Modifié le 28 juin 2010 à 13:53

Nouveau musée de l'Acropole d'Athènes inauguré

L'édifice est posé sur des pilotis au milieu de vestiges archéologiques.
L'édifice est posé sur des pilotis au milieu de vestiges archéologiques. [Keystone]
Le nouveau musée de l'Acropole ouvre ses portes samedi après des années de reports et de controverses. Le bâtiment de verre situé au pied du site antique du centre historique d'Athènes, célèbre dans le monde entier, est l'oeuvre de l'architecte franco-suisse Bernard Tschumi.

"Après plusieurs aventures, entraves et critiques, le nouveau
musée de l'Acropole est prêt: un symbole de la Grèce moderne qui
rend hommage à ses ancêtres, le devoir d'une nation vis-à-vis son
patrimoine culturel", a souligné mercredi soir le ministre de la
Culture, Antonis Samaras, lors d'une première présentation du musée
aux médias.

Conçu par Bernard Tschumi

Conçu par l'architecte franco-suisse Bernard Tschumi, cet
édifice ultra-moderne posé sur des pilotis au milieu de vestiges
archéologiques, impressionne par sa géométrie (voir galerie
photos ci-jointe
). Situé à 300 mètres du monument antique
et imprégné par la lumière naturelle, l'édifice offre une vue
panoramique sur le Parthénon, l'un des monuments les plus visités
dans le monde et fleuron architectural de l'époque classique du Ve
siècle avant notre ère.





Dans ce musée de trois niveaux, haut de 23 mètres et d'une
superficie 15'000 m2, sont exposés plus de 350 vestiges et
sculptures de l'Acropole, entassés jusqu'ici dans un petit musée
sur le Rocher sacré et dont le transfert fut l'objet d'une
opération gigantesque étalée sur plusieurs mois qui s'acheva au
printemps 2008. Une toiture couvrant une partie des vestiges mis au
jour lors des travaux de terrassement domine l'une des deux entrées
du musée, située sur la promenade qui longe le versant sud du
rocher.

Les cinq Cariatides en vedette

Au premier niveau, une série d'objets dont des céramiques, bas
reliefs et sculptures antiques, provenant des lieux de culte situés
dans l'Antiquité sur les versants de l'Acropole, ornent les deux
côtés de la salle. Les cinq Cariatides du temple d'Erexthion
dominent le dessus d'une rampe en verre qui mène au deuxième
niveau, une salle d'une trentaine de colonnes et où sont exposés
les sculptures archaïques (800 à 500 avant notre ère)
d'Erechthéion, d'Athéna Niké et de l'entrée monumentale du temple,
les Propylées.





Le point culminant de l'ouvrage, est la salle dite du Parthénon,
au troisième niveau "où la lumière naturelle est le metteur en
scène et démontre les couleurs et le volume plastique des frises,
des métopes et des frontons du temple", souligne le président du
musée Dimitris Pantermalis.

Athènes aura attendu 35 ans

Après une série des discussions, les archéologues grecs ont opté
pour une reconstitution de la frise du Parthénon grâce à
l'intégration des quelques vestiges conservés à Athènes et des
copies des plaques, dont la majorité, se trouvent à Londres et qui
se distinguent par leur couleur blanche. Quatre cent visiteurs
pourront s'asseoir dans cette salle et contempler la vue
panoramique sur le monument et la ville d'Athènes.





Depuis 1974, les gouvernements successifs du pays tentèrent de
réaliser ce musée mais ce n'est que lors du quatrième concours
international, en 2001, que le dessin de Bernard Tschumi mettra sur
les rails sa construction. Toutefois, plusieurs controverses
concernant surtout le lieu choisi pour ce musée vont retarder sa
réalisation. Doté d'un budget de 130 millions d'euros, le musée a
la capacité d'accueillir 10'000 visiteurs par jour.





afp/hof

Publié le 18 juin 2009 à 17:29 - Modifié le 28 juin 2010 à 13:53

Bisbille avec le British Museum de Londres

La salle du Parthénon, salle vedette du nouveau musée de l'Acropole, se veut "une réclamation" pour le rapatriement de la frise du Parthénon, dite "marbres d'Elgin" du nom du diplomate britannique qui les arracha au monument phare de la civilisation grecque et conservée au British Museum à Londres, une bataille que la Grèce mène en vain pendant trente ans.

"Pour la première fois le visiteur aura une vue de l'ensemble des frises et prendra conscience du problème de la dispersion des pièces entre Londres et Athènes", explique Dimitris Pantermalis, le directeur du nouveau musée.

"Ce musée est un catalyseur pour le rapatriement des frises emportées et pillées", souligne de son côté le ministre de la Culture grec, Antonis Samaras, qui prévoit une inauguration en grande pompe samedi du nouveau musée en présence de plusieurs personnalités.