Modifié le 14 octobre 2013 à 10:58

Lunik signe "Encore", l'album-adieu avant sa dissolution

Le banjo de Jaël et les autres joyaux instrumentaux. Le dernier album foisonne de perles acoustiques: tuba, banjo, xylophone, etc. Mais aussi des brosses à vaisselle!
Les Bernois de Lunik mettent fin à une collaboration de 15 ans. [Michael Lapaire - ]
Ultime album des Bernois de Lunik, "Encore" offre au public un chant du cygne ciselé. Outre-Manche, Morcheeba opère un retour aux sources avec "Head Up High".

Chant du cygne de Lunik, "Encore" n'a pas usurpé son nom. Huitième album du groupe bernois, il devient son "opus ultimum", puisque la formation avait annoncé en juillet sa dissolution, mettant fin à 15 ans de collaboration.

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Les 12 titres d'"Encore" suivent le sillage mélancolique de "What Is Next", sorti en 2012, sans toutefois s'abîmer dans les même abysses de langueur éthérée et de spleen.

Affranchie également de son habillage vaporeux, la pop de Lunik s'offre ici des incursions dans le songwriting et la tradition acoustique, à l'instar de l'entraînant "Stop the Time". Même obsession pour le temps qui court dans "Running Out of Time", plus calme, qui se détache à peine d'un album ciselé, calme et homogène, parfait pour l'écoute un après-midi de novembre.

Jaël Malli est la voix de Lunik depuis 1998.
Jaël Malli est la voix de Lunik depuis 1998. [ - ]

Adieux à la scène prévus en décembre

Les nappes distillées par la guitare de Luk Zimmerman et les claviers de Cédric Monnier servent surtout d'écrin à la voix chatoyante de Jaël Malli, figure du proue du groupe depuis 1998.

C'est d'ailleurs au nom du trio, rescapé d'une énième séparation, que la chanteuse avait commenté leur dissolution: "Nous avons l'impression d'avoir dit tout ce que nous avions à dire".

Signe de ce divorce à l'amiable, Lunik a d'ores et déjà planifié son adieu à la scène, le 10 décembre à la Zuercher Tonhalle et le 11 décembre au Kulturcasino à Berne. Une petite page de la musique Swiss made se tourne.

Morcheeba, le fier retour au sources

"Head Up High": dans son 8ème album, à sortir le 14 octobre, Morcheeba relève la tête. Les Britanniques signent un retour à leurs racines trip-hop, dans un opus forgé pour chuchoter à l'oreille des fans de la première heure

Si la réputation du trio de Douvres n'est plus à établir -avec ses 18 ans de carrière et des millions d’albums écoulés- les Britanniques ont pourtant connu leur traversée du désert.

Le départ en 2003 de Skye Edwards, la chanteuse au timbre de lave en fusion, a en effet porté un coup à la popularité du groupe, tant au niveau musical que sur un plan plus personnel.

"Aime-moi", comme en 1996…

Les créations des frères Paul et Ross Godfrey ont en effet été ternies, du moins auprès d'une partie du public, par des rumeurs de harcèlement sexuel à l'encontre de chanteuses et choristes.

La page sombre se tourne en 2010, quand la féline Skye revient pour "Blood Like Lemonade". Reformé, le trio dédie dès lors les 12 titres de "Head Up High" au velours incendiaire de son égérie.

"Gimme Your Love", seul titre publié avant la sortie de l'album, fait figure de chanson-programme. Aime-moi (à nouveau?), implore le beat downtempo, écho volontairement fidèle du chaloupé -et adulé- "Who Can You Trust?" de 1996.

L'auto-"Tribute" de John Newman

Difficile de traverser 2013 sans avoir affronté "Love Me Again" de John Newman sur les ondes FM. Le single éponyme du jeune Britannique lui a assuré une percée fulgurante dans les charts outre-Manche, et figure aujourd'hui sur son premier album "Tribute".

A 23 ans, acclamé comme le nouveau prodige de la soul, le jeune homme bénéficie pour son lancement du soutien de l'appareil promotionnel bien huilé de ses majors, Universal et Island Music.

Bien malin toutefois qui trouverait à "Tribute", le mal-nommé, une source d'inspiration autre que l'industrie auto-alimentée de la soul-pop mainstream.

Par Katharina Kubicek

Publié le 09 octobre 2013 à 09:57 - Modifié le 14 octobre 2013 à 10:58