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National League: "Le coeur et les émotions doivent parler avant tout", lance Gary Sheehan

Gary Sheehan est en plein bonheur avec le HC Ajoie. [Jean-Christophe Bott - Keystone]
Gary Sheehan est en plein bonheur avec le HC Ajoie. [Jean-Christophe Bott - Keystone]
Invité de La Matinale, Gary Sheehan, tout fraîchement promu en National League avec Ajoie, est notamment revenu sur son parcours et sur sa réussite actuelle, avec la franchise et l'humour qui le caractérisent.

Le Québécois de bientôt 57 ans s'est notamment dit presque surpris par ce qui lui arrive, trente ans après son arrivée en Suisse. "Ce n'est pas tout à fait normal ce que je vis, mais je suis un privilégié, avance-t-il. Je suis aujourd'hui à la bonne place au bon moment, ce qui n'est jamais facile. Pour aller entraîner dans l'élite, la meilleure promotion était de la réussir soi-même, ce que nous avons fait avec Ajoie. Je suis très fier de mon parcours."

J'ai toujours comparé le métier d'entraîneur en chef à celui de gardien, parce qu'on est un peu seuls et qu'il faut avoir une carapace solide

Gary Sheehan

Longtemps "cantonné" à la Swiss League, Gary Sheehan n'a jamais baissé les bras. "Chaque année, j'avais la passion de faire ce que je faisais, reprend-il. Chaque saison permet de s'enrichir." Mais ne faut-il pas être un peu "maso" pour exercer ce métier? "Vous savez, j'ai été gardien, se marre le sympathique Québécois, alors je crois que tout cela va ensemble. J'ai toujours comparé le métier d'entraîneur en chef à celui de gardien, parce qu'on est un peu seuls et qu'il faut avoir une carapace solide, un bon mental pour tenir..."

Au menu des prochaines semaines pour le HCA: poursuivre sur la même voie avec les mêmes ingrédients, dont cette capacité à insuffler une mentalité de gagneurs à ses joueurs. "Pour y parvenir, reprend l'Ajoulot d'adoption, il faut faire performer les gars, les développer pour qu'ils soient au top, leur donner confiance... C'est un travail mental, bien sûr, mais plusieurs autres éléments entrent aussi en ligne de compte. Avec Ajoie, j'ai pu le faire et c'est un privilège."

L'émotion est une force dans le sport. Les Jurassiens méritent d'être reconnus et d'apparaître sur cette grande carte du hockey suisse

Gary Sheehan

Un privilège aussi d'évoluer dans un club qui attire autant de sympathie. Preuve que le sport de haut niveau peut encore se nourrir de passion et d'émotions. "Pour les petits clubs et les petites régions, le coeur et les émotions doivent parler avant tout, confirme Gary Sheehan. On a toujours cette image de David contre Goliath et celle-ci reste. L'émotion est une force dans le sport. Les Jurassiens méritent d'être reconnus et d'apparaître sur cette grande carte du hockey suisse."

Et il s'agira pour le HC Ajoie de réussir son retour dans l'élite, avec ses 7 millions de budget. "Pour rivaliser, il faut faire les bons choix, les bonnes sélections afin d'avoir le plus de profondeur possible dans notre équipe, analyse son entraîneur. Mais surtout, il ne faut pas faire de folies la 1re année. Il s'agit de donner leur chance aux joueurs qui la méritent, tout en trouvant les renforts nécessaires pour donner une bonne base à l'équipe afin de continuer à travailler dans la même dynamique."

Interview de David Berger, adaptation ace

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