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La musique au féminin pluriel se découvre en ligne

Des sites internet mettent à disposition des ressources et informations pour faire connaître les compositrices et musiciennes méconnues ou oubliées. [Deposit]
La musique au féminin plurielles / L'écho des pavanes / 15 min. / le 10 mars 2021
Pour visibiliser et promouvoir les compositrices et musiciennes méconnues ou oubliées, des sites internet mettent à disposition de nombreuses ressources et informations. Tour d'horizon de ces platesformes qui mettent en lumière la création musicale féminine.

Connaissez-vous Maddalena Casulana, Teresa Carreño ou Maggie Nicols? La première, luthiste, chanteuse et compositrice italienne de la fin de la Renaissance a été la première compositrice occidentale qui a vu ses œuvres publiées au XVI siècle. La seconde, pianiste vénézuélienne virtuose de renom, était également une compositrice réputée. Et la troisième, chanteuse et improvisatrice écossaise, a joué dans des groupes féministes de free jazz dont le Feminist Improvising Group ou l’ensemble Meet Your Feet.

Pour découvrir ces artistes ainsi que de nombreuses autres compositrices d’hier et d’aujourd’hui, plusieurs associations ont créé des platesformes qui mettent en lumière la création musicale féminine.

Commençons par "Demandez à Clara", un clin d’œil à Clara Schumann, pianiste et compositrice, dont la musique a été éclipsée par celle de son époux, Robert. Lancée en 2020 par Présences Compositrices, association fondée par la claveciniste Claire Bodin, cette plateforme contient une immense base de données qui regroupe à ce jour 11295 œuvres de 1086 compositrices.

>> A lire aussi: "Demandez à Clara", un site qui met à l'honneur les compositrices

Que ce soit par nom, titre, instrument, pays ou époque, le moteur de recherche dévoile des créatrices dont la musique attend, telle un génie cloîtré dans une lampe, d'être délivrée de l’oubli et programmée dans des salles de concert. Le site est collaboratif: tout le monde peut suggérer des noms de compositrices ou des œuvres qui sont ensuite validées et éditées par les musicologues et musiciens associés au projet.

>> A découvrir également, notre grand format Composer au féminin

Programmer des compositrices contemporaines

Vous avez envie de jouer une pièce d’une compositrice contemporaine, mais la partition n’a pas été publiée? Jetez un coup d’œil au site de l’association musicale féministe ComposHer, qui vous aidera à monter votre projet. De l’édition de la partition par une équipe de musiciennes bénévoles aux conseils de programmation et de production, l’équipe de ComposHer propose un accompagnement aux ensembles qui désirent intégrer à leurs programmes des œuvres de compositrices.

ComposHer publie également des critiques d'albums, des articles sur les inégalités femmes/hommes dans le milieu de la musique classique ainsi que des playlists classées par formation instrumentale, par compositrice ou par époque, dont le "Baroque Italien" qui dévoile des œuvres fascinantes d’Isabelle de Médicis, Eleonora Orsini ou Isabella Leonarda.

Transformer la société

Sur le terrain des musiques actuelles, la plate-forme The Women's Liberation Music Archive lève le voile sur l’histoire des groupes féminins de jazz, rock, pop, punk britannique et irlandais des années 1970 et 1980. Marquées par de nombreuses formes d’activisme culturel, ces années voient l’éclosion de multiples formations féministes qui expriment leurs idées et leurs convictions sur les scènes et dans les rues.

Sur la plateforme, l’histoire de ces musiciennes et de ces groupes est racontée à travers de nombreux documents d’archives: affiches de concerts, photos, flyers, coupures de presse et des liens permettant d’écouter la musique de ces formations.

En nous perdant entre les pages de ce site foisonnant, on découvre, par exemple, Jam Today, un groupe de jazz-funk qui s’est produit sur les scènes britanniques entre 1976 et 1978.  Jam Today militait pour les droits des femmes, désirant transformer, plutôt que de simplement réformer, la société. Leurs chansons parlaient de liberté, d'indépendance financière et de sororité, n’hésitant pas à tacler au passage des groupes pop autrement plus romantiques de leur époque avec le titre "Love Isn’t Enough".

Anya Leveillé/mh

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