Tanner Richard (24 ans) est de retour au pays, après une parenthèse de 6 ans outre-Atlantique. Le Saint-Gallois aux origines canadiennes, qui a joué 3 matches en NHL avec Tampa Bay la saison passée, avait besoin d'un nouveau défi.

L'attaquant a donc choisi de relever celui que lui proposait Chris McSorley. "Enfant, j'aimais voir jouer GE-Servette à Rapperswil. Les Grenat me faisaient toujours une bonne impression", confie le fils de Mike Richard.

Buteur mardi contre le LHC, l'international peine pour l'heure à trouver ses marques en NL, s'étant davantage fait remarquer pour une altercation avec le gardien de Gottéron Barry Brust la semaine passée que pour ses talents offensifs. Une question de temps?

"Je ne voulais plus perdre mon temps en AHL"

RTSsport.ch: Pourquoi avez-vous refusé une offre de Tampa Bay cet été?

TANNER RICHARD: Le Lightning m'a dit que je n'étais pas dans leurs plans en NHL. Ils me voyaient plutôt comme un bon joueur d'AHL, pouvant encadrer les plus jeunes dans le club ferme. Mais je n'avais pas envie de perdre mon temps. J'avais déjà passé 4 saisons complètes à Syracuse en AHL. J'y ai beaucoup appris, mais je voulais franchir un palier. J'avais de fortes touches avec deux autres clubs de NHL cet été. Mais au final, mon agent et moi avons décidé que la Suisse était la meilleure option. Ici, j'aurai l'opportunité de disputer des tournois internationaux, ce qui me permettra de me mettre en évidence. 

RTSsport.ch: Vous souhaitez retourner en NHL à court terme. Mais n'est-ce pas difficile d'y décrocher un contrat une fois qu'on a quitté l'Amérique du Nord?

TANNER RICHARD: Pas forcément. Il ne me manque pas grand-chose pour m'y établir. Je dois juste améliorer 2-3 détails, comme le positionnement. A Genève, j'évolue dans une équipe à forte coloration nord-américaine, où je mets à profit les choses apprises en AHL. Ce serait différent si j'avais par exemple signé à Lugano, dans une équipe talentueuse, mais pas réputée pour être la plus physique. Ici, je peux me concentrer sur mes qualités, parce qu'elles cadrent bien avec le système de jeu. De plus, j'ai l'occasion d'améliorer mon patinage sur les plus grandes surfaces européennes.

RTSsport.ch: Le choix du Genève-Servette s'est donc fait assez vite?

TANNER RICHARD: Oui. J'ai reçu plusieurs offres intéressantes de NL. Mais le discours du directeur sportif Chris McSorley m'a convaincu. Et dans l'effectif, Cody Almond, Daniel Vukovic, Jeremy Wick, Tim Traber et Will Petschenig sont aussi Canado-Suisses. Il est plus facile de s'intégrer dans une nouvelle équipe quand tu as des choses en commun avec plusieurs joueurs. Et Genève est une ville internationale comptant beaucoup d'anglophones. C'est donc agréable pour ma copine et moi.

"Mon père shootait mieux que moi"

RTSsport.ch: Votre père Mike (ex-attaquant de Washington en NHL, d'Olten, de Rapperswil et de Zurich en NL, notamment) était un buteur et passeur hors pair. Vous, vous faites davantage parler vos muscles...

TANNER RICHARD: Je ne suis pas d'accord. Vous n'avez pas encore vu le vrai Tanner Richard. Mon père shootait mieux que moi, et était un excellent passeur. Mais j'ai encore besoin de temps pour m'adapter à l'arbitrage et au jeu de la National League. Bientôt, mes statistiques seront meilleures. Je ne jouerai jamais dans un des 2 premiers trios offensifs d'un club de NHL, c'est sûr. Mais en Suisse, il suffit que tu donnes 2-3 charges pour qu'on te catégorise comme joueur agressif.

"La roue va tourner pour Genève"

RTSsport.ch: Comment expliquez-vous ce début de saison poussif du GSHC?

TANNER RICHARD: Il y a beaucoup de nouveaux visages dans cette équipe par rapport à la saison passée, et un nouveau coach. Mais ce n'est pas une excuse. On doit davantage affirmer notre identité, à savoir travailler fort dans les bandes et se montrer plus agressifs. La roue va tourner.

RTSsport.ch: En mai, vous avez joué votre 1er Mondial avec l'équipe nationale. Cette saison, vous avez les Jeux olympiques de PyeongChang en ligne de mire.

TANNER RICHARD: C'était un honneur de représenter la Suisse à Paris. Et cela a vraiment été spécial pour moi de battre le Canada (réd: 3-2 après prolongation). Alors oui, ce serait un rêve d'aller en Corée du Sud. Les JO, c'est le cran au-dessus, car c'est un événement unique. Je vais travailler dur pour mériter ma place. Les joueurs de NHL ne viendront pas? Aux plus petites nations d'en profiter. Sur les médailles, il ne sera pas écrit: "la NHL n'y était pas".

Propos recueillis par Michaël Taillard - twitter @michaeltaillard