Modifié le 18 octobre 2016

Pierre Terrasson, un oeil sensible du rock des années 80 exposé à Vevey

La chanteuse Nina Hagen par Pierre Terrasson, en 1982.
Rencontre avec Pierre Terrasson Paradiso / 39 min. / le 10 octobre 2016
Photographe de la scène rock française et internationale dès les années 1980, Pierre Terrasson a immortalisé tant Gainsbourg et Bashung que James Brown et Mick Jagger. Entretien dans "Paradiso" en marge d'une exposition à Vevey.

"Only 80's", annonce le titre de la première exposition de l'Association Vevey Image(s) Limited. Consacré au photographe parisien Pierre Terrasson, l'accrochage s'offre un témoin aussi privilégié qu'incontournable de la scène rock française et internationale depuis les années 80.

Le Français a immortalisé tant Serge Gainsbourg et Alain Bashung que James Brown et Mick Jagger. Devant son objectif ont encore défilé les Cramps et les Ramones, Tina Turner et Nina Hagen, Tom Waits et Lou Reed, The Cure ou les Clash et quantité d'artistes désormais emblématiques de la galaxie rock.

D'étoile montante de la photo à l'aube des eighties, Pierre Terrasson termine la décennie en référence. Il réalise de nombreuses pochettes d'albums vinyles, singles, cd, dvd et des affiches. La presse rock le publie, Rock & Folk, Paroles et Musiques, Rolling Stones VSD, Marianne, le Nouvel Obs.

 

"J'aime les gens différents, excentriques"

Sa relation complice avec Gainsbourg et Gainsabarre à la fois le voit surtout s'immiscer derrière presque tous les portraits d'un chanteur qui avait le goût - ça tombe bien - de la mise en scène, se passionnait comme Terrasson pour la peinture et fumait comme lui trois paquets de cigarettes par jour.

Terrasson aime avant tout les personnages excentriques et explicite ainsi dans "Paradiso" sa fascination pour la culture rock des eighties qu'il traverse à toute vitesse, en apôtre zélé: "La musique est un langage différent. Je pensais dans les années 80 que les musiciens étaient en tout cas des gens engagés et qui pouvaient faire bouger les choses, à l'image du punk par exemple. En ce sens, les musiciens sont des gens différents. De façon générale, j'ai toujours aimé les gens différents, excentriques".

Des nombreux marginaux, maudits et futurs stars établies qu'il croisera, artistes ou rockers, il tirera aussi quelques ouvrages marquants: de Téléphone à Daniel Darc via la mouvance post-punk.

Olivier Horner

Publié le 18 octobre 2016 - Modifié le 18 octobre 2016