Emission du 19 avril 2007

Profs à tout faire

Nounous, flics ou parents de substitution : les profs sont de plus en plus amenés à jouer tous les rôles. Surtout lorsqu'ils ont la délicate mission d'accompagner, au terme de leur scolarité obligatoire, les élèves des classes dites pré-professionnelles. Une filière peu valorisée où on trouve beaucoup de "cabossés" de l'école. Des adolescents qui végètent en classe en attendant de faire le grand saut dans la vie active. Temps Présent a suivi au quotidien quelques-uns de ces profs qui, malgré tous les revers, croient en leur métier. Jeudi 19 avril à 20h05 Bonus vidéo : le témoignage inédit d'une maman.

Cinq classes pré-professionnelles, cinq enseignants pour conduire ces élèves au terme de leur scolarité obligatoire. La mission est délicate. Ces adolescents exigent une attention particulière avant le grand saut dans la vie professionnelle. Pour enseigner dans cette filière, les profs ne se bousculent pas au portillon : c'est tout un art où la patience est de mise et les états d'âme déconseillés. Ici, les professeurs n'ont pas le droit de douter de l'avenir de ces jeunes, bien souvent incertain.

La filière pré-professionnelle a mauvaise réputation. Le canton de Vaud l'a baptisée VSO - voie secondaire à option - alors qu'à Fribourg on parle de classes « à exigences de base ». Elégante façon de désigner les classes qui recueillent bon nombre de naufragés de l'école. Un tiers des élèves est dirigé vers cette voie.

Immersion

D'Yverdon à Fribourg, en passant par Oron-la-ville, Temps Présent est allé à la rencontre de ces profs à tout faire, qui enseignent presque toutes les matières à des élèves parfois en manque de repères.

Pour Capucine Deriaz, fraîchement débarquée, la VSO c'est l'inconnu. Elle la découvre, pour le meilleur et pour le pire.

La VSO, Jean Rufener ne la craint pas, et pour cause : il est passé par là.

Ivan Corminboeuf connaît bien les ficelles du métier. Solide, expérimenté, il a enseigné dans toutes les filières, des plus prestigieuses aux plus dévalorisées.

Chez Jean-Claude Sahli, les coups de blues sont plutôt rares. Un pragmatique au parcours atypique, toujours d'attaque, face à des élèves souvent en panne de motivation. Comme ses élèves, il est passé par la VSO, tant bien que mal.

Enfin, Anne Rudaz. A 26 ans, elle enseigne toutes les disciplines à des élèves dont l'école ne sait que faire, réunis dans une classe dite « de développement », le bas de l'échelle scolaire.

Entre enseignement et éducation, entre passion et désarroi, chacun raconte ses motivations, son rapport avec les élèves et les parents et ses craintes face au gouffre de plus en plus grand que la société - et l'exigence des entreprises - est en train de creuser entre l'école et la vie professionnelle, entre ces jeunes et leur avenir.

Retrouvez en marge de la vidéo de l'émission, le témoignage de Mme Nicole Soares, maman de Jérémie, qui témoigne de la difficulté pour un jeune de choisir une orientation scolaire.

Rediffusion le Vendredi 20 avril 2007 à 0h30 sur TSR2 et le lundi 23 avril 2007 à 10h30 et 15h00 sur TSR2

Générique

Un reportage de Frank Preiswerk Image : Patrice Cologne Son : Philippe Combes Montage : Katherine Genoud

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