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L'énigmatique vie moderne d'Edward Hopper à la Fondation Beyeler

La Fondation Beyeler célèbre la rencontre entre Edward Hopper et Wim Wenders.
La Fondation Beyeler célèbre la rencontre entre Edward Hopper et Wim Wenders. / 19h30 / 2 min. / le 26 janvier 2020
La Fondation bâloise présente un ensemble d’œuvres du peintre Edward Hopper (1882-1967), chef de file du réalisme américain. L'accent a été mis sur ses immenses étendues naturelles et ses paysages urbains des Etats-Unis.

Il y a dix ans, à Lausanne, l'exposition consacrée à Edward Hopper avait entraîné une fréquentation record à l’Hermitage. Et à Paris, en 2012, la rétrospective consacrée au maître américain avait dépassé en influence Picasso et même Monet. La Fondation Beyeler connaîtra-t-elle le même succès alors que la Suisse alémanique ne l'a encore jamais exposé? Dès le 26 janvier, elle présente un ensemble d'oeuvres du chef de file du réalisme américain, qui a su si bien exprimer la solitude des humains et la déshumanisation des villes. Ses toiles iconiques ont par ailleurs largement inspiré l'imaginaire cinématographique.

L’exposition bâloise, organisée en coopération avec le Whitney Museum of American Art, New York, dépositaire de la plus importante collection au monde d’œuvres d’Edward Hopper, met l’accent sur les étendues infinies des paysages naturels et urbains de l’Amérique. Elle réunit des aquarelles et des huiles des années 1910 aux années 1960, offrant ainsi un large et passionnant panorama des multiples facettes de la peinture hoppérienne.

Une oeuvre minimaliste

Edward Hopper n'aimait pas peindre et n'a livré à la postérité qu'une petite collection de 366 tableaux. Il préférait se promener en Buick dans les paysages toujours changeant de l'Ouest américain. Mais loin de célébrer les visions en panorama de Hollywood, Hopper suggérait plus qu'il ne montrait.

Un paysage est toujours l'idée qu'on se fait de la Nature. C'est fixe. Mais la Nature change sans cesse. Et Hopper semble suggérer qu'il se passe quelque chose qui nous échappe en dehors du cadre. C'est ce qui le rend si actuel. On le remarque à notre époque: la Nature échappe à notre contrôle qu'on appelle ça le changement climatique ou que des feux dévorent le bush australien, cela nous donne l'impression que la Nature est plus grande que nous.

Ulf Küster, commissaire de l'exposition à la Fondation Beyeler.

La nature et la culture dos à dos dans les images iconiques d'Edward Hopper, qui questionne notre psychologie mais sans donner de réponses. Une bonne exposition disait-il pose plus de questions qu'elle ne donne de réponse. À Beyeler, chaque visiteur devra décider de quel point de vue il scrute les sublimes paysages de Edward Hopper.

Alain Croubalian/mcm

La Fondation Beyeler est temporairement fermé en raison de l'épidémie de coronavirus.

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