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National League: les malheurs de Tommy Wingels? De l'histoire ancienne!

Wingels se plaît aux Vernets. [Sébastien Schorderet - RTS]
Wingels se plaît aux Vernets. [Sébastien Schorderet - RTS]
Blessé dès le premier match de la saison, Tommy Wingels carbure désormais à plein régime avec Genève-Servette. RTSsport.ch a rencontré le sympathique attaquant américain aux Vernets. A visionner également en vidéo, en fin de texte.

Tommy Wingels, dont le deuxième enfant est né début octobre, en avait assez des échanges et des déménagements incessants en NHL. Il a donc accepté l'offre de Chris McSorley cet été, et rejoint GE-Servette.

Si ses premiers mois ont été marqués par des blessures, l'Américain de 30 ans a su rebondir. Il reste en effet sur 5 buts lors de ses 3 derniers matches, dont un triplé contre Lugano. Plutôt prometteur pour un attaquant que les Grenat n'ont pu aligner qu'à 8 reprises cette saison.

De quoi espérer une remontada au classement, grâce en partie à cet homme altruiste, humble et posé, qui s'engage même contre l'homophobie dans le sport au sein d'une association.

Avec la naissance de mon second enfant, je n'ai pas eu le temps de gamberger

Tommy Wingels

RTSsport.ch: Premier match de National League le 21 septembre dernier, et mâchoire fracturée! Vos débuts en Suisse n'auraient pas pu être plus malchanceux!

TOMMY WINGELS: C'est certain. Je me sentais bien durant la préparation. Et soudain, à mon 3e ou 4e shift, patatras. J'avais déjà subi cette blessure il y a une dizaine d'années, donc je savais à quoi m'attendre. Et tout le monde dans le club m'a bien soutenu.

RTSsport.ch: Votre mental a quand même dû en souffrir, non?

TOMMY WINGELS: Oui, un peu. Mais cela aurait été encore plus dur à vivre si j'étais en début de carrière. Maintenant, je sais comment gérer ces situations. Et puis ma femme a accouché de mon second enfant, un garçon, début octobre. Je n'ai donc pas eu le temps de gamberger. Le côté positif est que j'ai pu passer davantage de temps à la maison pour m'occuper du bébé et de ma fille de 3 ans.

RTSsport.ch: Puis vous vous êtes à nouveau blessé en Coupe, fin novembre. Mais ces malheurs semblent derrière vous, au vu de votre triplé lors du succès contre Lugano (6-3) le 5 janvier!

TOMMY WINGELS: Mon jeu se porte bien. J'ai profité de mon repos forcé pour observer. Et pour songer à comment je pourrais utiliser au mieux mes capacités dans cette ligue. J'évolue, dans mon bloc d'attaque, aux côtés de Tanner Richard et de Daniel Winnik, deux très bons joueurs. Il faut donner du crédit au trio dans son ensemble, pas seulement à moi. Nous nous entendons bien sur la glace. Pourvu que ça dure!

RTSsport.ch: Pour un Américain qui découvre la Suisse, il est sans doute plus aisé de débarquer au GE-Servette, dans une équipe à forte coloration nord-américaine?

TOMMY WINGELS: Oui, c'est en partie ce pourquoi j'ai signé ici. Chris McSorley fait tout pour que ma famille se sente bien ici, et le club est géré à l'américaine. Cela adoucit le déracinement.

RTSsport.ch: Ce n'est toutefois pas votre premier contrat en Europe. Vous aviez joué à KooKoo, en D2 finlandaise, durant le lock-out en 2012. Cela vous a sans doute aidé à savoir à quoi vous attendre ici?

TOMMY WINGELS: Je le pense, oui. Il y a des ressemblances entre ces deux expériences. Par exemple, il faut apprendre à se débrouiller dans la vie quotidienne dans un pays où pas tout le monde ne parle l'anglais. Je suis heureux d'avoir pu découvrir la Finlande. Ce club avait été le premier à me contacter, et j'avais sauté sur l'occasion.

C'est juste une aberration que Joe Thornton n'ait jamais été champion

Tommy Wingels

RTSsport.ch: Parlons à présent de votre carrière en NHL. Pensez-vous encore à la finale perdue 4-2 avec San Jose en 2016 contre Pittsburgh?

TOMMY WINGELS: Oui, car cela reste mon meilleur souvenir en NHL, même si la défaite a été au rendez-vous. Je reste en contact avec de nombreux ex-coéquipiers des Sharks -qui sont des amis-, comme Joe Thornton, Tomas Hertl et Logan Couture. Je continue à les soutenir. Je me réjouirais vraiment pour eux s'ils étaient sacrés cette saison.

                                           Faits saillants de Wingels en NHL

RTSsport.ch: L'ex-Davosien Joe Thornton, pour l'ensemble de son oeuvre, mériterait effectivement une Coupe Stanley...

TOMMY WINGELS: Je l'espère pour lui. C'est l'un des meilleurs joueurs de l'histoire de ce sport. Il aime tellement le hockey, ça se voit au quotidien. C'est juste une aberration qu'il n'ait jamais été champion.

RTSsport.ch: Logan Couture, qui avait patiné pour les Aigles en 2012, vous a sans doute renseigné sur GE-Servette?

TOMMY WINGELS: Oui, tout comme la famille Thornton d'ailleurs (réd: l'épouse de Joe, sacré champion du monde M20 en 1997 au bout du lac, est une Suissesse). Ils m'ont dit que j'apprécierais Genève, l'une des plus grandes villes du pays, avec une forte communauté anglophone. J'ai toujours vécu dans de grandes cités -Chicago, San Jose, Boston-, et je me serais donc senti moins à l'aise dans un endroit avec peu d'habitants.

Moi, un joueur correct, j'ai eu la chance de patiner avec Chara et Bergeron à Boston

Tommy Wingels

RTSsport.ch: Enfant de Chicago, vous avez porté le maillot des Blackhawks la saison dernière. Avant d'être échangé à Boston en fin d'exercice... Cela reste-t-il un regret d'être resté si peu de temps "chez vous"?

TOMMY WINGELS: Lorsque j'ai signé à Chicago à l'intersaison, l'équipe restait sur une 1re place en Conférence Ouest. C'était un plaisir et un honneur de jouer pour les Blackhawks. Mais nous avons commencé à mal jouer, et raté les playoffs. C'est alors que j'ai été échangé, ce qui n'a pas été confortable pour ma famille. Pour moi, c'était toutefois une nouvelle opportunité de gagner le titre, avec l'un des meilleurs clubs. J'ai apprécié le fait de côtoyer Zdeno Chara, Brad Marchand, Patrice Bergeron et David Krejci, qui sont de chouettes types. Un joueur "correct" comme moi a eu la chance de patiner aux côtés de ces joueurs de classe mondiale! Ce sont des souvenirs qui me resteront à vie.

RTSsport.ch: Avec le recul, que pensez-vous de votre parcours en NHL?

TOMMY WINGELS: Durant mes 8 saisons, j'ai participé 6 fois aux playoffs. A San Jose, Ottawa et Boston, j'ai eu la chance de faire partie d'équipes gagnantes. Cela m'a poussé à progresser, c'était motivant. Je me dis aussi que je dois quand même beaucoup à San Jose et à son manager général Doug Wilson. Les Sharks m'ont très bien entouré à mes débuts, et m'ont permis de devenir le joueur que je suis aujourd'hui.

RTSsport.ch: Pour conclure, est-ce votre père qui vous a transmis sa passion pour le hockey?

TOMMY WINGELS: A vrai dire, non. Il a toujours beaucoup de peine avec le patinage (sourire). J'ai commencé par le patinage artistique, à Chicago. Puis après quelques mois, j'ai vu le hockey joué sur les patinoires annexes. J'ai alors décidé de changer de discipline. Je suis reconnaissant envers ma famille, pour tous les sacrifices faits pour moi: tout l'argent dépensé et les heures passées sur les routes à m'amener à gauche et à droite. Ils m'ont permis de réaliser mon rêve. Quand certains partaient en vacances au chaud à Noël, mes parents et mes deux soeurs, eux, venaient voir mes matches.

10.01.19 ITW Express Wingels [RTS]
National League: l'interview express de Tommy Wingels (Genève-Servette) / Hockey sur glace / 1 min. / le 10 janvier 2019

Propos recueillis par Michaël Taillard; vidéo réalisée par Sébastien Schorderet

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Tommy Wingels express

Film préféré: La Mémoire dans la peau. Et les autres films avec le personnage de Jason Bourne.

Musique favorite: Je n'en ai aucune. Tout ce que j'écoute à la radio et dans le vestiaire me convient.

Lieu de vacances préféré: Bora Bora.

Plat/boisson favoris: Steak ou sushis et eau minérale ou vin rouge.

Meilleur souvenir: Mon 1er but en NHL (réd: le 15.01.2012), marqué à l'extérieur avec San Jose à Chicago, dans ma ville. Ma famille et mes amis étaient dans l'aréna, c'était spécial. Il y a aussi la finale de la Coupe Stanley en 2016, toujours avec San Jose.

Pire souvenir: Perdre en finale de la Coupe Stanley (sourires). Et les blessures, même si elles font partie du jeu.

Meilleure qualité: Je me préoccupe du bien-être de ma famille, et des autres. Je suis quelqu'un de toujours positif.

Pire défaut: Ma meilleure qualité est aussi mon défaut. J'essaie de rendre les autres heureux, mais je dois mieux prendre en compte le fait que parfois les gens ont leurs problèmes. La vie n'est pas toujours rose.

Si vous n'étiez pas hockeyeur: Je serais dans le business. J'ai suivi une formation en économie au collège. C'est un domaine qui m'intéresse beaucoup.

Un coéquipier marquant: Mon ami Tomas Hertl. Quand il est arrivé à San Jose en provenance de la République tchèque, il parlait très peu l'anglais. Et il ne connaissait pas grand-chose de la NHL. Il est désormais l'un des meilleurs "power forwards" du monde. Je suis heureux de l'avoir vu se développer à ce point. Nous sommes très souvent en contact. Je pourrais aussi nommer Joe Thornton, quelqu'un de toujours enthousiaste. Quand il se lance dans des pitreries avec Brent Burns, il peut paraître un peu fou. Mais c'est un gars qui profite au maximum de la vie.

Hobbies: Je suis un grand fan de sport. Je soutiens les clubs de Chicago: les Blackhawks, mais aussi les Bears en NFL et les Cubs en MLB. Et j'aime aussi Manchester United. Je ne sais pas pourquoi (rires). C'est l'une des meilleures équipes en Europe, et on peut suivre la Premier League à la TV aux Etats-Unis. Sinon, comme déjà dit, l'économie est mon autre passion.

Idole d'enfance: Steve Yzerman. Il était le capitaine de Detroit, grand rival des Blackhawks. Les Red Wings de l'époque étaient l'une des meilleures équipes jamais vues en NHL. J'admirais son leadership, ses capacités offensives, et son dévouement sur et en dehors de la glace. Je l'ai souvent vu jouer à Chicago.

La Suisse: Cette proximité des lacs et des montagnes, c'est quelque chose de fantastique. Les vues depuis les sommets sont à couper le souffle. J'apprécie aussi le fait de découvrir une nouvelle culture, francophone.

Tommy Wingels en bref

Nom: Wingels
Prénom: Tommy

Né le: 12 avril 1988 à Evanston (Illinois, Etats-Unis)

Taille 183 cm
Poids: 91 kg

Poste: attaquant
Tir: droitier

Clubs pros: Worcester Sharks/AHL (2010-2012), San Jose Sharks/NHL (2010-2017), KooKoo Kouvola/FIN (2012), Sénateurs d'Ottawa/NHL (2017), Chicago Blackhawks/NHL (2017-2018), Boston Bruins/NHL (2018), Genève-Servette (2018-?)

Statistiques en NHL: 506 matches, 64 buts, 87 assists, 151 points

Palmarès: finaliste de la Coupe Stanley en 2016 avec San Jose. Participation au Mondial 2014 avec l'équipe des Etats-Unis (6e rang final).
Saison régulière Matches Diff. Buts Points
1. Berne 50 143 : 99 101
2. Zoug 50 159 : 115 97
3. Lausanne 50 141 : 126 82
4. Bienne 50 149 : 138 79
5. Ambri-Piotta 50 138 : 140 79
6. Langnau 50 132 : 126 78
7. Lugano 50 160 : 141 78
8. Genève 50 137 : 150 75
9. Zurich 50 129 : 132 74
10. Fribourg 50 125 : 125 74
11. Davos 50 121 : 167 51
12. Rapperswil 50 92 : 167 32