En raison de la différence de buts largement favorable au Portugal et d'un très probable succès en Andorre des Lusitaniens, l'équipe de Suisse doit a minima prendre un point samedi soir à Bâle contre la Hongrie et un autre mardi à Lisbonne face au Portugal pour conserver la tête du groupe B.


 

Cette Suisse-là, confiante, solide, appliquée et parfois enthousiasmante, peut légitimement lorgner une qualification directe pour la Russie.  Elle aborde en tous les cas ce double rendez-vous décisif en position de force et conserve son destin en mains. Ainsi que le sélectionneur et les joueurs en ont conscience, ce serait toutefois une erreur que de se projeter déjà vers la "finalissima" lisboète.

Bien que privée de trois de ses cadres, la Hongrie débarque en Suisse avec l'ambition de bien terminer sa campagne. Si elle n'a plus rien à espérer, elle ne déroulera assurément pas le tapis rouge à "Petko" et sa bande. Il y a même fort à parier qu'elle misera, comme face au Portugal il y a un mois, sur une bataille physique et qu'elle mettra une grosse intensité, parfois à la limite, dans les duels.


 

A ce titre, l'absence du guerrier Valon Behrami, blessé, peut peser. Mais tant Remo Freuler, Fabian Frei que Denis Zakaria ont les moyens de combler ce vide. Le Genevois du Borussia Mönchengladbach part d'ailleurs avec les faveurs de la cote pour remplacer la sentinelle de l'Udinese.

Et ce d'autant plus que Petkovic pourrait être tenté de préserver Blerim Dzemaili, qui serait suspendu mardi en cas d'avertissement (comme Admir Mehmedi et Ricardo Rodriguez). Il pourrait donc y avoir non pas une, mais deux places à prendre au milieu. Ainsi, même sans certains de ses cadres, la Suisse demeure favorite face à des Magyars qui n'ont plus leur rayonnement de l'Euro 2016 en France.


 

De plus, certains joueurs, comme Johan Djourou ou Fabian Schär, ont retrouvé du temps de jeu et de la confiance (à Antalyaspor et au Deportivo La Corogne). De bon augure pour une charnière centrale souvent pointée du doigt.

Les anciens du FC Bâle, Xherdan Shaqiri et Granit Xhaka, auront eux à coeur d'assurer la victoire devant leur public rhénan. Relégué sur le banc du Benfica, Haris Seferovic tâchera lui de prouver qu'il n'a pas perdu son insolente réussite du début de saison. Enfin, la Suisse récupère son bijou Breel Embolo, longtemps blessé. L'attaquant de Schalke pourrait jouer un rôle de joker décisif dans un Parc St-Jacques qu'il a si souvent enflammé.

 

Ludovic Perruchoud - @LPerruchoud