"J’avais 18 ans à l’époque et je voyais Jane Fonda qui vantait les mérites du fitness à la télé. J’me suis dit: pourquoi pas moi? Vingt ans plus tard, je suis toujours là…" avoue Louisa entre deux séances.
"Moi je n’arrive pas à courir dehors alors je viens là et je m’y sens bien. Je cherche avant toute chose à améliorer mon souffle, mais si je peux perdre quelques kilos ce ne sera pas de refus" complète Florence en plein effort sur un tapis roulant. Ce qui n’est guère surprenant car le fitness a d’abord à voir avec le maintien de la ligne, le nombre de calories brûlées et le culte du corps.
Pascal, le propriétaire des lieux, est issu du milieu du bodybuilding, comme la plupart des premiers créateurs de centres en Suisse. "Au début, mes clients ne faisaient que de la musculation, ils cherchaient à avoir de gros bras. Et puis une nouvelle clientèle est apparue qui ne recherche pas forcément le corps parfait, mais le bien-être".
Entre temps, les fitness sont devenus des "wellness" et surtout des centres de vie avec bar, nurseries, cabinets de physiothérapie, de massage ou de sophrologie, hammam, piscine, solarium…
Il n’est donc pas étonnant que se mêlent dans un même lieu et dans une même temporalité des jeunes mamans, des travailleurs pressés, et des jeunes à l’Aide sociale… "
Ca m’oblige à me lever de venir ici, sinon je ne fais rien de mes journées" finit par dire Raphaël, 21 ans, sans aucune perspective professionnelle, mais présent chaque matin ou presque dès 7 heures…
Sans oublier des retraités. "J’viens là avec des copains. On boit l’café, on discute, on refait le monde… " s’enthousiasme Camille, 79 ans plus prompt à parler qu’à pédaler. "Parce que ce culte de l’effort, du bien manger, d’une vie saine et équilibrée ça va bien un moment. C’est clair qu’après une séance, j’me sens mieux physiquement, mais ça m’empêchera pas tout à l’heure d’aller boire l’apéro avec des amis de mon village. Faut savoir vivre aussi non?"
Entre cours collectifs et bilans de santé individuels, entre ultra moderne solitude et recherche de convivialité, entre kilos en trop et stress en moins, entre souffle court et transpiration, le reporter de "De quoi j’me mêle" a enfilé baskets et survêtement pour décrypter les raisons du succès.
Un reportage de Christophe Canut, dans une réalisation de Patrick Lenoir, présenté par Marc Giouse et diffusé la première fois le 26 juin 2011.