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Ski alpin: quand les doutes et les échecs s'installent dans l'esprit

Après bien des bas, Marc Rochat peut enfin savourer de belles performances. [AP Photo/Alessandro Trovati - Keystone]
Après bien des bas, Marc Rochat peut enfin savourer de belles performances. [AP Photo/Alessandro Trovati - Keystone]
Les hauts et les bas jalonnent la carrière d’un athlète. Mais quand le doute s’invite dans l’esprit et que les échecs sportifs se succèdent, il n’est pas toujours facile pour le skieur de se sortir de la spirale négative. Entre le support précieux de la famille, l’apport d’un coach mental ou encore la méditation, chacun a ses petits trucs pour remonter la pente.

A 28 ans, Marc Rochat vit sa meilleure saison de Coupe du monde avec 2 top-10 à son actif dont une 9e place lors du slalom d’Adelboden dimanche dernier. Mais avant de tutoyer les sommets, le Vaudois a connu bien des déconvenues. Sa force: toujours croire en lui et ne jamais rien lâcher.

"C’est toujours plus facile de baisser les bras et dans ma carrière, j’ai eu beaucoup de moments difficiles. J’ai pu m’accrocher à ma ligne directrice, à cette confiance en mes capacités et en mon potentiel. Mais c’est clair que dans ces moments-là, beaucoup de gens te disent: "ça ne vaut plus la peine, fais autre chose". Mais si au plus profond de soi on y croit encore, il faut s’accrocher."

Il faut être fier de ce que l'on a accompli

Daniel Yule a souffert mentalement durant la pandémie de Covid. [EPA/Anna Szilagyi - Keystone]
Daniel Yule

Lors de la saison 2020/2021, Daniel Yule a également connu une baisse de régime et de moral. Mais pour ne pas se laisser aspirer dans une spirale négative, le Valaisan a choisi de relativiser et de se raccrocher à ses succès. "Lorsque ça allait moins bien, j’ai quand même terminé au 15e rang mondial. Donc ça aide de prendre du recul et de se dire qu’on a la chance de vivre de ce que l’on aime. J’ai déjà fêté de beaux succès dans ma carrière donc je me disais que si cela ne revenait pas, j’avais déjà un beau palmarès. Il faut être fier de ce que l’on a accompli et moins se focaliser sur les résultats."

Ce qui l’a aidé à remonter la pente, c’est d’"essayer de retrouver le plaisir, la joie d’être en équipe et de déconner un petit peu", sourit-il. "Le covid ne m’a pas aidé à retrouver les plaisirs d’à-côtés et je suis un peu rentré dans un cercle vicieux. Maintenant que la pandémie est derrière nous, je remarque que j’ai beaucoup plus de plaisir à voyager. Il y a aussi beaucoup plus de convivialité, c’est plus chaleureux. Ce sont des choses que j’apprécie beaucoup."

Si Marc Rochat a toujours pu compter sur le soutien de sa famille, - "indispensable dans la vie d’un sportif "– il est aussi allé chercher au fond de lui, des solutions personnelles. "Tout au long d’une carrière, on apprend beaucoup tout seul. Il s’avère que la majeure partie des coaches mentaux avec lesquels j’ai parlé m’apportaient des outils que j’avais déjà appris à utiliser par moi-même. Le coach mental va aider à les développer, à les améliorer mais le travail de fond, il se fait tout seul dans sa chambre la veille d’une course ou d’un entraînement. Moi, je n’ai pas de coach mental. J’ai fait pas mal de méditation, elle m’aide pour dormir. Je suis un garçon qui réfléchit pas mal donc c’est un élément-clé que j’utilise au quotidien."

Je ne suis pas encore sorti de cette spirale négative

Tanguy Nef vit une saison difficile avec un seul résultat dans le top-30. [Anthony Anex - Keystone]
Tanguy Nef

Si Yule et Rochat ont réussi à remonter la pente, ce n’est pas encore le cas de Tanguy Nef qui compte comme seul résultat cette saison en Coupe du monde une 19e place à Garmisch en 4 slaloms disputés. "J’ai réfléchi aux dernières courses et je n’étais pas assez en confiance. Je ne me suis pas donné et permis cette confiance, cela m’a joué des tours. A Adelboden, j’avais un bon plan qui tenait bien la route. Je savais ce que je voulais faire, je savais comment le faire mais je n’y ai pas cru à 100% et j’ai payé le prix cher."

Le Genevois confie toutefois être sur une pente positive. "Ça s’améliore de jour en jour. Pour le moment, je ne suis pas encore sorti de cette spirale négative mais il faut rester positif, retenir les petits points qui fonctionnent et continuer à travailler et à s’entraîner. Avec mon coach mental, on échange beaucoup, on décortique et il me donne des clés. Retrouver la confiance passe par un bon résultat mais aussi par des conditions de course qui me conviennent mieux".

Wengen, Floriane Galaud

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Ramon Zenhäusern: "Il faut rester calme"

Entre une douleur à une épaule puis au dos, Ramon Zenhäusern a glissé la saison dernière dans une spirale négative dont il a eu de la peine à ressortir. J’ai commencé avec mon problème à l’épaule, puis le dos et je me suis perdu dans le matériel. "C’était difficile de m’en sortir. Mais à la fin de la saison, j’ai analysé tout ça et je me suis demandé ce que je voulais changer. Et je prends petit résultat après petit résultat et j’espère revenir à mon meilleur niveau".

Et si cette saison il retrouve peu à peu ses sensations, le slalomeur sait aussi qu'il doit s'armer de patience. "C’est normal dans une carrière que tout ne fonctionne pas toujours. C’est la vie. Il faut continuer à travailler et rester calme mais c’est plus facile à dire qu’à faire". Et pour aller de l’avant, le Valaisan travaille avec un coach mental même si à la fin "c’est l’athlète lui-même qui doit résoudre son problème. J’écoute aussi tous les jours des audios sur la confiance en soi".

Luca Aerni: "Se poser les bonnes questions"

Pour Luca Aerni, il est important dans les moments durs de s’accrocher et d’en discuter avec ses proches. "On apprend depuis tout petit que quand cela ne va pas, il faut se concentrer sur ce qui va et ne jamais rien lâcher. Avec les coaches à la maison pour calmer tout ça, la famille, la copine les copains et surtout de parler d’autre chose que de ski."

Et quand rien ne va, ne surtout pas se disperser. "Il faut avoir des buts très faciles au niveau technique, ne pas trop réfléchir, avoir une seule pensée, ne penser qu’à ça et gentiment sortir du cercle vicieux", explique le Valaisan, qui, plus jeune, a souhaité travailler avec un coach mental. Mais la tentative n’a pas été des plus concluantes. "Je lui avais posé une question très facile et elle m’avait répondu: "tu dois trouver pour toi-même". Je me suis dit: "bon si c’est comme ça, j’ai très bien réussi jusqu’à maintenant". Il faut juste se poser les bonnes questions. J'essaie aussi de m’analyser un peu de l’extérieur et cela m’aide à avoir les idées un peu plus claires".

Classement de la spécialité - Slalom Points
1. Lucas Braathen 430
2. Henrik Kristoffersen 389
3. Daniel Yule 334
4. Loïc Meillard 307
5. Manuel Feller 291
8. Ramon Zenhäusern 227
20. Marc Rochat 86
25. Luca Aerni 62
34. Sandro Simonet 31
44. Tanguy Nef 12
50. Noel von Gruenigen 5
Coupe du monde - Général Points
1. Marco Odermatt 1186
2. Aleksander Kilde 993
3. Henrik Kristoffersen 779
4. Loïc Meillard 692
5. Vincent Kriechmayr 677
10. Daniel Yule 334
16. Gino Caviezel 273
Stefan Rogentin 273
22. Niels Hintermann 228
23. Ramon Zenhäusern 227
24. Beat Feuz 221
36. Justin Murisier 158
54. Marc Rochat 86
Alexis Monney 86
59. Gilles Roulin 79
70. Luca Aerni 62
74. Urs Kryenbuehl 58
82. Thomas Tumler 46
96. Livio Simonet 36
100. Sandro Simonet 31
111. Daniele Sette 20
116. Fadri Janutin 19
128. Tanguy Nef 12
132. Semyel Bissig 11
Lars Rösti 11
Josua Mettler 11
143. Noel von Gruenigen 5
148. Ralph Weber 0
Yannick Chabloz 0
Marco Kohler 0