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US Open: jour 12, la colère de Medvedev, l'attendue finale, l'incroyable Mister Thiem et les Modern Talking

Dominic Thiem: après 3 finales de Grand Chelem perdues, l'heure est venue pour l'Autrichien de coiffer enfin une couronne de "majeur". [Matthew Stockman - AFP]
Dominic Thiem: après 3 finales de Grand Chelem perdues, l'heure est venue pour l'Autrichien de coiffer enfin une couronne de "majeur". [Matthew Stockman - AFP]
Défait par un tout grand Dominic Thiem, Daniil Medvedev, finaliste en 2019, n'a pas manqué de s'énerver contre l'arbitre. 24 heures avant une empoignade germanophone entre l'Autrichien et Alexander Zverev, la très attendue finale Naomi Osaka-Victoria Azarenka de ce samedi soir devrait faire grimper le thermomètre sur la planète tennis.

MISTER THIEM: on n’a pas cessé de l’écrire depuis le début du tournoi: Dominic Thiem impressionne non seulement par la qualité de son (beau) tennis, mais aussi par son mental, sa sérénité, sa tranquillité. L’Autrichien en a administré une preuve supplémentaire ce vendredi contre Daniil Medvedev (battu 6-2 7-6 7-6), le meilleur adversaire à s’être jusqu’ici dressé sur son chemin, peut-être même le meilleur qu’il aura eu à affronter dans ce tournoi. Capable de remonter des breaks de retard dans 2 des 3 manches disputées, capable de cogner plus fort mais aussi plus juste que le Russe, "Domi" dispose qui plus est d’une incroyable force de caractère. Si son tendon d’Achille tient, l’homme aux désormais 4 finales de Grand Chelem doit maintenant aller chercher un trophée qu’il mérite. "En tout cas, il a joué comme un vrai champion", a relevé Medvedev. A noter que le Russe, qui s'est énervé en cours de 1re manche à la suite d'une décision arbitrale, n'a pas manqué de manier l'ironie sous le nez des officiels de cet US Open.

A CONFIRMER: effectivement, après cette entame de demie tambour battant et cette victoire en trois sets, "Mister Thiem" est plus que jamais l’homme qui doit mettre sa main sur le titre. Sauf que l’histoire n’est pas aussi simple que cela. D’une part car il s’agira pour lui de se comporter de la même manière dans cette finale que durant les six matches précédents, ce qui n’est jamais évident. Et d’autre part car il se retrouvera quand même contre Alexander Zverev, qui est tout sauf le dernier venu, pour une finale "Modern Talking" (lire encadré). L’enjeu est d’autant plus stressant pour "Domi" qu’il a déjà vécu et surtout perdu trois finales de Grand Chelem. Un 4e échec de rang le placerait dans les traces d’Andy Murray, lequel en avait laissé filer quatre avant de mener les conquêtes que l’on sait et de s’asseoir sur le trône mondial. "Dimanche, ce sera donc tout ou rien, pour moi, a déjà reconnu l’Autrichien. Si je gagne, je l’aurais enfin (ndlr: ce titre majeur). Et si je perds, je devrais appeler Andy pour comprendre comment on fait lorsqu’on se retrouve à 0-4 en finales de GC." Avant d'entrer sur le court, il devra surtout se mettre en tête qu’un titre pareil ne se mérite pas, mais qu’il faut bien aller le chercher. 

ET SOUDAIN, ZVEREV: cela fait depuis plusieurs saisons maintenant qu’on se pose des questions sur le mental de Zverev en Grand Chelem. Lui qui s’est déjà montré capable de s’offrir un Masters et des Masters 1000 s’écroulait parfois brusquement et surtout sans lutter dans les quinzaines. Vendredi, on a pu croire pendant une heure et demie que l’histoire serait une sorte d’éternel recommencement pour l’Allemand, mauvais, pour ne pas dire ridicule, contre un Pablo Carreno Busta guère séduisant non plus. Et voilà qu’une fois mené deux manches a rien et dos au mur, "Sascha" s’est ressaisi pour s’inviter dans sa 1re finale en "Majeur" (3-6 2-6 6-3 6-4 6-3). Au cours de laquelle il n’aura rien, mais alors strictement rien, à perdre. Pas mal pour un joueur qui n’avait jamais remonté un handicap de deux manches à rien en Grand Chelem...

C’ÉTAIT PRÉVU: on avait craint, une fois le chat serbe plus là, que les souris autrichienne, allemande, espagnole, croate ou encore russes ou canadiennes ne se montrent tétanisées par l’enjeu et ne finissent pas proposer une sorte de galerie des horreurs du tennis. Denis Shapovalov lui-même avait annoncé que c’est ce qu’il pressentait. Alors bien sûr, pas tous les matches n’ont été des purges depuis dimanche dernier, mais il n’en demeure pas moins que cette demi-finale Zverev-Carreno ne restera pas inscrite dans le livre d’or du beau tennis. Demandez donc à Evgeni Kafelnikov ce qu’il en a pensé!

RASSURANT... OU NON? Bien que catastrophique pendant quasiment un set et demi en quart de finale contre un Borna Coric qui ne voulait visiblement pas gagner ce match, et bien que carrément ailleurs durant deux sets face à "PCB", Alexander Zverev aura, malgré tout, droit de se battre jusqu’au bout pour cette couronne américaine. Cela pourrait nous (et le) rassurer sur ses capacités et sur son niveau du moment, puisque en ayant quand même gagné les deux matches en question, il donne l’impression que sa marge semble encore grande. A moins, au contraire, que cela n’illustre le réel niveau de ses adversaires lorsque l’enjeu d’un match est à son plus fort? Pour avoir une réponse concrète, il faudra voir ce qui se passe dimanche. Mais on a comme le sentiment que si Thiem est bien physiquement, il peut s’offrir une promenade "avant couronne".

LA FINALE QUI TRANSCENDE? L’Autrichien reste toutefois sur ses gardes. A raison, puisqu’il sait que Zverev peut subitement se transformer en finale, comme porté par l’enjeu, comme alléché par la perspective d’enlever ce fameux titre du Grand Chelem que les observateurs lui promettent depuis son adolescence. Après tout, l’Allemand n’en a jamais été si proche. Il serait alors ballot de ne pas au moins se mettre minable et de tout lâcher pour tenter de se l’approprier. Et ainsi rééquilibrer un peu la balance, qui le voit actuellement perdre 2-7 aux confrontations directes avec son futur adversaire. 

JAMAIS DEUX SANS TROIS? Victoria Azarenka souhaite ne pas devoir appliquer la formule, ce samedi. En effet, après avoir déjà perdu deux finales à l’US Open, en 2012 et 2013, la Biélorusse espère éviter un 3e revers à Flushing Meadows. Ce soir contre Naomi Osaka (22 h sur RTS 2), la grande dame de ce tournoi tentera au contraire de saisir cette merveilleuse opportunité de retrouver un titre majeur, sept ans et demi après le 2e et jusqu’à présent dernier, à Melbourne.

OSAKA, UNE PREMIÈRE? A l’inverse, Osaka n’a, elle, jamais mordu la poussière en finale d’un majeur. Ses deux finales, la Japonaise les a jusqu’ici gérées avec justesse. Contre Serena Williams à l’US Open 2018, puis dans la presque foulée à l’Open d’Australie 2019, face à Petra Kvitova. Alors, à qui le gros lot? Faites vos jeux!

Arnaud Cerutti, @arnaud_cerutti

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CHANSON DU JOUR - "PAUVRE DOMI", sur l'air de "Brother Louie", des Modern Talking

Oui c’est la finale de l’US Open
Une bataille entre nous deux
Non, j’te laisserai pas gagner
C’est compris
Compris
Gars, c’est la grande chance de ma carrière
On va s’affronter et tout donner
Les deux amis seront ennemis

Tu vas perdre tu le sais, Brother Domi Domi Domi
J’serai en feu, j’vais foncer et je vais m’imposer
Un gros serve quelques breaks et l’affaire sera pliée
Quatre défaites en finale mon pauvre Domi Domi domi

Pauvre Domi Domi Domi
Oh tu vas faire comme Andy
Oh oui comme Andy
Presque loser
Pauvre Domi Domi Domi
Je vois venir les railleries
Oh oui comme Andy
C’est l’horreur

Mec, tu as bien battu Medvedev
Tu m’as ainsi ouvert en gros l’tableau
Je n'peux qu'te remercier
Pour toujours
Toujours
Je sais qu’un jour ton heure sonnera
Mais sorry c’n’est pas pour cette fois
Peut-être à Paris ou en Australie

Tu vas perdre tu le sais, Brother Domi Domi Domi
J’serai en feu, j’vais foncer et je vais m’imposer
Un gros serve quelques breaks et l’affaire sera pliée
Quatre défaites en finale mon pauvre Domi Domi domi

Pauvre Domi Domi Domi
Oh tu vas faire comme Andy
Oh oui comme Andy
Presque loser
Pauvre Domi Domi Domi
Je vois venir les railleries
Oh oui comme Andy
C’est l’horreur