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Ski: Charlotte Chable entre doutes et envie

Charlotte Chable garde le sourire malgré les difficultés. [Floriane Galaud - RTS]
Charlotte Chable garde le sourire malgré les difficultés. [Floriane Galaud - RTS]
Une année après sa grave blessure au genou droit, Charlotte Chable mesure le chemin qui lui reste à faire pour retrouver son niveau. Entre doutes et envie, la Villardoue s'est livrée avec sincérité.
Charlotte Chable entre doutes et envie [RTS]
Ski alpin: Charlotte Chable entre doutes et envie / RTS Sport / 3 min. / le 22 septembre 2021

"Des larmes, il y en aura. C’est une partie de moi tellement importante que forcément cela me fait pleurer quand c’est difficile". Charlotte Chable ne peut cacher son émotion au sommet des pistes de Saas-Fee, là ou une année plus tôt, son genou droit se dérobait une nouvelle fois après une chute.

"J’ai des rêves depuis toute petite et ils sont toujours là mais c’est dur. Je me demande si je suis toujours à ma place", confie la Villardoue de 26 ans. Une larme vient glisser le long de sa joue. Charlotte s’excuse, gênée de ne pas réussir à se contenir.

"Je savais que ça ne serait pas facile. Mais je m’accroche à mes rêves sinon j’aurais déjà arrêté. J’ai envie d’être là mais ce n'est pas pour autant que c’est facile. C’est beaucoup de travail et de remise en question".

Mais la skieuse ne lâchera pas. "Ça c'est sûr,  sourit-elle. Je vais m’entraîner encore et encore. Même si c'est est dur, je suis contente car je vois que j’avance et que je suis en train de prendre une direction qui, j’espère, sera la bonne".

Saas-Fee, Floriane Galaud - @FlorianeGalaud

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"J'ai peur de me refaire mal"

Opérée à trois reprises du genou droit, Charlotte Chable souffre mentalement avec au fond d'elle la peur de se refaire mal. "J’aime ce sport mais il m’a aussi pas mal détruit. J’ai fait un joli bout de chemin, mais j’aurais voulu plus. Malgré les blessures, j’ai pris sur moi, j’ai fait les rééducations et là, j’en suis à un point où je me demande si je suis prête à y consacrer 100% de mon énergie. J’ai peut-être grandi, j’ai peut-être d’autres envies dans ma vie.  J’ai envie d’avoir des genoux pour le reste de ma vie (sourire). J’ai tellement subi que forcément je remets les choses en question. Si je me blesse à nouveau, je n’aurais pas la force de tout recommencer".

"Prendre le temps de revenir"

A Saas-Fee, Charlotte Chable ne veut pas précipiter les choses, consciente que le chemin est encore long. "Le ski, je ne l’ai pas perdu, je sais toujours skier. Quand je skie en libre, je sens que je suis capable de faire des virages, Mais quand je suis dans le parcours, que je dois mettre de l’angle très vite avec les genoux, où je ne contrôle pas toujours mon mouvement de A à Z, j’ai peur que mon genou lâche". A la question de savoir quand est-ce qu'elle fera son retour à la compétition, Chable reste évasive. "C’est difficile de savoir. Je peux très vite skier bien si dans ma tête je suis prête. C'est tout un processus où je dois prendre confiance. Il faut faire les choses et puis on verra".

"La vie d’athlète est quand même chouette"

Malgré les doutes auxquels elle fait face, la slalomeuse est heureuse de se glisser chaque matin dans sa combinaison. "La vie d’athlète est quand même chouette", sourit-elle. "On fait ce que l’on aime; s’entraîner, faire du sport... Je me rends compte de la chance que j’ai. On sait qu’un jour ce sera fini mais je pensais que lorsque ce jour arriverait, j’aurais de grands résultats derrière moi. Je me rends compte qu’avec mes blessures cette fin arrivera peut-être plus vite".

"Je dois penser à ma santé"

Après une énième opération au genou droit, Charlotte Chable a suivi les recommandations de son chirurgien: désormais, elle porte une attelle. "Cela n'empêchera pas que le genou lâche mais cela peut minimiser les dégâts. Au début, ça allait car on ne la voyait pas trop sous le pantalon de ski, mais la première fois que j’ai remis ma combinaison de ski, ça a été dur. Je me sentais gênée par rapport aux autres d’avoir ce machin-là autour du genou. Ce n’est pas une partie de plaisir, mais je dois penser à ma santé."