Modifié le 26 novembre 2019 à 08:41

Mika: "Je me suis laissé contaminer par le business"

Le chanteur Mika se dévoile et présente son nouvel album
Le chanteur Mika se dévoile et présente son nouvel album 12h45 / 14 min. / le 21 novembre 2019
Après plusieurs années d'absence, le chanteur français-anglo-libanais revient sur scène pour présenter son nouvel album "My Name is Michael Holbrook", qui porte son vrai nom. A l'occasion de sa sortie, il revient sur les chansons phares du disque.

L’histoire de Michael Holbrook, c’est l’histoire de Mika. Un album-concept épique où le chanteur règle ses comptes avec le show-business avant de revenir à l’essentiel: lui et sa famille. Aujourd'hui, alors que la tendance est au streaming et que les algorithmes décident du destin de la musique pop, Mika va à contre-courant en voulant faire de la "pop compliquée et dense", selon ses mots. A l’occasion de la sortie de son album "My Name is Michael Holbrook", le chanteur raconte ce qui a inspiré ce disque aux influences colorées.

Tiny Love

Pour Mika, la vie à la maison, dans toute sa douleur et toute sa joie, peut aussi arriver sur scène et dans le disque. "Comme ça, je sens que je ne trahis pas le public", dit-il. La chanson "Tiny Love", derrière sa musique digne des grandes chansons de Queen – l’un de ses groupes favoris – , parle de sa mère. C’est elle qui a entraîné son fils à chanter et qui lui a donné la passion de la musique.

Je n’échappe pas à la vie réelle avec ma musique, mais je la rends plus vivable.

Mika

Mika se souvient du jour où il a commencé à chanter: "J’étais très jeune quand j'ai été viré de l’école. Ma mère m’a regardé un jour et m’a dit "ok, alors tu vas travailler". Je lui ai demandé ce que j’allais faire, et elle m’a répondu "tu vas chanter". Six mois plus tard, j’ai commencé avec mon premier job à l'Opéra Royal de Londres, dans la musique classique. J’avais 8 ans, et je n’ai fait que ça jusqu'à l’âge de 15 ans."

Durant la période où le chanteur écrivait l’album, sa mère a subi une opération importante du cerveau. Trois semaines après, il mettait des micros autour de son lit pour enregistrer sa voix. Lorsqu'on écoute la dernière chanson de l’album, c'est sa voix qu'on entend. Pour le chanteur, vie privée et musique s’entrelacent sans complexes. Il s’explique: "Dans un sens je pense qu’on rend hommage à ces personnes trop tard la plupart du temps. Et là, comme elle a beaucoup de soucis, je me suis dit que j'allais chanter à propos de cela et en parler sur scène, dans ma musique, parce que cela fait partie de ma vie."

Paloma

Alors que sa mère a plutôt bien pris le fait que Mika écrive une chanson sur elle, cela a été plus compliqué de l’accepter pour sa sœur Paloma, qui a elle aussi vécu des choses difficiles. "Elle a eu un très grave accident", explique-t-il à la RTS. "Je ne lui ai pas dit que j’avais écrit sur elle jusqu'au moment où l’album est sorti. Elle ne m’a rien dit pendant un mois parce qu’elle avait peur que sa vie intime soit déversée sur la place publique. Un jour, elle m’appelle et elle me dit "Mais tu sais, c’est mon histoire !" Je lui réponds "oui, mais c’est mon témoignage, et c’est deux choses différentes". Et là, elle a commencé à comprendre."

>>A regarder: Mika en interview dans "La Puce à l'Oreille" du 22.11.2019, dès 17:55

Mika et Vincent Perez...
La puce à l'oreille - Publié le 21 novembre 2019
 

Jealousy 

Le fantôme de George Michael plane sur "Jealousy", une chanson entraînante mais auto-réflective. Mika serait-il jaloux de la personne qu’il était à l'époque de son premier album "Life in Cartoon Motion" et ses hits à la chaîne? Pas vraiment: "Je ne suis pas jaloux de la personne que j’étais pendant mon premier album. Je suis jaloux de la personne que j’étais avant tout cela. L’insouciance, la liberté quand on écrit quelque chose sans penser à qui va le consommer. Je ne pensais pas à ce que les gens pensaient de ce que je faisais. Je cherchais à rêver multicolore et à trouver ma place."

Je veux retrouver les couleurs que j’avais à 17 ans, lorsque j’écrivais mon premier album.

Mika

Cette insouciance et ces couleurs, c’est ce que le chanteur a souhaité retrouver avec "My Name is Michael Holbrook". Après plus de dix ans de carrière, Mika a dû se remettre en question pour retrouver la passion de ses débuts. Il raconte: "Je me suis dit "ok, je me suis laissé contaminer par le business, je veux retrouver la joie toute pure de la musique". C’est exactement ce que j’ai pu faire avec cet album. C’est à partir de l’écriture que j’ai retrouvé ma passion pour la musique. J’ai aussi retrouvé ce discours que je peux avoir avec le public, qui est comme un feu d’artifice. Il y a une urgence de communication."

Interview: Iris Jimenez/Witold Langlois/Julie Evard

Texte et adaptation web: Myriam Semaani

Publié le 25 novembre 2019 à 14:40 - Modifié le 26 novembre 2019 à 08:41

"The Voice" a décomplexé Mika

Jury dans l’émission de télévision française de 2014 à 2019, Mika affirme que "The Voice" lui a permis de se décomplexer et d’être plus à l’aise lors de ses apparitions publiques. "The Voice m’a servi, parce que je n’ai pas fait semblant d’être quelqu'un d’autre. J’ai pu me décomplexer par rapport à la caméra", dit-il. Le chanteur a aussi acquis la réputation d’être gentil avec les candidats, peu importe qu'ils chantent bien ou mal. Normal pour le musicien: "Il faut se souvenir que si quelqu'un arrive sur un plateau de télévision pour chanter en face de personnes qu'il ne connaît pas et de millions de téléspectateurs, c’est un geste de folie. Ces candidats doivent être fous, je ne pourrais jamais le faire. Il faut respecter cette folie parce que les fous, ce sont les gens les plus importants dans la vie. Je les aime bien."