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Une montagne tchèque, vraiment?

Emmenée par Wawrinka, l'équipe de Suisse est prête à en découdre avec les Tchèques. [Salvatore Di Nolfi - Keystone]
Emmenée par Wawrinka, l'équipe de Suisse est prête à en découdre avec les Tchèques. [Salvatore Di Nolfi - Keystone]
Sans Roger Federer, mais portée par un Stanislas Wawrinka (ATP 17) en pleine "bourre", l'équipe de Suisse s'efforcera de gravir dès vendredi la montagne tchèque. L'enjeu de cette périlleuse escalade sous les projecteurs de Palexpo à Genève? Une place en quart de finale qui fuit les Helvètes depuis près de neuf ans.

La République tchèque de Tomas Berdych (6) aurait pu s'apparenter à un insurmontable pic. Mais la Suisse, si elle conserve le costume d'outsider, peut néanmoins nourrir l'espoir de faire chanceler la nation tenante du titre. D'autant que le favori devra composer sans Radek Stepanek. L'ex-compagnon de Martina Hingis a dû déclarer forfait en raison de problèmes au dos.

L'absence "bénéfique" de Radek

Le désistement du routinier tchèque fait les affaires helvétiques. "Nos chances augmentent avec cette absence", lâche Marco Chiudinelli (139). "L'année passée, Stepanek et Berdych ont quasiment gagné à eux deux la Coupe Davis. Leur coach lancera un bon joueur, mais qui aura moins d'expérience."

Même son de cloche du côté de Stanislas Wawrinka, qui a éprouvé en 2007 à Prague la férocité de Stepanek (défaite en barrage dans le 5e match). "C'est sûr, c'est un pilier de l'équipe tchèque, surtout en double. Mais nous ne partons pas favoris pour autant." Wawrinka l'assure: la Suisse va tout donner pour gagner. [Salvatore Di Nolfi - Keystone]Wawrinka l'assure: la Suisse va tout donner pour gagner. [Salvatore Di Nolfi - Keystone]

Avec Tomas Berdych et Lukas Rosol (73), la République tchèque ne devrait en effet pas être totalement démunie.

"Ca va bien finir par passer"

Berdych compte parmi les meilleurs joueurs du monde. Rosol, lui, s'était révélé en 2012 après avoir éliminé Rafael Nadal à Wimbledon. "Il est dangereux, surtout en un match, surtout en indoor, surtout avec un capitaine pour le cadrer", rappelle Wawrinka.

Souriant à l'image de son équipe, le capitaine Severin Luethi demeure confiant. "Stan montre de semaines en semaines qu'il peut battre les meilleurs. Il a battu le no1 mondial, enfin presque", plaisante le mentor. Cet esprit positif habite également Michaël Lammer: "On se connaît depuis longtemps, la motivation est là. Cela fait des années qu'on donne tout, ça va bien finir par passer une fois".

La question Federer

"Et on a le meilleur public", s'empresse de renchérir Wawrinka, heureux de pouvoir en découdre en terre genevoise. Même l'absence de Roger Federer ne semble pas en mesure d'ébranler les espérances de l'équipe helvétique. "Il a ses raisons", explique Chiudinelli. "Mais je suis partagé entre deux sentiments. D'un côté, je le comprends. De l'autre, je suis déçu, car nous sommes meilleurs avec lui. C'est toujours aussi un plaisir d'être avec lui, c'est un très bon copain".

"Nous savions dans l'équipe dès octobre qu'il ne serait pas là", annonce Luethi. "Son absence fait surtout débat dans les médias, nous, nous avons pu nous préparer en conséquence".Berdych sera un sérieux adversaire pour les Suisses. [Salvatore Di Nolfi - Keystone]Berdych sera un sérieux adversaire pour les Suisses. [Salvatore Di Nolfi - Keystone]

Et si c'était la bonne?    

"Cela fait des années que nous disputons le premier tour sans lui", ajoute Stan sans amertume ni animosité envers le no1 helvétique. "Ce n'est pas nouveau pour nous et cela ne va pas nous empêcher de tout donner pour gagner." 

Faux débat donc et peut-être même léger avantage. "On nous attend peut-être moins cette année", précise malicieusement le droitier de Saint-Barthélémy.

L'équipe de Suisse croit donc à un exploit. Elle paraît déterminée à enfin franchir un cap sur lequel elle bute depuis 2004 et sa victoire début février en Roumanie. Wawrinka le dit: "On ne se fait pas ch... depuis neuf ans pour échouer à chaque fois". Et si cette fois, c'était la bonne?    

Ludovic Perruchoud 

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Les coulisses de la rencontre

VOYAGE D'ENFER: une cinquantaine d'heures: voilà le temps qu'il a fallu au malheureux Berdych, éliminé en quart de l'Open d'Australie, pour rejoindre Prague depuis Melbourne. Un premier vol écourté avec un retour en Australie, une correspondance manquée... le no1 tchèque n'a pas été épargné. "C'était un voyage difficile, mais je suis à Genève, heureux d'être avec l'équipe".

APPEL AU PUBLIC: si l'absence de Federer n'entame pas la confiance de l'équipe de Suisse, elle n'est pas sans conséquence sur la billetterie. A priori, la salle (près de 4000 places) devrait être au 3/4 pleine. "J'espère vraiment qu'il y aura du monde", confie Stanislas Wawrinka.

AGACEMENT: à force d'être interrogé sur l'absence de Federer et ses incidences, Wawrinka a fini par perdre patience non sans avoir longuement parlé sur le sujet auparavant (sans jamais jeter la pierre à RF). Il a coupé court sur la question visiblement agacé: "Je ne veux plus en parler".

DOUBLE PAIRE: le double de samedi sera sans doute, comme très souvent, décisif dans le duel. A priori, Wawrinka devrait être aligné aux côtés de Chiudinelli, mais une paire Chiudinelli/Lammer semble également possible selon l'état de forme des Helvètes engagés. "Nous prendrons la décision vendredi soir après la première journée", annonce Severin Luethi.