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Roland-Garros: carnet 7 - le trou d'air de Djoko, la loi de Coco, l'impossible chemin de Federer et ces soirées inutiles

Novak Djokovic a imploré le ciel avant de faire jaillir la foudre sur le court. [Ian Langsdon - EPA]
Novak Djokovic a imploré le ciel avant de faire jaillir la foudre sur le court. [Ian Langsdon - EPA]
Mis dans les cordes durant 2 manches par Lorenzo Musetti, Novak Djokovic a frisé le code, mais puisqu'il s'en est sorti, il représente encore un plus grand danger. Chez les dames, Coco Gauff réalise de sacrées belles choses. Quant au tournoi en lui-même, il voit que ses "night-sessions" en temps de couvre-feu sont une catastrophe pour quasiment tout le monde.

DJOKO A EU SON TROU D'AIR… Comme d'habitude sur la route d'une (éventuelle) couronne en Grand Chelem, Novak Djokovic a connu son trou d'air. Mais il a tenu bon. Et comment! Mis à mal par un impressionnant Lorenzo Musetti, culotté comme pas deux, le Serbe a dû se révolter pour ne pas plonger. Après avoir perdu les 2 premières manches au tie-break, "Nole" a fait un tour aux vestiaires, puis violemment accéléré. Pour finir en trombe, avec un 6-1 6-0 4-0, après l’abandon du joueur né en… 2002. Une fin de rencontre, en solo, en moins d'un tour d'horloge.

MUSETTI, JOLI BONHOMME… Même s'il n'a pas pu tenir le rythme fou qu'il a imposé au début de ce bras de fer longtemps superbe avec Novak Djokovic, Lorenzo Musetti restera comme la révélation masculine de ce Roland-Garros 2021. Avec des airs de Gustavo Kuerten, l'Italien aurait bien mis le no 1 mondial dans sa musette. Raté. Au moins a-t-il pu exposer sa violente gifle de revers (à une main, quel délice!) à la face du monde. Nul doute qu'on le reverra! Mais il est clair qu’on aurait bien aimé pouvoir le suivre encore un peu plus dans ce tournoi.

SCHWARTZMAN MARCHE A L'OMBRE… Par deux fois, Jan-Lennard Struff a servi pour empocher la manche initiale de son match contre Diego Schwartzman. Mais jamais l'Allemand n'a pu convertir cette occasion. Alors l'Argentin en a profité pour passer le cap en trois manches (7-6 6-4 7-5). Celui-ci poursuit ainsi son chemin sans avoir égaré le moindre set à Paris. Alors certes, il n’a pas affronté de cadors jusque-là (Lu Hyen-Sun, Aljaz Bedene et Philipp Kohlschreiber aux tours précédents), mais "Peque" ("le Petit") avance dans l’ombre. La lumière pourrait pourtant vite (et salement) le rattraper en quarts, puisque c'est un certain Rafael Nadal qui se dresse devant lui.

NADAL IMPÉRIAL… Rafael Nadal, justement, n'a pas tremblé contre Janik Sinner. Le prodige italien pensait pouvoir inquiéter le roi de Roland. Cela a duré à peu près une demi-heure, le temps de mener 5-3 puis de voir le rouleau-compresseur se mettre en route et présenter l'addition: 7-5 6-3 6-0. Reparti en monocycle, alors que Musetti, malin, a évité le vélo complet, Sinner doit se demander jusqu'à quand les monstres vont vampiriser le circuit...

LA LOI DE COCO… Coco Gauff est en feu dans ce Roland-Garros! La prodige Américaine, pas habitée par une once de doute, en a administré la preuve (et une leçon) contre Ons Jabeur, la dominant 6-3 6-1. Elle aussi traversé sa quinzaine parisienne sans perdre de manche, à la manière d’une routinière du circuit. Cela alors qu'elle n’a que 17 ans! Barbora Krejcikova, elle aussi bien lancée dans ce tournoi, peut-elle pousser Coco à se "gaufrer" au tour suivant?

KREJCIKOVA: SEULE, C'EST AUSSI BIEN... Spécialiste de double, Barbora Krejcikova est donc en train de se muer en reine du simple. Titrée il y a quinze jours à Strasbourg (1er trophée individuel de sa carrière), la Tchèque a donné une fessée à Sloane Stephens au long d'une démonstration de tennis (6-2 6-0). Après une entrée en matière compliquée dans ce tournoi, la demoiselle de Brno fait du petit-bois de toutes ses adversaires. Et vous savez quoi? En 2018, Krejcikova a remporté un tournoi nommé Roland-Garros.

UNE KENIN TOMBÉE… Finaliste l’an dernier, l'Américaine n'a, comme prévu, pas pu rééditer le même parcours qu’en 2020. Sur un fil depuis plusieurs semaines, Sofia Kenin a fini par se faire déraciner par Maria Sakkari (6-1 6-3). En mettant ses deux pieds en quarts de finale, la Grecque de bientôt 26 ans va vivre une grande première, puisqu'elle n’était jamais allée aussi loin en Grand Chelem. Elle espère maintenant que son compatriote et futur partenaire de double aux JO Stefanos Tsitsipas – opposé ce soir à Daniil Medvedev - l'accompagnera encore plus loin dans le tableau.

SWIATEK A LA BONNE RECETTE... Phénoménale, Iga Swiatek, qui ne lâche absolument RIEN à Roland-Garros. Hier encore, alors que Marta Kostyuk semblait lui rendre la vie difficile dans les premiers jeux de leur face-à-face, la Polonaise a, à chaque fois, accéléré au bon moment dans chaque manche. Résultat: une nouvelle victoire en 2 sets (6-3 6-4), la recette appliquée à toutes celles qui se dressent sur son chemin à Roland-Garros depuis... l'année dernière. Lauréate en 2020, la géniale joueuse de Varsovie en est désormais à 22 manches remportées consécutivement à "RG".  Bref, si vous l'imaginez conserver sa couronne, c'est presque normal.

LA PHRASE DU JOUR... "La réalité, c'est que Roger Federer n'était pas en état de jouer le match suivant. J'ai bien vu, sans aller les chercher, les commentaires excessifs, à la suite de son retrait,mais sur les réseaux sociaux, tu entends tout et n'importe quoi. Tu vois des gens qui sont d'une virulence envers Roger totalement démesurée et d'autres qui comprennent tout à fait. Il s'est retiré, ce qu'il n'avait jamais fait en Grand Chelem. Lui faire ce procès de manque de respect ou de calcul, c'est injuste, je suis convaincu que ce n'est pas ça. Hier (dimanche), il est allé au contrôle antidopage, obligatoire quand tu te retires, il est passé au service médical, il a vu le juge arbitre, il a signé un document, où est indiqué que son genou est le motif de son forfait..." Publiée ce mardi dans L'Equipe, elle émane de la bouche de Guy Forget, patron de Roland-Garros. Lequel remet en place les haineux.

CES "NIGHT" INUTILES... Roland-Garros était tout fier de pouvoir enfin présenter des "night-sessions" cette année. Force est de reconnaître que dans le contexte français, avec ce couvre-feu toujours imposé, celles-ci sont inutiles. Depuis l'entame de la quinzaine, elles ont viré au désastre; Tsonga y a raté sa probable sortie, le choc Gasquet-Nadal s'est joué devant des tribunes vides, Roger Federer en a peut-être payé le prix en se voyant contraint au forfait le lendemain et l'affiche superbe Medvedev-Tsitsipas de ce mardi (vers les 5 sets?) se jouera également devant trois pelés et un tondu. Est-ce encore l'idée de ce que l'on se fait du sport?

Arnaud Cerutti - @arnaud_cerutti

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