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Roland-Garros: carnet 9 - retrouvailles entre monstres, détermination grecque et tenante du titre éjectée

Djokovic-Nadal: l'affiche attendue se tiendra vendredi en 2e partie de journée. Ca sent le soufre. [Ettore Ferrari - EPA]
Djokovic-Nadal: l'affiche attendue se tiendra vendredi en 2e partie de journée. Ca sent le soufre. [Ettore Ferrari - EPA]
Novak Djokovic contre Rafael Nadal: sans surprise, la demi-finale attendue, finale avant la lettre, aura lieu vendredi. Pendant ce temps-là, Maria Sakkari se profile comme la nouvelle favorite du tableau féminin après avoir éjecté proprement Iga Swiatek. Paris, enclave grecque.

NADAL L'ANTI-HITCHCOCK... Oui, Rafael Nadal a perdu une manche hier - alors qu'au début de sa carrière il lui en manquait toujours deux - mais est-ce véritablement une terrible alerte? Pas spécialement, sachant que Diego Schwartzman, l'effronté qui a eu le culot de lui subtiliser un set, est l'un des trois joueurs qui ont le plus enquiquiné l'ogre de l'ocre ces dernières années sur sa surface de prédilection. Si l'Argentin s'est encore une fois battu comme un beau diable, il a encore une fois subi la terrible accélération de l'ancien no 1 mondial. Au vrai, Nadal est l'anti-Hitchcock. Parce qu'à chaque fois, c'est le même film. Certains se mettent à croire que les quelques rebondissements entraîneront une fin différente, mais à la fin c'est Nadal qui gagne. Encore. Et encore. Et encore. Et encore...

MAUVAIS PRÉSAGE... Mauvais signe pour les 3 autres joueurs qui aspirent à gagner Roland-Garros cette année: Rafael Nadal est arrivé 13 fois en demi-finales du tournoi et les 13 fois il a fini par remporter le titre. Les uns diront que c’est donc peine perdue. Les autres, plus optimistes à la manière de Novak Djokovic, rappelleront qu’il faut un début à tout

PROMENADE ANNULÉE... Sans surprise, Novak Djokovic a passé le cap Matteo Berrettini hier soir, mais le Serbe n'a finalement pas eu droit à une autre promenade nocturne dans ce Roland-Garros. Ce qui a été le cas pendant 2 sets, durant lesquels son adversaire faisait tout et n'importe quoi, ne s'est en effet pas prolongé. Le no 1 mondial, qui faisait les bons choix pendant que l'Italien n'en faisait aucun, qui couvrait toujours bien le terrain et qui retournait forcément merveilleusement, a soudain vu le Transalpin se rebeller. La partie a alors atteint de jolis sommets. Avant d'être "sifflée" presque hors-jeu par ce couvre-feu qui dérange.

DES REGRETS POUR "BERRETT"... Dire que Berrettini peut être déçu est un euphémisme. Tactiquement, le Transalpin a en effet rendu une copie très fade pendant deux manches. La qualité de ses amorties était consternante, idem pour sa manière de renvoyer (ou pas) celle de son adversaire. Alors bien sûr, l’outsider affrontait un immense joueur, mais il peut se mordre les doigts de ne pas avoir osé quelque chose précédemment. Car il avait sans doute les moyens de faire tomber le monstre.

LA POLÉMIQUE... Sans surprise là non plus, elle vient du couvre-feu qui est venu ternir le spectacle et couper les jambes de Matteo Berrettini. Cette mesure, que seule la France applique, a poussé le tournoi à mettre dehors ses spectateurs après 23h00, au coeur du 4e set. Ceux-ci ont piqué une colère et chanté "On a payé! On payé!". "On débourse 500 euros pour voir seulement 2 tiers d'un match, c'est inadmissible", a pesté un spectateur dans L'Equipe. Cela n'a pas suffi. Dehors (et sans droit au challenge)!

SAKKARI, SACRÉE QUINZAINE! On s'attendait à une belle empoignade entre la tenante du titre Iga Swiatek et Maria Sakkari. Force est de reconnaître que le combat n'a pas atteint les sommets escomptés, en grande partie parce que la Grecque était au-dessus de son adversaire (6-4 6-4). Juste tactiquement, agressive comme il le fallait et bien alignée sur ses lourdes frappes, Sakkari avait pris le bon manuel pour culbuter une joueuse qui restait pourtant sur 22 sets remportés de suite à Paris entre 2020 et 2021. Belle opération! Pour son pays aussi, puisqu'avec Stefanos Tsitsipas également dans le dernier carré de Roland-Garros, la Grèce fait fort. De là à écrire que c'est la "Feta Paris"...

Maria Sakkari, déterminée, est devenue la favorite pour le titre. [Caroline Blumberg - EPA]Maria Sakkari, déterminée, est devenue la favorite pour le titre. [Caroline Blumberg - EPA]

SWIATEK REVIENDRA… Non, ce ne sont pas les nerfs qui ont fait défaut à Iga Swiatek. Alors que certains s’attendaient, avant cette quinzaine, à ce que la Polonaise ait de la peine à gérer son statut de tenante du titre, elle l'a plutôt (très) bien fait dans cette édition 2021 jusqu’à ce quart de finale. Où elle a juste eu le malheur de tomber sur une Sakkari en feu. Swiatek reviendra forcément un jour à Roland pour renouer avec le trophée. Et on se réjouit déjà de la voir dans deux semaines à Wimbledon, tournoi qu'elle avait remporté en 2018 chez les juniors.

KREJCIKOVA TIENT LE COUP… Barbora Krejcikova a beau avoir mis trois jeux de plus que ce qu'elle aurait espéré pour conclure son quart de finale contre Coco Gauff (7-6 6-3), elle donne l'impression que rien ne peut vraiment la perturber dans cette quinzaine. Lancée par son titre à Strasbourg, la Tchèque tient le coup malgré la dimension différente de Roland-Garros. Elle ne se fait pas de bile sur le court, y compris lorsqu'elle entame son rendez-vous à l'envers comme hier (0-3) ou lorsque son adversaire est proche de boucler le set (3-5). Tout paraît couler de source avec elle. La 33e mondiale n'a pas vraiment de coup fort, mais elle fait tout plutôt très bien. Et ce n'est certainement pas une question de chance s'il elle se retrouve en demi-finales.

RENDEZ-VOUS AUJOURD'HUI... Pavlyuchenkova contre Zidansek; Sakkari face à Krejcikova. Telles sont donc les affiches des demi-finales féminines de jeudi. Et puisque ce tournoi touche à sa fin, on va miser une piécette sur une finale Pavlyuchenkova-Sakkari, qui serait sans doute plus intéressante à suivre.

LA PHRASE DU JOUR… Elle est signée Olivier Delaître. L'ancien joueur français se confie dans L'Equipe. A la question de l'adversaire le plus fort qu'il a affronté au cours de sa carrière, il répond: "J'en nommerai trois. D'abord Sampras et Agassi. Plus ils menaient au score, plus ils te mettaient loin de la balle. Ils jouaient de plus en plus vite, de plus en plus fort. Je me sentais ridicule. Et puis il y a Federer. En 1999, je le bats en qualifs de l'Open d’Australie alors qu'il est 302e mondial. En sortant du court, j'ai dit: 'Je suis content d’avoir dominé le futur no 1 mondial'."

Arnaud Cerutti - @arnaud_cerutti

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