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UEFA Euro 2016: la Suisse devant une page d'histoire à écrire

Comme après le nul face à la France, les Suisses ont les moyens de s'offrir un nouveau moment d'heureuse communion avec le public samedi. [Jean-Christophe Bott - Keystone]
Comme après le nul face à la France, les Suisses ont les moyens de s'offrir un nouveau moment d'heureuse communion avec le public samedi. [Jean-Christophe Bott - Keystone]
Il faut remonter loin, très loin pour trouver trace d'un quart de finale auquel l'équipe de Suisse a pris part dans un tournoi majeur: lors de la Coupe du monde 1954 organisée à domicile, la formation emmenée par Robert Ballaman, Josef Hügi ou encore Jacques Fatton s'était inclinée alors 7-5 devant l'Autriche dans un match incroyable.

Autre temps, autres moeurs. A l'époque, le Mondial comprenait seize équipes et les nations qualifiées disputaient directement des quarts de finale (la Suisse avait dû passer par un match d'appui contre l'Italie en raison d'une égalité). Le chemin est plus long aujourd'hui en Coupe du monde, il l'est également dans cette édition de l'Euro qui comprend vingt-quatre équipes, dont seize se retrouvent en huitièmes de finale.

Nourrir de réelles ambitions

En d'autres termes, si la sélection de Vladimir Petkovic battait la Pologne samedi à Saint-Etienne, elle entrerait dans l'histoire du football suisse comme la première à avoir franchi un tour à élimination directe après s'être extraite d'une phase de poules (lors des Coupes du monde 1934 et 1938, les équipes entraient directement dans un tableau à élimination directe, la Suisse avait échoué les deux fois en quart après avoir gagné son huitième).

Elle peut donc véritablement écrire l'histoire - expression si chère aux joueurs - et nourrir de réelles ambitions face à un adversaire certes coriace, mais qu'elle a les moyens de dominer dans le Chaudron stéphanois. Il est de multiples raisons de se montrer optimiste pour ce rendez-vous crucial.

Un bon effectif

La première d'entre elles réside dans la qualité intrinsèque de l'effectif helvétique. Avec Yann Sommer, elle possède l'un des plus brillants gardiens d'Europe, voire du monde. Fabian Schär est l'un des meilleurs défenseurs du tournoi, Johan Djourou, Stephan Lichtsteiner et Ricardo Rodriguez montent en puissance, si bien que la Suisse n'a encaissé qu'un but, sur penalty qui plus est.

Le milieu repose sur l'infatigable travailleur Valon Behrami et la star en devenir Granit Xhaka. Blerim Dzemaili, Admir Mehmedi et surtout Xherdan Shaqiri, quand bien même il a été en retrait, sont capables de provoquer la décision dans une rencontre. Sa faiblesse majeure réside à la pointe de l'attaque. Mais Haris Seferovic a prouvé qu'il savait marquer.

Elle peut aussi compter sur un banc bien plus fourni qu'il n'a pu l'être par le passé. Bien sûr, le potentiel d'une équipe sur le papier n'a pas le poids d'une qualification à lui seul. Les difficultés rencontrées par un "XS" en phase de groupes en témoignent. Toutefois, cette donnée offre des raisons d'y croire.

Mais elle en offre moins que cette agréable impression de sérénité que dégagent les joueurs qui se sont succédé cette semaine devant les médias au stade de la Mosson. De la sérénité, mais aussi une ambition, qui si elle n'est pas nouvelle, a pris de l'ampleur au fil des rencontres disputées, de l'expérience engrangée par une équipe qui arrive à maturité.

Une volonté de jouer

Il est évidemment difficile de s'immiscer dans l'intimité de la vie du groupe. Au risque de pécher par un trop plein d'optimisme, il semble que l'ambiance soit saine, que tous, titulaires ou non, tirent à la même corde.

La Suisse peut également se reposer sur une volonté de jouer que lui a apportée Petkovic. Elle sait garder le ballon, le faire tourner intelligemment et placer d'intéressantes percées. A ces phases, il ne manque que la précision des avant-derniers et derniers gestes. Les Helvètes savent aussi se montrer décisifs sur les balles arrêtées. Elles sont même à l'origine de la majorité des buts depuis le début des qualifications pour ces joutes françaises.

Vers de nouveaux sommets

On a en tous les cas envie d'y croire. Envie de penser que cette génération portée par les Sommer, Shaqiri, Fabian Frei et Mehmedi, vice-champions d'Europe M21 en 2011, par Seferovic et Rodriguez, champions du monde M17 en 2009, puisse franchir ce cap. Envie de souhaiter que Xhaka, honoré tant en 2009 et 2011, connaisse le même succès avec la première équipe helvétique avant de rejoindre Londres et ses nouveaux coéquipiers à Arsenal.

Envie d'espérer que le temps des défaites honorables soit révolu, que cette équipe soit en mesure d'enflammer le Chaudron, de faire renaître l'euphorie du Mondial 2014 et de la porter jusqu'à de nouveaux sommets.

Montpellier, Ludovic Perruchoud - Twitter @LPerruchoud

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Schär, Sommer et Xhaka distingués

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UEFA Euro 2016, 1/8

Saint-Etienne, SA 15h00: Suisse - Pologne
Paris, SA 18h00: Pays de Galles - Irlande du Nord
Lens, SA 21h00: Croatie - Portugal
Lyon, DI 15h00: France - Eire
Lille, DI 18h00: Allemagne - Slovaquie
Toulouse, DI 21h00: Hongrie - Belgique
Saint-Denis, LU 18h00: Italie - Espagne
Nice, LU 21h00: Angleterre - Islande