En savoir plus: Médecine anti-âge: miracle ou mirage?
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Emission du 24 février 2010
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L'objectif de la science anti-âge n'est pas de vivre plus longtemps. Ni même de mieux vieillir. Le but est beaucoup plus radical. Il s'agit d'utiliser tous les moyens possibles, au cours de toutes les étapes de la vie, pour rester jeune et améliorer ses capacités. Les méthodes proposées sont des cures d'hormones, de vitamines et d'oligo-éléments, le tout doublé d'une alimentation sur ordonnance.
Il n'y a pour l'instant aucune formule éprouvée, ni de véritable discipline médicale reconnue. Mais il y a de plus en plus de médecins qui trouvent toujours plus de patients prêts à jouer les cobayes. La médecine anti-âge, c'est une discipline qui se cherche et qui se développe en marge de la médecine officielle.
La médecine anti-âge est née en 1992 aux Etats-Unis d'un groupe de praticiens qui n'acceptaient plus la passivité ambiante dans la lutte contre le vieillissement. Ils se sont rapidement heurtés à la résistance et à l'incrédulité d'innombrables confrères. Malgré cela, plus de 60'000 médecins proposent aujourd'hui cette nouvelle discipline à travers la planète.
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La médecine anti-âge repose principalement sur l'alimentation et les compléments alimentaires. Elle pousse à l'extrême un principe simple: avoir une bonne hygiène de vie. En effet, une bonne alimentation permet au corps de produire naturellement les hormones nécessaires à une bonne santé. L'autre solution, ce sont les cures d'oligo-éléments, de vitamines et d'hormones. Elles ne sont pourtant pas sans risques.
Dans ce débat sur les compléments alimentaires, le Centre intégratif de génomique de l'Université de Lausanne est en train de jeter un pavé dans la marre. Les chercheurs ont étudié sur des souris modifiées génétiquement, un assemblage de 26 micronutriments, incluant des extraits de plantes, des huiles, des vitamines, des métaux et des minéraux. Ils ont obtenu des effets spectaculaires.
En allumant l'expression de certains gènes au niveau du muscle, ces micronutriments ont permis d'améliorer les performances physiques tout en diminuant drastiquement les risques cardio-vasculaires. L'espérance de vie des souris traitées sur celle des animaux non traitées a augmenté de 20%.
Ces micronutriments sont actuellement testés sur l'homme et l'idée serait de les ajouter dans des produits courants comme les huiles ou les margarines.
Toutes sortes d'hormones sont commercialisées sur
Internet [DR]
Le discours anti-âge s'appuie sur des principes simples et reconnus, mettant l'accent sur une alimentation saine, mais l'autre idée, ce sont les hormones. L'utilisation des hormones pose deux grands problèmes. Tout d'abord, aucune étude n'a réellement pu être conduite sur le long terme pour comparer les bienfaits et les risques potentiels sur des personnes vieillissantes.
Ensuite, les scientifiques ne savent pas quelles devraient être les valeurs normales pour des personnes âgées. On sait que 5% des gens ont de réelles carences hormonales: les endocrinologues proposent déjà une substitution à cette étroite frange de la population. Mais les adeptes de la médecine anti-âge étendent la prescription de manière très large.
Personne ne peut prédire les conséquences à long terme de ces cocktails d'hormones. La seule expérience d'antivieillissement à grande échelle qu'on ait, c'est la substitution hormonale à la ménopause. On connaît le résultat: une augmentation des cancers et des maladies cardio-vasculaires chez les femmes. Ce qui devrait inciter à la prudence!
Une discipline préventive rarement remboursée par les
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En Suisse, les premiers à s'être lancés dans l'anti-âge sont les cliniques privées. Avant une hormonothérapie, ces centres de prévention du vieillissement peuvent appliquer des principes de médecine traditionnelle en mettant l'accent sur la détection précoce des maladies cardio-vasculaires, des cancers ou de la déminéralisation osseuse. Les patients peuvent se soumettre à différents examens: scanner afin d'analyser l'état du cœur et des coronaires, IRM, densitomètrie, colonoscopie ou mammographie. Le corps est passé au peigne fin.
Toutes les prestations proposées dans le cadre de la médecine anti-âge sont considérées comme de la prévention. Elles ne sont en principe pas remboursées par les assurances maladies. Qu'on soit en Suisse ou à l'étranger, c'est le patient qui débourse. Plus important encore, la vieillesse n'étant pas une maladie, les traitements administrés ne sont pas considérés comme des médicaments. Dès lors, les autorités de surveillance des médicaments ne testent pas ces produits.
En se basant sur les connaissances et les études réalisées, l'anti-âge est avant tout un argument marketing. Il est donc tout à fait possible de refuser d'entrer dans ce système.
Comment expliquer le physique juvénile de certaines personnes? Quelle est la part due aux hormones et aux compléments alimentaires et celle qui provient de saines habitudes et d'un bon niveau de vie? Avoir du temps et de l'argent pour prendre soin de soi, ça aide à mieux vieillir. Reste à savoir si les hormones ajoutent un plus, et avec quel risque. Face à la demande croissante pour ces pilules, il est urgent que les endocrinologues se penchent sur le vieillissement pour ne pas laisser d'autres praticiens bricoler dans leur coin. Car actuellement, ces traitements se déroulent aux marges de la médecine. Le risque, c'est d'exposer les patients à des théories et pratiques farfelues, pratiquées de manière très discrète.
Pour l'interview vidéo en bonus des spécialistes de Test-Achats Santé, l'organisation des consommateurs belges, les références de l'étude d'Astrid Stuckelberger, ainsi que les informations complémentaires sélectionnées par la Fondation Health On the Net (HON), un seul click sur la rubrique En savoir plus.