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Hockey: René Fasel estime que la sanction contre Marco Maurer a été trop légère

Le Suisse René Fasel est à la tête de l'IIHF depuis 1994. [Alexey Kudenko - AFP]
Le Suisse René Fasel est à la tête de l'IIHF depuis 1994. [Alexey Kudenko - AFP]
La Ligue suisse de hockey sur glace fait-elle preuve de trop de mansuétude concernant les charges à la tête? Si l'on jette un coup d'oeil aux sanctions distribuées depuis le début de la saison, il y a matière à s'interroger. La santé des joueurs est-elle vraiment la préoccupation no1 des instances dirigeantes?

Depuis 2015 et la retraite du très controversé Reto Steinmann, le système en Suisse a été modifié. Les peines sont désormais prononcées par deux juges uniques, Oliver Krüger et l'ancien joueur Victor Stancescu, après avoir pris connaissance de l'avis du Canadien Stéphane Auger, un ancien arbitre de NHL.

On constate que cette saison la suspension maximale infligée à un joueur a été de 4 matches et ce à 4 reprises. Tous les autres cas (une vingtaine et pas uniquement des charges à la tête) ont conduit à des peines de 1 à 3 matches.

La semaine dernière, la charge dans la bande administrée par Marco Maurer sur Andrei Bykov a fait beaucoup jaser. A la surprise quasi générale, le défenseur de Bienne n'a écopé "que" de 2 matches. Nous avons sollicité René Fasel pour analyser ce cas. Le président de la Fédération internationale de hockey sur glace (IIHF) se dit également étonné.

Trouver un moyen de faire réfléchir le joueur

René Fasel

RTSsport: La sanction de deux matches contre Marco Maurer vous semble-t-elle juste?

RENE FASEL: J'estime qu'une telle charge aurait mérité une sanction plus sévère, ce d'autant plus que Marco Maurer est un récidiviste. Si on veut lutter contre les charges dangereuses, il faut suspendre les joueurs fautifs d'une manière exemplaire.

RTSsport: Combien de matches de suspension aurait-il dû recevoir à votre sens?

RENE FASEL: Je pense 4-5 matches. Certains estiment même qu'il faudrait suspendre le joueur selon la durée de l'absence de la victime. Dans ce cas précis, si Bykov est indisponible un mois alors Maurer ne joue pas non plus durant cette période.

RTSsport: N'est-ce pas un peu exagéré et la porte ouverte à toutes les dérives?

RENE FASEL: Oui, je pense qu'il faut trouver un juste milieu. Trouver un moyen de dissuader et de faire réfléchir le joueur sur les conséquences de ses charges.

RTSsport: Mais imaginons que Maurer ait écopé de 4 ou 5 matches, pensez-vous vraiment que c'est dissuasif?

RENE FASEL: C'est une bonne question... Je pense que si le joueur récidive et commet une charge identique plus tard, il faudrait doubler ou tripler la sanction. Là, le joueur réfléchirait.

RTSsport: Il y a quand même un problème en Suisse à ce niveau-là, et ce depuis des années, avec des sanctions parfois peu compréhensibles.

RENE FASEL: La Suisse devrait peut-être s'inspirer de notre Fédération internationale. C'est un groupe d'anciens joueurs qui visionne les scènes critiques puis soumet une proposition sur la durée de la suspension. Il n'y a sans doute pas mieux qu'un ancien joueur pour juger une charge (ndlr: la NHL a infligé

- un récidiviste - pour une charge dangereuse la saison dernière).

RTSsport: La commotion, c'est quand même le "cancer" du hockey sur glace. Y a-t-il une évolution positive à ce niveau-là?

RENE FASEL: Oui, il y en a moins. Au dernier Championnat du monde juniors (réd: fin décembre au Canada), on en a dénombré 3. C'est 3 de trop vous me direz, mais c'est moins que lors de certaines éditions. Après il est évident que le risque zéro n'existera jamais. Le hockey reste un sport de contact et il y aura toujours des actions qui conduiront à ce type de blessure. Lors du dernier Championnat du monde l'an dernier en Russie, il n'y a pas eu de commotion.

Propos recueillis par Stéphane Altyzer

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