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"The Land Within" plonge au cœur des traumatismes du Kosovo

Fisnik Maxville. [© Nikita Thévoz - Libre de droits]
Un film fantastique sur les charniers du Kosovo au festival de film de Soleure: interview de Fisnik Maxville / Forum / 5 min. / le 8 janvier 2023
Premier long métrage de Fisnik Maxville, "The Land Within" relate l'histoire d'un Kosovar ayant grandi en Suisse qui revient dans son pays pour aider sa cousine à exhumer des corps d'un charnier contenant des membres de la famille. Le film est en lice pour le Prix de Soleure.

Prix du meilleur film lors du dernier Festival Black Nights de Tallinn, "The Land Within" ("La terre intérieure") est le premier long métrage de fiction de Fisnik Maxville, connu pour ses documentaires "Nostromo", "Zvicra" et "Fin de partie". Le réalisateur y révèle les traumatismes du Kosovo, mais offre aussi une image de la culture du pays, de ses traditions, de ses coutumes et de son histoire.

Le film, coproduit par la RTS, raconte l'histoire de Remo qui, après des années en exil en Suisse, retourne en 2008 au Kosovo, son pays natal. Sa mission est d’aider sa cousine adoptive, Una, à exhumer un charnier où une grande partie de leur famille a été enterrée pendant la guerre. Les corps révèlent des secrets de famille qui forcent Remo et Una à remettre en question leur avenir.

>> A voir: la bande-annonce du film

Une part de fantastique

Long métrage fictionnel, "The Land Within" contient une dimension fantastique et surnaturelle. Ce procédé permet au réalisateur de rendre sa fiction plus universelle, en convoquant le sensoriel plutôt que le factuel. "J'ai grandi avec des films venus des Balkans qui racontent un drame social souvent raconté de façon très terre à terre, livre à la RTS Fisnik Maxville. Dans mon film, j'ai voulu insérer des éléments qui touchent au cinéma de genre, presque horrifiques, comme la présence de loups ou une paranoïa commune qui se développe dans le village pendant que la fosse commune est déterrée."

"The Land Within" a été tourné au Kosovo avec les plus grandes stars du pays. Les dialogues sont en albanais, et pourtant c'est un film suisse. "Il raconte une histoire de là-bas, mais se rapporte à notre histoire à nous, ici. C'était important d'amener au public suisse un film qui lui est finalement très proche", précise le réalisateur, lui-même d'origine kosovare et réfugié en Suisse durant son enfance.

"Ayant grandi ici, il était impossible d'imaginer qu'un film à l'affiche en Suisse puisse être en albanais, avec le nom des acteurs en albanais, relève le diplômé de l'ECAL. J'espère que cela va susciter un peu d'engouement de la part du public albanophone en Suisse, mais pas seulement."

Propos recueillis par Renaud Malik

Adaptation web: Melissa Härtel

"The Land Within", de Fisnik Maxville, à voir au Landhaus de Soleure dans le cadre des Journées de Soleure, le 21 janvier à 20h.

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Des films romands bien présents à Soleure

Les Journées de Soleure, qui ouvrent leurs portes ce mercredi, se tiennent jusqu'au 25 janvier. L'an dernier, près de la moitié des 78 longs métrages étaient romands. Cette année, la proportion est de près d'un tiers pour les longs métrages et les séries, a indiqué Niccolò Castelli, le nouveau directeur artistique du festival de cinéma, à Keystone-ATS. Pour les courts métrages, la proportion grimpe à près de 50%.

Les jeunes réalisateurs romands qui sortent des écoles, la HEAD de Genève ou de l'ECAL à Lausanne, font preuve de beaucoup d'originalité, estime le réalisateur tessinois de 41 ans. Selon lui, les cinéastes romands développent les formes que le cinéma suisse aura à l'avenir.

Plusieurs films romands figurent dans la catégorie Opera Prima (premiers longs métrages) comme "Peripheric Love", tourné en Italie par le réalisateur romand Luc Walpoth. Giorgio est stérile. Malgré tout, Maria tombe enceinte. Un miracle divin? Dépassés par ce bonheur inattendu, les deux protagonistes se consolent par des amourettes passagères.

Il cite ensuite "Foudre", tourné en Valais par Carmen Jaquier. En 1900, après la mort de sa sœur, Elisabeth quitte son couvent. Elle découvre alors avec ses amis d’enfance que foi peut rimer avec désir. Mais à quel prix?

Dans la catégorie le Prix de Soleure, il mentionne "Big little woman", réalisé par la Genevoise Nadia Farres. Ce film dépeint trois générations de femmes, leur révolte et leur transgression des interdits patriarcaux. La réalisatrice revient à ses racines qui la lient à l’Egypte et à la Suisse.

Le directeur artistique rappelle aussi la forte proportion de co-productions parmi les films romands qui veulent être vus à l'international. Ursula Meier, qui vient présenter "La ligne" (Panorama) sélectionné lors de la dernière Berlinale et actuellement dans les salles romandes,, en est un exemple.

>> A lire également: La guerre et les droits de l'homme au coeur des prochaines Journées de Soleure

Le chef éclairagiste André Pinkus reçoit le Prix d'honneur

Le chef éclairagiste André Pinkus, co-fondateur du collectif de techniciens de cinéma FTK, reçoit le Prix d'honneur 2023 des Journées de Soleure. Honorant des personnalités helvétiques ayant marqué de manière particulière la culture cinématographique suisse, ce prix est doté de 10'000 francs.

En 1980, André Pinkus a co-fondé le FilmtechnikerInnenkollektiv (FTK), une entreprise qui compte aujourd'hui parmi les plus importants fournisseurs de productions cinématographiques suisses.

Le Zurichois a participé à plus de 40 productions cinématographiques et a travaillé entre autres avec les réalisateurs Kurt Früh, Markus Imhof, Alain Tanner, Sabine Boss ou Léa Pool. Lors des 58e Journées de Soleure, deux films éclairés par André Pinkus seront à découvrir: "Emporte-moi" (Léa Pool, 1999) et "Dani, Michi, Renato & Max" (Richard Dindo, 1987).