s'agit d'individus très diplômés, qui occupent un emploi hautement rémunérateur, mais qui ont le sentiment de "perdre leur vie à la gagner".

Dans le second cas, on parle d'individus au niveau de formation moindre, qui occupent des métiers plus pénibles, et se reconvertissent dans des emplois qui font davantage de sens pour les autres, comme les métiers du soin.

Pour Marc Perrenoud, il ne s'agit pas d'un "déclassement" au sens propre. Bien que ces reconversions impliquent la plupart du temps une perte de revenus, donc une forme de déclassement économique, elles sont aussi souvent assorties d'un "gain symbolique".

L'avis du sociologue sur les reconversions professionnelles [RTS]
L'actu en vidéo - Publié le 28 novembre 2017

Le grand format du 19h30

Reconversion professionnelle: moins d'argent pour une meilleure qualité de vie [RTS]
19h30 - Publié le 29 novembre 2017