Modifié le 15 juillet 2019 à 10:13

"Par les temps qui courent", pièce satirique sur la course folle du monde

L'affiche du spectacle "Par les temps qui courent".
L’invitée du 12h30 - Nalini Menamkat présente sa pièce "Par les temps qui courent" L'invité du 12h30 / 8 min. / le 12 juillet 2019
Trois amis se retrouvent vingt ans après et se confrontent à leurs rêves d'enfants. La compagnie L'instant d'un espace présente sa nouvelle création "Par les temps qui courent", une pièce satirique sur notre monde toujours plus exigeant et compétitif.

"Prendre le temps", "tuer le temps", "gagner du temps", "de temps en temps", "un temps précieux"... ces expressions nous les utilisons plusieurs fois par jour sans nous rendre compte du poids des mots.

"Par les temps qui courent", co-écrite par Isaline Ruata, Florent Gaillard et Nalini Menamkat, qui signe aussi la mise en scène, raconte avec ironie et tendresse la course au temps, à la carrière et à la rentabilité de trois amis confrontés à leurs rêves d'enfants.

Trois amis, trois destins parallèles

Juliette, Jacques et Joséphine prennent chacun leur propre direction. Leurs chemins se séparent à la fin d'un été, la vie les plonge dans le tourbillon des problèmes d'adultes.

A force de tout faire pour répondre aux exigences de la vie, tout fini par éclater. Les trois amis se retrouvent, après plus de vingt ans, dans un centre de coaching censé les remettre sur les rails. Ces retrouvailles forcées vont leur permettre de renouer avec le goût de la liberté.

A l'instar de leurs héros, les auteurs du spectacle Isaline Ruata, Florent Gaillard et Nalini Menamkat sont amis depuis plus de vingt ans. Ils partagent ensemble la passion du théâtre. Le temps, était une thématique à explorer pour la Compagnie L'instant d'un espace qui ne savait pas vraiment comment aborder cette frénésie que l'on ressent. Les trois auteurs ont décidé de s'emparer chacun d'un personnage et de croiser ces trois destins.

Une critique de notre rapport au temps

Cette course contre la montre, le sentiment d'être parfois dépassé, c'est ce dont voulait parler la compagnie de théâtre vaudoise.

Il y a aussi quelque chose de paradoxal. Avec cette course un peu absurde, on invente plein de moyens de gagner du temps. Mais que fait-on avec tout ce temps qu'on a gagné? Des fois, on ne sait plus très bien.

Nalini Menamkat, co-autrice et metteuse en scène du spectacle

Critique du virtuel et des nouvelles technologies, le spectacle n'épargne pas non plus le journalisme et la politique, parce que notre rapport au temps a changé. Notre consommation de médias aussi, explique Nalini Menamkat au micro de la RTS: "Dans ma consommation de médias, j'ai aussi un rapport addictif aux flux continus, par exemple. Il y a une espèce de course. Il faut tout le temps suivre ce qui se passe dans le monde".

Faire le deuil de ses rêves d'enfant

Véritable radiographie de notre monde contemporain, la pièce parle aussi de nos rêves d'enfant déçus, de ce qu'on a abandonné ou oublié parfois. "Je pense que les parents vivent un dilemme aujourd'hui. Il faut tout le temps maximiser le potentiel de ses enfants dans un monde ultra compétitif. Ils doivent à la fois rentrer dans la norme et en même temps être exceptionnels", explique Nalini Menamkat.

"Par les temps qui courent", un spectacle pour rendre compte de ce que l'on voit, prendre de la distance et prendre du temps pour contempler notre société.

Propos recueillis par Yves Zahno/ld

"Par les temps qui courent" à voir à Perroy dans la cour du Prieuré jusqu'au 27 juillet.

Publié le 15 juillet 2019 à 10:12 - Modifié le 15 juillet 2019 à 10:13