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La formidable ascension du freeride

Nicolas Hale-Wood organise l'Xtreme de Verbier depuis 1996. [Jean-Christophe Bott - Keystone]
Nicolas Hale-Wood organise l'Xtreme de Verbier depuis 1996. [Jean-Christophe Bott - Keystone]
L’Xtreme de Verbier va vivre ce week-end sa 17e édition. Depuis 1996, le freeride est passé de l’âge de glace aux temps modernes. Grand manitou de l’événement bagnard, Nicolas Hale-Wood évoque l’incroyable évolution de la discipline.

«Pourquoi pas?» Voilà la réponse de Nicolas Hale-Wood lorsqu’on lui demande si en 1996, il s’imaginait encore organiser l’Xtreme de Verbier 16 ans après un coup d'essai, devenu coup de maître. «Dès la fin de la compétition, on avait senti qu’il y avait quelque chose de spécial, que ce n’était pas juste une folie de gamins, explique-t-il. D’ailleurs en 1997, on avait proposé à notre partenaire d’organiser un tour avec des épreuves dans d’autres pays.  Mais ça n’a pas marché.» L’Helvético-britannique devra en fait attendre 2008 pour atteindre son objectif avec la création du Freeride World Tour, dont l’Xtreme est devenu la grande finale.

Entre temps, l’épreuve valaisanne, qui était une compétition pour snowboarders, a accueilli les skieurs (2004). Surtout, le freeride, de manière général, a progressé à pas de géants. «Une évolution fulgurante, insiste Hale-Wood. On rigole lorsqu’on voit Yannick Noah remporter Roland-Garros en 1983. On se dit que ça allait à 2km/h. Il y a 16 ans, ça allait à 2km/h aussi sur le Bec des Rosses.». L’organisateur bagnard se pose en témoin privilégié: «Les riders se sont professionnalisés. Ils ne font plus que ça, ou presque. L’été, ils se préparent physiquement dans les salles de fitness. Certains partent skier dans l’hémisphère sud. D’autres ont même leur propre coach et chacun utilise l’analyse vidéo.»

Toujours plus de concurrence

Jérémie Heitz fait partie de la jeune garde qui monte dans le milieu du freeride. [Olivier Maire - Keystone]
Jérémie Heitz fait partie de la jeune garde qui monte dans le milieu du freeride. [Olivier Maire - Keystone]

Au-delà de la compétition à proprement parlé, le freeride s’est également grandement démocratisé. «

Il y a toujours eu des gens qui faisaient du hors-piste. Moi j’ai eu la chance d’aller très jeune faire les couloirs du Mt-Gelé avec ma grand-maman. Mais ce n’était pas aussi accessible que maintenant, notamment à cause du matériel

», raconte Hale-Wood. Il est vrai qu’aujourd’hui, il est plus facile de prendre du plaisir dans la poudreuse, même avec un niveau de ski moyen. Le snowboard et les skis larges ont passablement changé la donne. De facto, la hausse des pratiquants offre un plus grand vivier pour dénicher les talents. «

Reste que les meilleurs freeriders ont tous un passé en alpin. Idéalement, ils ont dû touché au freestyle pour être à l’aise dans les sauts. Ce qui est certain, c’est qu’il y a plus de concurrence qu’avant

», poursuit un Nicolas Hale-Wood enthousiaste en évoquant un sport qui lui tient tant à cœur.

Grâce à l’Xtreme de Verbier, qui s’est imposé comme la compétition référence, Nicolas Hale-Wood a participé activement à l’évolution du freeride. L’histoire est en marche et le boss estime qu’il y a encore une sacrée marge de progression. Alors pourquoi pas imaginer le retrouver dans 16 ans, toujours à la tête de l’événement?

JoN

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Trois Suisses et un départ abaissé

La Suisse sera bien représentée ce week-end à Verbier. Vice-champion du monde en titre, le guide zermattois Samuel Anthamatten tiendra un rôle de favori. On aura également un œil sur Richard Amacker. Le Nendard a surpris son monde en s’imposant à Courmayeur et réalise une excellente première saison sur le Freeride World Tour. Chez les snowboarders, c’est Emilien Badoux qui défendra les couleurs suisses.
Paradoxe de l’épreuve 2012: malgré les nombreuses chutes de neige tout au long de l’hiver, les organisateurs de l’Xtreme sont contraints de ne pas donner le départ depuis le sommet du Bec des Rosses. Les violents épisodes de bise noire ont en effet dépouillé le haut de la montagne de sa neige. Pour d’évidentes raisons de sécurité, les riders s’élanceront donc depuis un peu plus bas. Deux départs sont prévus, l’un plutôt sur la droite de la face et l’autre sur la gauche. Le reste du Bec des Rosses offrant de bonnes conditions d’enneigement, le spectacle devrait être assuré, d’autant que ces départs de substitution vont forcer les athlètes à choisir des trajectoires moins souvent exploitées.